Comptes économie numérique et intelligence artificielle
Avec l’économie numérique, il y a la possibilité supplémentaire d’avoir des relations, d’entrer en contact avec quelqu’un, de communiquer autrement, d’avoir des informations sur tout à tout moment… . Le progrès des sciences ne vient-il pas des informations échangées ? Si le numérique permet de faciliter ces échanges, alors c’est bien une révolution technologique. C’est aussi une révolution des « comportements ». De plus en plus de personnes, y compris les enfants, ont un smartphone. Le numérique va-t-il faire disparaître la lecture de livres ? Est-ce une (quatrième) révolution industrielle, sachant qu’il s’appuie à la fois sur des biens (matériels informatiques) et sur des services (télécommunications, logiciels,…) ?
Les mesures prises pour endiguer la pandémie de COVID-19 ont modifié en profondeur la relation aux technologies numériques des pays. Jamais auparavant la dépendance mondiale à l’égard des technologies numériques n’avait à ce point concerné tous les aspects de la société – de l’éducation jusqu’à la santé. Le télétravail, l’apprentissage à distance et le commerce électronique ont explosé dans l’ensemble des pays, tout comme l’adoption des outils numériques au sein des entreprises. Pouvoirs publics, entreprises et milieux universitaires ont été prompts à mettre à profit le potentiel de l’intelligence artificielle (IA) pour lutter contre la crise et répondre aux besoins d’accès rapide, sûr et fiable aux données, à l’échelle nationale et par-delà les frontières. Le partage des données de la recherche et la collaboration au plan international ont atteint des niveaux sans précédent.
L’IA désigne les systèmes qui utilisent des technologies telles que l’exploration de texte, la vision par ordinateur, la reconnaissance vocale, la génération de langage naturel, l’apprentissage automatique, l’apprentissage profond pour collecter et/ou utiliser des données afin de prédire, recommander ou décider, avec différents niveaux d’autonomie, la meilleure action à entreprendre pour atteindre des objectifs spécifiques. Les systèmes d’IA peuvent être purement logiciels ou intégrés dans des appareils.
L’adoption de l’Internet, par les individus comme les entreprises, continue de gagner du terrain, bien que des écarts subsistent en termes de capacités et d’utilisation efficace. En 2019, dans les pays de l’OCDE, 70 % à 95 % des adultes utilisaient l’Internet ; pour ce faire, le smartphone est devenu l’appareil de prédilection. En revanche, les différences d’utilisation selon les classes d’âge ou le niveau d’instruction subsistent. Par exemple, seuls 58 % des personnes âgées de 55 à 74 ans utilisaient l’Internet fréquemment en 2019 – contre 30 % en 2010 –, soit un taux très inférieur à celui des 16-24 ans, qui étaient près de 95 % à accéder quotidiennement à l’Internet. En 2018, seuls 40 % des adultes des pays de l’OCDE présentant un niveau d’instruction faible ou n’ayant pas bénéficié d’un enseignement structuré utilisaient l’Internet pour interagir avec les administrations publiques, contre 80 % de ceux qui ont suivi des études supérieures. Des écarts demeurent également entre les petites et les grandes entreprises. Par exemple, en 2019, le commerce électronique représentait 24 % du chiffre d’affaires des grandes entreprises, mais seulement 10 % de celui des structures de petite taille.
With digital technology, there is the additional possibility of having relationships, of getting in touch with someone, of communicating in a different way, of having information on everything at all times… . Doesn’t the progress of science come from the information exchanged? If digital technology makes it possible to facilitate these exchanges, then it is indeed a technological revolution. It is also a revolution in « behaviour ». More and more people, including children, have a smartphone. Will digital technology make book reading disappear? Is it a (fourth) industrial revolution, given that it is based on both goods (computer hardware) and services (telecommunications, software, etc.)?
Measures to contain the COVID-19 pandemic have profoundly affected countries’ relationship with digital technologies. Perhaps never before has our global dependency on digital technology touched all aspects of society – from education to health. Teleworking, distance learning and e-commerce have surged across the countries, as has uptake of digital tools in businesses. Governments, businesses and academia have been quick to grasp the potential of artificial intelligence (AI) to contribute to the crisis response, as well as the need for timely, secure and reliable access to data within nations and across borders. Global sharing and collaboration in research data have reached unprecedented levels.
AI refers to systems that use technologies such as text mining, computer vision, speech recognition, natural language generation, machine learning and deep learning to collect and/or use data to predict, recommend or decide, with varying degrees of autonomy, the best action to take to achieve specific goals. AI systems can be purely software or integrated into devices.
Internet uptake among both individuals and businesses continues to grow although divides remain in capabilities and effective use. In 2019, 70% to 95% of adults used the Internet in OECD countries and smartphones became the favoured device for Internet access. Differences in use by age group or education level, however, persist. For example, only 58% of individuals aged 55-74 used the Internet frequently in 2019 – up from 30% in 2010, but still well below the nearly 95% share of daily Internet users aged 16-24. In 2018, only 40% of adults in OECD countries with low or no formal education used the Internet to interact with public authorities compared to 80% of those with tertiary education. Gaps also persist between large and small firms. For instance, e-commerce accounted for 24% of economic turnover in large firms in 2019, but only 10% in small firms.
« Mais maintenant, le monde est numérisé et interconnecté», Russell Banks, Lointain souvenir de la peau.
« Les nouvelles technologies offrent de nouvelles voies pour l’expression de cette démocratie.Toutefois, deux menaces guettent : d’une part, l’inégalité des citoyens face au numérique, ce que l’on appelle la fracture numérique; et, d’autre part, le risque lié à l’utilisation de données publiques, ce que l’on appelle l’open data. » Davide Lacombled,
Sommaire
I – DE LA DÉFINITION DÉLICATE DU DOMAINE AUX TES NUMÉRIQUES DE L’OCDE
II – L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE
III – LES COMPTES DE L’ÉCONOMIE NUMÉRIQUE AU NIVEAU MONDIAL
IV – LE SECTEUR DES TIC DANS L’UE
V – COMPARAISONS INTERNATIONALES DE L’USAGE DU NUMÉRIQUE
VI – LE PARTAGE VOLUME-PRIX ET LES ÉVOLUTIONS DES PRIX
VII – LA MESURE DES SERVICES GRATUITS DE L’ÉCONOMIE NUMÉRIQUE
VIII – LE PIB EN VOLUME EST-IL MAL ESTIMÉ DU FAIT DU NUMÉRIQUE ?
IX – ÉCONOMIE NUMÉRIQUE ET PRODUCTIVITÉ DU TRAVAIL
X – ÉCONOMIE NUMÉRIQUE ET ENVIRONNEMENT
Introduction
+ Dans cette page, on cherche à présenter les comptes de l’économie numérique dans les différents pays notamment à partir des travaux méthodologiques de l’OCDE. On s’intéresse aussi aux différentes questions que l’émergence du numérique a posées : partage volume-prix, intégration des services gratuits à la comptabilité nationale, croissance du PIB sous-évaluée ?, etc… .
° C’est à partir du milieu des années 1990 que la Silicon Valley devient le point de référence obligé de la nouvelle économie. L’extraordinaire rapidité de la croissance des chiffres d’affaires des entreprises contribuant aux technologie de l’information et la communication (TIC) constitue un premier indice indiquant l’avènement d’une nouvelle époque en matière d’organisation industrielle et pour certains du nouveau stade du capitalisme.
° Il y aurait deux révolutions numériques concomitantes. L’une concerne la production des entreprises (à la fois du numérique et celles qui utilisent le numérique); l’autre la consommation des ménages. La diffusion des ordinateurs de bureau et d’Internet dans les années 1990, des ordinateurs portables et de l’Internet mobile dans les années 2000 et des Smartphones dans les années 2010 ont profondément renouvelé les manières de produire, de consommer et de vendre, mais aussi les façons d’apprendre, de communiquer et de se divertir. Dans un ouvrage, l’Insee éclaire ces transformations de l’économie et de la société par le numérique à partir des données de la statistique publique [1] (les nombres entre crochet renvoient à la bibliographie en bas de page).. L’Économie numérique y est appréhendée à travers les nouvelles pratiques liées au développement des technologies, contenus et supports de l’information.
° Il s’agit de faire une synthèse sur les travaux français et étrangers en abordant différents sujets : définition du domaine, évolutions principales en France, puis dans les autres pays de l UE, données de la comptabilité nationale (valeur ajoutée, consommation des ménages, FBCF, échanges extérieurs, partage volume-prix); bref des aspects étudiés dans les autres pages .
° Comme pour les autres comptes de ce blog, la présentation commence par les comptes et notamment le compte satellite du numérique, complétée ensuite par des données d’entreprises suivies des données non monétaires sur l’usage du numérique, puis les indices de prix et les questions que pose le numérique sur le calcul du PIB en volume, et enfin l’étude de l’intelligence artificielle.
° Il s’agit aussi de répondre à certaines questions. Elles concernent principalement la mesure de la croissance du PIB et de l’hypothèse qu’elle serait-sous évaluée. De même comment se fait-il que la productivité du travail de l’économie n’augmente guère depuis 2007 voire régresse (après une dizaine d’années de croissance non négligeable entre 1995 et 2005) alors qu’on avait tant vanté les bienfaits de la révolution numérique ? Du côté de l’offre, on conclut au vue des comparaisons internationales que la croissance du de la production en volume (et des gains de productivité) des activités numériques n’est pas minorée en France, dès lors que les prix des biens et services de l’économie numérique ne progressent pas plus vite en France depuis 2000 que dans les autres pays (logiciels) ou ne baissent pas moins que dans les autres pays (matériel informatique, télécommunications,..). Sous réserve que cette croissance et ces gains ne sont pas minorés dans tous les pats du Monde : si il y a une croissance minorée du PIB, ce souci est mondial et en aucune manière spécifique à la France qu’on s’intéresse aux séries depuis 2000, ou à celles depuis 2010, sachant que certains prix comme ceux des logiciels ont été enquêtés dans les années 2000-2010.
° La question reste en revanche posée de savoir si les gains de productivité ne sont pas minorés dans les entreprises qui utilisent le numérique ou bien si des services quasi-gratuits qui apparaissent avec le numérique (Wiképédia, Airbnb, covoiturage, etc…) sont oui on non comptabilisés dans le PIB ? On n’a pas de réponse. On se contente de présenter le débat. Cette question n’est pas nouvelle : Robert Solow se l’était déjà posé en 1987 dans son fameux paradoxe «vous pouvez voir l’ère informatique partout, sauf dans les statistiques de la productivité». Et de rappeler aussi que la comptabilité nationale, et notamment le PIB, mesure d’abord ce qui est vendu sur le marché, ce que certains critiquent d’ailleurs depuis longtemps, voulant par exemple y introduire la production domestique des ménages non rémunéré et pourquoi pas ces services numériques quasi-gratuits.
° Au delà, trois grands mythes se sont effondrés ; un traitement en temps réel de l’information n’évite pas des erreurs manifestes de prévision et de gestion, les récessions économiques n’ont pas disparu de l’horizon économique et la montée du prix de l’immobilier entre 2000 et 2020et de l’énergie en 2021-2022 a rappelé que l’économie n’était pas devenue totalement immatérielle. Il n’y aurait donc pas opposition entre « ancienne » et « nouvelle » économie. Est-ce vraiment surprenant lorsqu’on note que les TIC sont des techniques génériques,. mais pas nécessairement radicales? Elle succèdent en fait à une série d’innovations affectant depuis le début du XIXème siècle la capacité de traitement et de transmission nécessaire à la gestion des entreprises de l’information. Les administrations devaient être aussi les grandes utilisatrices des TIC mais parfois avec plus ou moins de réussite.
1 – Les entreprises et l’économie numérique
a) Les entreprises productrices du numérique
° Elles sont quasiment américaines et chinoises. Mais où sont les entreprises européennes? Utilisé dans les années 2000, l’acronyme GAFAM vient des initiales des entreprises Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft. Depuis les 20 dernières années, ces entreprises se sont imposées comme des acteurs économiques et politiques majeurs regroupant les plus grandes capitalisations boursières mondiales (voir graphe). Apparu en 2015, l’acronyme NATU désigne les des entreprises encore américaines emblématiques de la disruption numérique plus récentes : Netflix et son service de streaming, Airbnb champion du séjour chez l’habitant, Tesla et sa voiture électrique, Uber avec son application de mise en relation d’utilisateurs et de conducteurs.
° De l’autre côté de la planète, la Chine, animée par l’objectif d’une indépendance renforcée, a vu naître l’équivalent des GAFAM pour porter le déploiement de sa stratégie numérique. Sous l’acronyme BATX nous retrouvons le moteur de recherche Baidu, le site de e-commerce Alibaba, le site de services (messageries, réseau social…) Tencent et l’entreprise technologique Xiaomi. Malgré leur concentration sur le marché Chinois, toutes ces entreprises ont commencé leur expansion en Europe.
° Est-ce que les BATX peuvent inquiéter les GAFAM ? Il semblerait que les BATX aient la capacité de challenger la dominance des GAFAM sur le marché mondial à l’image de Xiaomi sur le marché des smartphones. Toutefois, contrairement aux géants Américains, les licornes chinoises sont extrêmement sensibles à l’humeur de leur gouvernement et à l’interventionnisme de Pékin.
b) Les entreprises utilisatrices du numérique
° Intelligence artificielle, impression 3D, réalité virtuelle… ces innovations technologiques, intégrées aux processus de production des entreprises, bouleversent les chaînes de valeur, si bien que certains parlent déjà de quatrième révolution industrielle. Celle-ci fait référence au processus permettant d’accroître la compétitivité des entreprises en intégrant des appareils connectés au sein de l’industrie et des services. En s’appuyant sur l’Internet des Objets, les entreprises ont l’opportunité de produire davantage tout en réduisant le risque d’erreur.
° Cette révolution caractériserait par une croissance exponentielle, portée par l’émergence de technologies novatrices telles que la robotique ou encore le stockage de l’énergie ou la capacité à traiter des volumes massifs de données.
° Pour certains, la quatrième révolution industrielle marque la fusion entre la frontière physique et numérique [1]. Plus précisément, c’est l’interaction entre les différentes technologies (intelligence artificielle, blockchain, machines) qui se trouve au cœur même de cette révolution industrielle. L’usine du futur serait l’un des emblèmes phares de la quatrième révolution industrielle. Si l’industrie du XXe siècle se caractérise par une production automatisée, l’usine du futur va marquer la fusion entre les objets connectés et les usines. Les éléments de production, les produits, les machines pourront ainsi communiquer entre eux et échanger des informations. L’objectif serait d’augmenter leur productivité, disposer d’une traçabilité fixée qui permet de suivre le processus de fabrication du produit et optimiser l’efficacité énergétique des usines. L’utilisation des nouvelles technologies permet de travailler sur la conception et le process de fabrication, ce qui facilite la prise de décisions en temps réel et l’anticipation des stocks.
° Les entreprises seraient appelées à recourir à la réalité virtuelle, qui constitue un excellent outil pour simuler les processus et permettre aux industriels d’anticiper de nombreux éléments stratégiques, de la conception des pièces à la conception des postes de travail. À titre d’exemple, une usine a conçu une salle de réalité virtuelle pour simuler de nouvelles lignes d’assemblage, de la conception des nacelles à la maintenance. L’occasion pour les ingénieurs de visualiser la taille réelle des pièces et de tester l’ergonomie. La révolution industrielle vise donc à transformer en profondeur les modes de production.
° Les entreprises ont donc un large spectre d’applications : elles peuvent rechercher un produit unique – c’est à dire sans concurrent sur le marché -, rechercher la maîtrise de techniques spécifiques, former les compétences particulières du personnel, ou encore rechercher la qualité du service et l’adéquation de la stratégie d’innovation à la position sur le marché. Cela ouvre autant de possibilités quand à l’usage des TIC.
° La quatrième révolution industrielle devrait transformer la plupart des secteurs d’activité et le monde du travail, nécessitant l’acquisition de nouvelles compétences et qualifications. Les emplois les moins qualifiés risquent de disparaître, à l’inverse des détenteurs du capital technologique et financier qui seront favorisés. Elle va toutefois favoriser les tâches à forte valeur ajoutée et une réorganisation complète du monde du travail. Elle devrait également créer de nouveaux emplois et consolider certains métiers à l’instar des développeurs spécialistes d’intelligence artificielles.
° Les TIC concernent surtout le secteur tertiaire. Or la plupart des études se concentrent sur le secteur manufacturier pour lequel l’informatisation a été entreprise de longue date ; les robots ont commencé à être utilisés par l’industrie dès les années 1960-1970.À l’époque, l’efficacité des équipements dans l’industrie manufacturière avait été optimisée grâce à l’informatique de production. Mais en 2010 aux États-Unis par exemple, presque 75% des équipements en TIC sont utilisés par le tertiaire. En France, ce pourcentage est de 78%. En effet, les TIC sont des technologies essentielles, voire cruciales, pour les services liés à la finance, aux voyages, aux études de marché, sans compter bien sûr les activités de recherches dans la plupart des disciplines.
° Parmi les activités de technologies, contenus et supports de l’information (TCSI), l’emploi et la valeur ajoutée sont particulièrement dynamiques dans les services de programmation, conseil et autres activités informatiques.
2 – Les ménages et l’économie numérique
° L’économie et la société françaises se transforment sous l’effet du développement du numérique. En 2017, 84 % des ménages ont accès à Internet à leur domicile, soit deux fois plus qu’en 2006. Depuis une dizaine d’années, les équipements et les usages sont devenus plus mobiles. Huit personnes sur dix de 15 ans ou plus ont utilisé Internet au cours des trois derniers mois en 2018, le plus souvent pour envoyer des courriels et rechercher des informations.Toutefois, cette mutation est elle nouvelle?
° Déjà en 2006, une étude de l’Insee annonçait que « la part des produits des technologies de l’information et de la communication (TIC) dans le budget des ménages est passée de 1,3 % à 4,2 % entre 1960 et 2005 [3]. Cette hausse quasiment ininterrompue n’a pas d’équivalent parmi les autres postes de taille significative. La demande est très dynamique : elle a augmenté de 12,6 % par an en volume sur 45 ans. Cette forte croissance est aussi favorisée par 20 ans de baisse continue des prix, principalement ceux des microordinateurs, et la mise à disposition de produits toujours plus performants. Les Français consomment globalement comme la moyenne européenne en matière de TIC, mais restent sensiblement moins équipés en téléphones mobiles et accès à l’internet. Les utilisateurs d’internet sont passés de 150 000 en 1995 à 26 millions en 2005 en France. Le nombre d’abonnés a quadruplé entre début 2000 (3,1 millions) et fin 2005 (13,1 millions). Avec un accès à haut débit qui passe de 50 000 à 9,5 millions d’abonnés sur cette période, la France rejoint le peloton de tête européen ».
° Cependant, une personne sur cinq n’a aucune capacité numérique en 2017. Les plateformes numériques et le commerce électronique se développent rapidement, mais restent minoritaires dans les secteurs concernés. En 2017, les ventes dématérialisées représentent 30 % du chiffre d’affaires des sociétés de 250 salariés ou plus ; cette part a doublé en dix ans.
° Ainsi, la numérisation de l’économie et de la société pose un certain nombre de questions. Des disparités apparaissent selon le profil des individus, mais aussi selon les territoires ou la taille des entreprises. Ainsi, l’accès à Internet, son usage et les capacités numériques varient fortement selon la génération, et dans une moindre mesure en fonction du diplôme ou du niveau de vie. Les outils informatiques ont des effets ambivalents sur l’emploi et les conditions de travail (disparition de certains emplois qui sont automatisés, apparition de nouveaux métiers, télétravail, etc.). Les infrastructures, les équipements et les usages, notamment l’essor du Smartphone et l’augmentation du trafic de données mobiles, ont des impacts environnementaux difficiles à quantifier, mais réels et croissants. Le numérique génère également une masse considérable de données, qui intéressent notamment les entreprises à des fins publicitaires, posant la question de la protection des données. Par ailleurs, les cyberattaques risquent d’être de plus en plus fréquentes, les experts de cybersécurité seront également très demandés.
3/ L’évolution d’Internet et des TIC
° Dans les deux premières décennies du XXIe siècle, l’usage d’internet s’est accru dans le monde de manière exponentielle, ce que l’on peut observer avec les chiffres suivants qui restent des évaluations :
- le nombre de sites web est passé de 3 millions en 1999 à plus de 1,9 milliard en 2021 ;
- le nombre d’internautes est passé de 98 millions en 1999 à plus de 5 milliards en 2020;
- plus de 55 milliards de terminaux sont connectés à internet en 2021 contre seulement 50 millions en l’an 2000– ce compris les ordinateurs, les smartphones, les oblets connectés, les serveurs, etc) ;
- la quantité de données accessibles par internet est passée de 800 teraoctets en l’an 2000 à plus de 8 000 milliards de teraoctets en 2021, soit une multiplication par 10 milliards en deux décennies
- plus de 6 500 milliards de teracoctets de données ont été produites en 2020 dont 1 300 milliards persistant en 2021 (les autres données étant éphémères telles que celles des réseaux sociaux) ;
- plus de 20 millions de milliards de teracoctets de données transitent par internet en 2021[24] ;
- le chiffre d’affaires du e-commerce est passé de 285 milliards de dollars en l’an 2000 à plus de 5 200 milliards de dollars en 2021.
° Internet est largement dominé par des géants du numérique regroupés sous l’acronyme de GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft), terme devenu générique pour désigner ce type d’entreprises géantes.
° Au delà on peut dire que le monde évolue dans vers une économie dans laquelle la source essentielle de valeur est la séquence du gène, le code d’une ligne de programme d’un ordinateur, ou un logo. Dans un tel monde, les biens acquièrent leur valeur non en fonction de leur masse ou toute autre propriété physique mais d’idées sasn poids. Dans ce type d’économie, ce que chacun connaît importe plus que ce qu’il peut soulever. Est-on désormais entré dans une économie de la connaissance ? (voir page Secteur tertiaire)
° Apparaissent alors les différences entre économie de l’information et économie de la connaissance. La dynamique de la première est alimentée par des innovations technologiques tendant à faire baisser les coûts de traitement et de transmission de l’information, à travers des équipements ou des logiciels. Par contraste, la seconde a pour ressort l’analyse et la compréhension de phénomènes naturels, physiques, chimiques, biologiques voire sociaux et économiques : il s’agirait d’innovations scientifiques et plus généralement conceptuelles.
4 – La révolution de l’intelligence artificielle (IA)
° L’IA est définie par l’un de ses créateurs, Marvin Lee Minsky, comme « la construction de programmes informatiques qui s’adonnent à des tâches qui sont, pour l’instant, accomplies de façon plus satisfaisante par des êtres humains car elles demandent des processus mentaux de haut niveau tels que : l’apprentissage perceptuel, l’organisation de la mémoire et le raisonnement critique. On y trouve donc le côté « artificiel » atteint par l’usage des ordinateurs ou de processus électroniques élaborés et le côté « intelligence » associé à son but d’imiter le comportement. Cette imitation peut se faire dans le raisonnement, par exemple dans les jeux ou la pratique des mathématiques, dans la compréhension des langues naturelles, dans la perception : visuelle (interprétation des images et des scènes), auditive (compréhension du langage parlé) ou par d’autres capteurs, dans la commande d’un robot dans un milieu inconnu ou hostile.
° Il y a une confusion fréquente dans le débat public entre intelligence artificielle, apprentissage automatique (machine learning) et apprentissage profond (deep learning). Pourtant, ces notions ne sont pas équivalentes, mais imbriquées. L’intelligence artificielle englobe l’apprentissage automatique, qui lui-même englobe l’apprentissage profond.
° Pour l’OCDE, un système d’IA est « un système basé sur une machine qui, pour des objectifs explicites ou implicites, déduit, à partir des informations qu’il reçoit, comment générer des résultats tels que des prédictions, du contenu, des recommandations ou des décisions, qui peuvent influencer les environnements physiques ou virtuels. Les différents systèmes d’IA varient dans leurs niveaux d’autonomie et d’adaptabilité après leur déploiement.
° Et l’OCDE d’ajouter que l’IA transforme tous les aspects de nos vies. Elle influe sur nos modes de travail et nos actions, et promet d’aider à affronter les défis mondiaux tels que le changement climatique et l’accès à des soins médicaux de qualité. Pour autant, l’IA ne va pas sans poser des difficultés de taille aux pouvoirs publics comme aux citoyens.
° Intéressons nous ici encore à l’offre. Comment est répartie l’offre mondiale de l’IA ? On a vu que 100% du marché du numérique est quasiment détenu par les GAFAM américaines et les BATX chinoises. Dans l’IA, c’est un peu moins : 90% des licornes sont américaines et chinoises (start-up avec une valorisation de 1 milliard de dollars ou plus) . La liste ci-dessous répertorie les 20 premières start-up. En 2022 dans le monde, 261 startups sont devenues des licornes. Dans les 10 premières entreprises on trouve 6 chinoises, 3 américaines, une indienne. Ce sont à peu près les mêmes proportions dans les 20 premières avec l’ajout d’une israélienne. Ici non plus, il n’y a aucune entreprise européenne. Quelques entreprises françaises sont toutefois dans les 50 premières.
Liste des 20 premières start-up licornes mondiales en terme de valorisation
° La demande liée à l’IA (en particulier les conséquences sur la productivité des entreprises clientes et l’emploi) est étudiée dans la page Secteur tertiaire. Pour l’OCDE, » si l’adoption de l’IA dans les entreprises reste encore relativement faible, les progrès technologiques rapides, y compris de l’IA générative (comme ChatGPT), la baisse des coûts et le nombre croissant de travailleurs dotés de compétences en matière d’IA donnent à penser que les pays de l’OCDE pourraient être à l’aube d’une révolution de l’IA. Si l’on tient compte de l’ensemble des technologies d’automatisation, IA comprise, 27 % des emplois correspondent à des professions fortement exposées au risque d’automatisation. Les premières conclusions d’une nouvelle enquête de l’OCDE consacrée aux retombées de l’IA sur l’industrie manufacturière et le secteur financier mettent en lumière à la fois les opportunités et les
risques associés à l’IA ». 17 % des employeurs dans le secteur financier optent pour une diminution des effectifs ou des suppressions de postes. Mais 63% des travailleurs qui utilisent l’IA dans ces 2 secteurs se disent plus épanouis sur le plan professionnel.

Source : OCDE (2023), The impact of AI on the workplace: Main findings from the OECD AI surveys of employers and workers.
° S’agissant des gains de productivité, les avis sont partagés. Comme pour le numérique durant la période 1995-2005 aux États-Unis juste après l’adoption du numérique par les entreprises, des gains de productivité peuvent apparaître au début. Puis les gains de productivité ont été plus faibles après 2005, confirmant le fameux paradoxe de Solow : des inventions technologiques majeures, comme l’électricité ou Internet, peuvent ne pas provoquer d’augmentation de la productivité dans un pays. L’intelligence artificielle aura-t-elle un impact sur la productivité des employés et donc, sur la croissance économique ? Malgré l’adoption généralisée de l’IA, des enquêtes récentes montrent que les cadres supérieurs estiment que l’IA n’a pas encore permis d’atteindre des niveaux de productivité plus élevés. La vitesse d’utilisation de la technologie est pourtant sans précédent.
° Parmi les employés de bureau, 30 % affirment que l’IA générative n’a pas modifié leur productivité, et 6 % qu’elle l’a même détériorée, d’après une enquête mondiale menée auprès de 25 000 professionnels et publiée par Oliver Wyman Forum. Selon les employés interrogés, la détérioration de leur productivité s’explique par le fait qu’ils ne maîtrisent pas l’IA, que les directives de leur employeur allongent le temps nécessaire à l’utilisation de l’IA pour les tâches ou que l’IA ne produit pas de résultats satisfaisants, ce qui ajoute du travail à réviser et à éditer. Au total, 57 % des employés interrogés ont déclaré que leur employeur ne leur avait pas donné une formation adéquate en matière d’IA. L’étude prévoit que les gains de productivité de l’IA générative n’interviendront pas avant six à dix ans. Bref il n’y a que des avis contradictoires avant cette révolution.
I – DE LA DÉFINITION DÉLICATE DU DOMAINE AUX TES NUMÉRIQUES DE l’OCDE
En 2007, l’OCDE a défini les secteurs des technologies de l’information et de la communication (TIC) et des contenus et supports de plus en plus produits et diffusés de manière numérique. Ces définitions font encore aujourd’hui référence, même si elles ne permettent pas d’identifier les secteurs qui ont été profondément transformés par le numérique, notamment les entreprises qui ont créé de nouveaux biens et services nativement numériques. La numérisation de l’économie fait apparaître de nouveaux produits, de nouveaux modèles économiques, de nouveaux acteurs et modifie les chaînes de valeur.
Avec une définition extensive prenant en compte le degré de numérisation des secteurs par l’intensité de leur recours aux TIC, 80 % de l’économie française serait concernée par la numérisation. Dans ce contexte, l’OCDE coordonne la mise en place d’un compte satellite de l’économie digitale et propose de définir une méthode pour construire des TES du numérique. Mais on se rend compte que le domaine du numérique, c’est aussi celui des métiers du numérique.

1/ Une première approches par secteurs d’activité des TIC
Une question souvent soulevée lorsqu’il s’agit de mesurer la numérisation de l’économie est la suivante : comment définir concrètement l’économie numérique? La première approche considère que l‘économie numérique se limite à un ensemble d’activités économiques qui produisent des biens TIC et des services numériques spécifiques, qui facilitent la numérisation de l’économie (OCDE en 2007, Insee).
Ainsi le champ de l’économie du numérique des technologies, contenus et supports de l’information (TCSI) est déterminé à partir d’une définition élaborée par l’OCDE en 2007. Il regroupe 53 secteurs d’activités extraits de la nomenclature d’activités françaises (NAF rev. 2, 2008). Cette définition fait donc référence aux secteurs d’activité du numérique. La fabrication, la vente et les services des technologies de l’information et de la communication (TIC) se trouvent au cœur de cette économie, auxquels s’ajoutent la production liée à des technologies numériques, des câbles de fibre optique ou des équipements d’aide à la navigation par exemple, ainsi que la création et la diffusion de contenus, comme l’édition ou la presse, et la communication (tableau suivant). Les TIC forment la composante principale des TCSI en terme de valeur ajoutée et d’emplois.
Champ de l’économie numérique des technologies, contenus et supports de l’information (TCSI) : liste des codes NAF et leurs agrégations en domaines (14 postes) et segments (6 postes)

Dans une seconde vision, l’économie numérique comprend également l’activité économique subséquente rendue possible par la numérisation de l’économie. Le numérique comprendrait également l’activité économique ultérieure rendue possible par ces biens TIC et ces services numériques. Pour l’ASCEL (Association de l’économie numérique), la notion d’économie numérique est transversale. Elle « n’est pas l’apanage de quelques secteurs qui produisent ou qui sont basés sur les T.I.C., mais aussi les secteurs qui les utilisent».
Lea premier type de définition suit une approche ascendante, caractérisant la production ou les processus de production des branches et des entreprises pour décider si elles doivent être incluses dans l’économie numérique.
Le deuxième type de définition, en revanche, suit une approche descendante ou fondée sur les tendances, en identifiant d’abord les tendances clés de la transformation numérique, puis en analysant dans quelle mesure elles se reflètent dans l’économie réelle.
Du point de vue de la mesure, il était plus concevable d’obtenir une image de l’économie numérique en agrégeant certains produits ou services, comme représentant la numérisation en cours dans l’économie (et certaines branches correspondantes à la production de ces produits). Cette approche s’est traduite par la classification et la définition du secteur des TIC dans la Classification standard internationale de toutes les activités économiques, révision 4 et la liste complémentaire des produits TIC dans la classification centrale des produits. Ces classifications ont été reprises et sont maintenant largement utilisées au niveau international.
Cependant, d’un point de vue politique, ces définitions sont souvent considérées comme trop étroites. et, bien que la croissance de ces secteurs nouveaux a généralement été plus élevée que la croissance économique plus large, il est probable que le résultat des interprétations « étroites » de l’économie numérique en sous-estime la valeur et sous-estime l’impact global de la numérisation sur l’économie.
C’est pourquoi le schéma suivant avait été proposé en France en 2011 traduisant l’idée que l’économie numérique ne comprend pas que les secteurs des producteurs de biens et services des TIC.
Composition de l’économie numérique

Source : « L’impact de l’économie numérique », revue Sociétal n°71 (1e trimestre 2011).
2/ Les métiers du numérique
En janvier 2016, le Carif-Oref des Pays de la Loire a réalisé un travail prospectif sur les métiers du numérique dans la région. Pour ce faire, il s’est également intéressé aux secteurs d’activité liés au numérique. L’analyse réalisée par le Carif-Oref Pays de la Loire permet de mettre en avant les caractéristiques des salariés (sexe, âge, diplôme) de l’économie numérique mais également par métiers ce qui permet d’envisager de définir l’économie numérique, non pas par rapport à l’activité des entreprises mais par des caractéristiques propres au salariés.
Le Carif-Oref Pays de la Loire avait ainsi défini une liste de onze métiers par référence à la nomenclature des professions et catégories socioprofessionnelles de 2003. Ces métiers ont été regroupés en trois familles : l’étude et le développement en informatique, l’architecte conseil et consultant en infrastructure TIC et enfin les techniciens installation, exploitation, maintenance en TIC. Ces trois catégories rassemblent les métiers non pas en fonction du niveau de qualification (cadre, technicien ou employé) mais en fonction du domaine de l’activité réalisée.
Les 11 métiers du numérique identifiés au sein de la nomenclature des Professions et catégories socioprofessionnelles de 2003
Cette liste de onze métiers reprend l’ensemble des professions qui compose le domaine professionnel « Informatique et télécommunications » de la nomenclature des familles professionnelles de la Dares ainsi que la profession d’« ingénieurs et cadres technico-commerciaux en informatique et télécommunications ».
.
Cette liste de professions – ou celle de la nomenclature des familles professionnelles – serait cependant trop restrictive pour prétendre délimiter l’ensemble de métiers de l’économie numérique. Son intérêt réside dans l’identification des entreprises où sont exercés ces métiers. En effet, ces onze métiers relèvent des activités informatiques et des télécommunications et peuvent donc être considérés, à ce titre, comme des métiers « du cœur » de l’économie numérique.
Pour autant, seule la moitié de ces emplois sont exercés dans une entreprise qui a comme activité principale une activité du secteur numérique(dont 25 % dans le secteur du conseil en systèmes et logiciels informatiques, 5 % dans le secteur de l’édition de logiciel, 5 % dans celui des télécommunications filaires). Les autres actifs qui exercent un métier du numérique travaillent dans de nombreux autres secteurs d’activité, comme le conseil pour les affaires, le secteur bancaire ou encore celui des assurances (schéma suivant).
Secteurs d’activité où sont exercées les professions numériques

Ces résultats sont cohérents avec la répartition par secteur d’activité des professions numériques calculées à partir des DADS 2013 pour la France entière. Ainsi, 12 % de ces professions sont exercées dans des entreprises des activités juridiques, comptables, de gestion, d’architecture, d’ingénierie, de contrôle et d’analyses techniques et 5 % dans des entreprises des activités financières et d’assurance.
Secteurs d’activité où sont exercées les professions numériques en 2013
Enfin selon une autre étude de l’Insee de la Région Rhône-Alpes, certains établissements sont rattachés à l’économie du numérique par leur activité principale. L’édition de logiciels, la programmation informatique, mais aussi la production de films ou la publicité sont autant d’exemples d’activités relevant de cette économie. Ces établissements emploient des salariés exerçant, pour certains, des professions du numérique, pour d’autres, des métiers administratifs, commerciaux ou de fabrication, hors du champ du numérique. En 2017, 123 000 salariés sont employés dans l’un des 24 000 établissements du numérique de la région.
De même, les professions du numérique peuvent être exercées dans des établissements dont l’activité principale ne relève pas du numérique ou pratiquées en tant que travailleurs indépendants. On trouve ainsi des ingénieurs en télécommunications ou des opérateurs d’exploitation en informatique dans de nombreux secteurs de l’économie. 62 700 personnes exercent une profession du numérique dans la région en 2017 (tableau suivant)
Effectifs dans les professions du numérique en 2017, en Auvergne-Rhône-Alpes en milliers
3/ Le champ du numérique de l’Insee
L’Insee quantifie l’économie TCSI, qui correspond au périmètre d’activités économiques et de produits communs aux différentes sources statistiques mobilisées (comptabilité nationale, estimations d’emploi, statistiques d’entreprises). Les TCSI désignent les activités économiques correspondant aux codes de la nomenclature d’activités française (NAF) et les produits associés détaillés au tableau suivant. Les TCSI ont un périmétre plus large que les TIC. En 2016, à l’échelle de l’UE, la valeur ajoutée des technologies, contenus et supports de l’information (TCSI) s’est élevée à 778,9 milliards d’euros, dont 688,7 milliards pour les services des technologies de l’information et de la communication (TIC) (télécommunications, services informatiques, services audiovisuels, etc.) et 109,8 milliards pour la fabrication de produits informatiques, électroniques et optiques. Les entreprises des secteurs des TCSI emploient à la fois des personnes exerçant des métiers « numériques » (par exemple, des développeurs, des informaticiens, etc.), mais aussi des salariés exerçant des métiers non numériques, sur des fonctions supports notamment (assistants, comptables, etc.). À l’inverse, les métiers « numériques » essaiment dans tous les secteurs de l’économie ; ainsi, un data scientiste peut travailler dans une entreprise du secteur des transports. L’approche par secteur d’activité (fondée sur la NAF) et l’approche par métier (fondée sur les professions et catégories socioprofessionnelles) se recoupent partiellement mais ne se recouvrent pas.
Le champ sectoriel de l’Insee des TCSI correspond approximativement aux « technologies de l’information et de la communication » (TIC) d’une part et aux « contenus et supports » définis par l’OCDE d’autre part. Selon l’Insee, le secteur des TIC regroupe les entreprises qui produisent des biens et services supportant le processus de numérisation de l’économie, c’est-à-dire la transformation des informations utilisées ou fournies en informations numériques (informatique, télécommunications, électronique). Faute de données disponibles à un niveau de sous-division de la NAF dans la comptabilité nationale et les estimations d’emploi, il exclut la réparation d’ordinateurs et d’équipements de communication (NAF 95.1), qui fait partie des TIC d’après l’OCDE. À l’inverse, il inclut des technologies connexes aux TIC.
Définition des technologies, contenus et supports de l’information (TCSI)
4/ Du compte satellite du numérique aux TES numériques
Mais il n’est pas simple de définir le domaine du numérique ; la définition de l’OCDE n’a cessé d’évoluer au fil du temps. C’est l’OCDE qui initie le compte satellite du numérique [4].
a) Le domaine ne se limite pas aux produits caractéristiques des TIC
D’emblée il est apparu que le domaine du numérique ne peut être basé sur la seule définition des produits ou producteurs, comme c’est souvent le cas dans la plupart des autres comptes satellites (voir page Comptes satellites). Une focalisation sur les branches numériques exclurait les autres branches qui pourtant utilisent des produits numériques, et inversement un focus uniquement sur les produits numériques exclurait des transactions de produits non numériques facilitées par le e-commerce. Le champ du compte satellite digitale de l’OCDE en 2007, envisage notamment :
- d’imputer une valeur pour les services ‘gratuits’ (qu’ils proviennent de ménages ou d’entreprises).
- de séparer les plateformes selon qu’elles agissent sur une base résidente ou non-résidente, avec des biens et services qui sont produits de manière domestique, ou à l’étranger.
- des paiements d’intermédiation pour les plateformes, correspondant aux marges réalisées par ces plateformes (par exemple Uber ou AirBnb).
Ce compte satellite souligne aussi le fait que toutes les transactions du cadre de l’économie numérique ne se trouvent pas actuellement dans les limites de la production du cadre central du SCN,
Trois dimensions sont introduites dans les le compte satellite pour mesurer l’économie numérique :
- les nouvelles branches d’activité numériques (le « qui »).
- les biens et services produits (le « quoi »),
- la nature de la transaction (le « comment »),
La première colonne du schéma suivant différencie ainsi ces transactions entrant en dehors de la limite de production du SCN. Chacune des dimensions peut être davantage désagrégée pour éclairer davantage les problèmes que l’on souhaite étudier,
La deuxième colonne identifie les producteurs (« who« ). Ceux-ci pourraient être ventilées de plusieurs manières (et combinées), y compris par secteur institutionnel (ce qui est indiqué ci-dessous pour souligner l’importance du secteur du reste du monde – RDM – et l’importance élevée du commerce numérique transfrontalier). Mais elle comprend également des ventilations par secteurs d’activité : produits numériques et produits non numériques et / ou les producteurs de produits numériques.
La troisième colonne, «produit», (« what« ) introduit des informations en tant que produit séparé à prendre en compte, en plus des biens et des services. Cela reflète le fait que de nombreuses transactions de données n’aboutissent pas à des transactions monétaires en tant que telles. Si il existe une transaction monétaire explicite – c’est-à-dire des achats / ventes de données -, celle-ci devrait en théorie être reprise dans les services, y compris les actifs fondés sur la connaissance qui sont également classés comme des services, tels que les bases de données où les « connaissances » sous-jacentes contenues dans les données peuvent également être capturées dans le « goodwill ». Par conséquent, dans leur classification actuelle, les informations / données d’item se rapportent principalement à des échanges de données / d’informations sans échange monétaire. Il est toutefois recommandé d’examiner s’il serait utile d’identifier également séparément l’échange de «données et informations» en cas d’opération monétaire.
La quatrième colonne (nature de la transaction) détermine les modes de livraison utilisés (« how« ) et constitue, dans une large mesure, comme décrit ci-dessus, un élément clé du cadre, car, au moins en théorie, toutes les autres dimensions couvrent: l’ensemble des acteurs et des produits dans les comptes nationaux.
La cinquième colonne catégorise les utilisateurs qui peuvent être ventilés par secteur institutionnel (y compris à nouveau le RDM), les industries, ainsi que les consommateurs de la demande finale (notamment les ménages).
Les «catalyseurs» (« enablers » dans le schéma suivant) de la numérisation peuvent être compris comme un pilier important de l’économie numérique, à savoir les canaux d’investissement et d’infrastructure qui contribuent à la transformation numérique.
Les dimensions de l’économie numérique
Source : OCDE
b) Les différents niveaux de l’économie numérique
Du point de vue de la mesure, l’ajout des niveaux sous cette définition apporte la clarté nécessaire pour permettre la comparabilité des mesures avec une approche descendante et ascendante de la mesure. En outre, elle offre la possibilité de développer davantage la définition en délimitant et en mesurant les acteurs, les activités, les produits et les techniques spécifiques qui sont considérés comme « dépendant des intrants numériques, y compris les technologies numériques, l’infrastructure numérique, les services et les données numériques, ou considérablement améliorés par leur utilisation ». Il s’agit de tous les producteurs et utilisateurs, y compris les pouvoirs publics, qui utilisent ces intrants numériques dans leurs activités économiques ».
Comme le montre le diagramme suivant, les différents « niveaux » de l’économie numérique sont les suivants :
- La mesure fondamentale de l’économie numérique comprend uniquement l‘activité économique des producteurs de biens TIC et de services TIC et d’information (« CORE »).
- La mesure étroite comprend le secteur central ainsi que l’activité économique dérivée des entreprises qui dépendent des intrants numériques (« NARROW »).
- La mesure large inclut les deux premières mesures ainsi que l’activité économique des entreprises significativement améliorées par l’utilisation d’intrants (« BROAD »).
- La société numérique (« DIGITAL SOCIETY ») s’étend plus loin que l’économie numérique et incorpore des interactions et des activités numérisées non incluses dans la frontière de production du PIB, telles que l’utilisation de plateformes numériques gratuites (y compris les plateformes numériques publiques). Bien qu’elle ne soit pas considérée comme faisant partie de l’économie numérique en soi, cette activité est importante pour une politique numérique efficace de la part du gouvernement.
- La mesure supplémentaire de l’activité économique, commandée numériquement et/ou livrée numériquement peut être considérée comme une autre perspective de l’économie numérique, car elle est délimitée en fonction de la nature de la transaction, plutôt que d’être divisée en fonction de la production ou des méthodes de production des entreprises. Cette mesure se concentre sur la méthode de commande ou de livraison, indépendamment du produit final ou de la manière dont il est produit.
Définition par paliers de l’économie numérique
La manière dont ces niveaux s’intègrent dans l’économie au sens large est décrite dans le schéma suivant. Celle-ci place les différents niveaux de l’économie numérique dans une matrice bidimensionnelle montrant :
- en colonne, le type de production (numérique, non numérique, non économique)
- en ligne, le niveau des intrants numériques utilisés dans le processus de production (élevé, moyen, faible/aucun).
Toute production jugée « numérique » est considérée comme faisant partie de la mesure fondamentale de l’économie numérique, quel que soit le niveau d’intrants numériques utilisés dans la production. La production numérique n’inclut pas nécessairement tous les services fournis numériquement : en effet, une grande partie de la production non numérique (éducation, jeux d’argent, services gouvernementaux) peut être fournie numériquement, mais cela n’en fait pas pour autant un service numérique ou une production numérique. La mesure fondamentale est plutôt limitée à l’activité économique générée par les producteurs qui appartiennent au secteur des TIC.
L’activité économique incluse dans les mesures « Étroite » et « Large » comprend la production qui n’est pas de nature numérique. Pour la production non numérique qui est incluse, ce qui compte c’est le niveau d’intrants numériques utilisés dans le processus de production. Une quantité élevée d’intrants numériques permet à une entreprise d’être qualifiée de « dépendante » et, par conséquent, d’être incluse dans la mesure étroite. Un niveau moyen d’intrants numériques fait que l’entreprise est considérée comme « améliorée par les intrants numériques » plutôt que d’en être dépendante. Cette délimitation est probablement difficile dans la pratique, mais une différence fondamentale peut être faite à partir de la question « cette activité économique a-t-elle été créée uniquement grâce aux apports numériques ? » Si la réponse est oui, alors l’entreprise produisant l’activité économique est probablement dépendante des apports numériques, si la réponse est non et que le modèle économique de l’entreprise et l’activité économique générée existaient auparavant, bien que sous une forme réduite ou plus inefficace, l’entreprise est probablement juste améliorée par les apports numériques.
Enfin, l’économie « traditionnelle » est représentée dans le schéma, et comprend la production qui n’est pas numérique par nature et qui est produite en utilisant une quantité nulle ou faible d’intrants numériques. Une quantité faible plutôt que nulle est incluse ici en tant que quantité d’intrants numériques utilisés par les entreprises traditionnelles : presque toutes les entreprises utilisent une certaine forme de numérisation dans leurs activités, ce qui peut inclure l’utilisation du courrier électronique, une machine électronique dans la production (par exemple, une caisse enregistreuse) ou l’Internet. Cela permet également d’établir une distinction avec la mesure générale : il ne s’agit pas d’inclure toutes les entreprises dans la mesure générale de l’économie numérique, mais uniquement celles qui ont vu leur production s’améliorer de manière significative grâce à la numérisation.
Mesures de l’économie numérique au sein de l’économie traditionnelle

source ; OECD
Puis un document plus récent de l’OCDE propose un cadre de définition à plusieurs niveaux. Il définit l’économie numérique comme « toute activité économique fondée par l’utilisation de ses intrants numériques, y compris les technologies numériques, l’infrastructure numérique, les services numériques et les données ; elle fait référence à tous les producteurs et consommateurs, y compris les pouvoirs publics, qui utilisent ces intrants numériques dans leurs activités économiques« . Un cadre de définition à plusieurs niveaux, qui délimite plus précisément les impacts de la numérisation sur l’économie, accompagne cette définition large. Ces niveaux séparent trois ensembles (graphique suivant):
- les entreprises qui produisent des biens et services liés aux TIC,
- celles qui dépendent de ces intrants numériques,
- enfin les entreprises qui améliorent de manière significative leur productivité par l’utilisation d’intrants numériques.
En tant que telles, les définitions descendantes ne considèrent pas simplement un ensemble d’entreprises, de branches ou de secteurs, mais l’étendue de la numérisation dans tous les processus productifs et sociétaux, ainsi que les changements qui en découlent dans la demande et les réglementations du marché du travail. « l’économie numérique transcenderait le secteur des TIC et englobe la plupart des secteurs de l’économie et de la société. Pourtant, de nombreux gouvernements continuent de traiter l’économie numérique comme un secteur, en mettant exclusivement l’accent sur le développement des infrastructures TIC et la création d’une main-d’œuvre en technologies de l’information (TI) « . De même, l’OCDE décrit » l’économie numérique comme s’étendant au-delà des entreprises et des marchés car elle inclut les individus, les communautés et les sociétés « . On constate que l’économie numérique » englobe les entreprises de tous les secteurs de l’économie, qui utilisent les technologies numériques avec toujours plus d’intensité, pour bouleverser profondément la façon dont la valeur est créée« . Le caractère transversale de l’économie numérique impacte ainsi tous les secteurs d’activité; elle est à l’origine des nouveaux secteurs innovants et a rendu l’existence d’autres secteurs dépendantes de celle-ci.
Elle regroupe :
- le secteur des TIC,
- les secteurs utilisateurs,
- les secteurs à fort contenu numérique, ces derniers ne pouvant exister sans ces technologies.
L’économie numérique représentée à l’aide d’une approche « à plusieurs niveaux ».

Source: The Digital Economy Report, 2019, UNCTAD
7/ … au manuel de l’OCDE sur les tableaux entrées sorties (TES-TRE) numériques de 2024
L’OCDE ambitionne de rassembler ou compiler des TES numériques. Mais seuls les États-Unis et les Pays-Bas ont tenté des premières estimations. Ce travail est de longue haleine.
L’économie numérique étant un phénomène multidimensionnel, tout cadre de mesure de l’économie numérique nécessite des perspectives multiples. Le manuel de l’OCDE sur l’établissement de tableaux des ressources et des emplois (TRE) numériques de 2023 décrit la transition des TRE conventionnels vers les TRE numériques, avec trois dimensions pour mesurer l’économie numérique : la nature de la transaction, les biens et services produits et les nouvelles industries numériques (https://www.oecd.org/science/oecd-handbook-on-compiling-digital-supply-and-use-tables-11a0db02-en.htm).
La question plutôt complexe sur la meilleure façon de définir l’économie numérique a incité à se concentrer sur une meilleure compréhension de l’impact de la numérisation sur les transactions économiques mesurées. Par conséquent, les « TES numériques » ne se concentrent pas seulement sur les les différents produits et acteurs associés à la numérisation, mais ils tentent aussi d’identifier la nature des transactions entre les acteurs. Un principe fondamental du cadre est de délimiter les transactions selon qu’elles sont ou non commandées et/ou livrées numériquement.

Les définitions de l’économie numérique font toujours l’objet de discussions. Le cadre des TRE numériques permet une certaine flexibilité en ce qui concerne les définitions et les perspectives multiples, reflétant le point de vue selon lequel l’économie numérique est un phénomène multidimensionnel. Le cadre vise à générer une série de résultats fournissant des informations sur différentes perspectives. Bien que le point de départ des TRE numériques soit les TRE conventionnels, les trois dimensions déjà évoquées sont précisées dans les TRE numériques pour mesurer l’économie numérique :
Ces éléments conduisent à des lignes et des colonnes supplémentaires dans les TRE numériques par rapport aux TRE conventionnels. Il existe également une sélection d’indicateurs hautement prioritaires que les pays sont encouragés à compiler.



a) Concepts fondamentaux
De nombreuses publications présentent des estimations de l’impact de la numérisation sur l’économie. Certaines d’entre elles sont compatibles avec le système de comptabilité nationale (SCN),. Toutefois, il n’existe pas à ce jour de cadre permettant de rassembler certaines de ces estimations de manière cohérente et comparable sur le plan interne.
L’OCDE décrit plus en détail le cadre qui sous-tend les tableaux des ressources et des emplois (TRE) numériques, y compris la terminologie et les définitions du cadre. Bien que le cadre tente de maintenir la cohérence avec la terminologie et les définitions utilisées dans d’autres contextes de l’économie numérique, certaines différences sont nécessaires pour s’aligner sur les TRE conventionnels, sur lesquels les TRE numériques sont basés.
Les TRE constituent un bon point de départ pour accroître la visibilité de la numérisation dans l’économie pour les raisons suivantes :
L’exhaustivité. Comme toute la production est enregistrée dans les TRE, les estimations de la production, de la valeur ajoutée, de la consommation, etc. comprennent déjà les composants qui (dans les TRE numériques) devraient être ventilés en fonction de la nature de la transaction ou de l’unité qui l’a produite. Il s’agit donc d’une tâche de réaffectation plutôt que d’estimation.
Disponibilité générale. Comme le souligne le SCN 2008, les TRE constituent « un outil puissant pour comparer et opposer les données provenant de diverses sources et améliorer la cohérence du système d’information économique ». (§14.3). La plupart des pays développés produisent régulièrement des TRE dans le cadre des publications de leurs comptes nationaux existants. Ces travaux sont souvent entrepris dans le cadre de la compilation des estimations annuelles du PIB ou dans le cadre d’un exercice d’étalonnage semi-régulier.
Cohérence entre les pays. Les branches d’activités et les produits sont basés sur les classifications des activités industrielles et des produits convenues au niveau international, la Classification internationale type par industrie (CITI) et la Classification centrale des produits (CPC), avec quelques variations régionales. Par conséquent, une base de données TRE cohérente entre les pays peut être produite; une telle base de données est fournie par l’OCDE.
Multidimensionnalité. L’économie numérique est un phénomène multidimensionnel. Par conséquent, tout cadre chargé de la mesurer nécessite des perspectives multiples. Les TRE saisissent toutes les facettes de l’économie en exigeant que toute l’offre soit prise en compte (production intérieure ou importations) et qu’elle corresponde à la demande (consommation intérieure et investissement plus exportations). Cela permet non seulement de s’assurer que toute la production est prise en compte, mais aussi d’avoir une perspective par industrie et par produit de l’offre et de l’utilisation des biens et des services.
Le cadre des TRE numériques est présenté au schéma suivant. Le point fondamental de délimitation dans le cadre est la nature de la transaction (le « comment »). Toutefois, afin de fournir des résultats qui répondent aux questions politiques, des variables supplémentaires sont incluses : le produit commandé et livré (le « quoi ») ; et certaines nouvelles industries numériques (le « qui »). Le schéma suivant précise également quelles transactions se situent à l’intérieur de la frontière de production du SCN (indiquée par une ligne pointillée séparant la production numérique des flux numériques non monétaires).
Cadre proposé pour les TRE numériques

b) Les TRE numériques contribuent à améliorer la mesure à moyen terme mais les pays pourront-ils les élaborer ?
Les TRE numériques offrent un cadre souple de mesure des composantes numériques de l’économie, qui ne repose pas sur une définition ou un indicateur unique considéré(e) comme étant représentatif(-ve) de l’économie numérique. Ces tableaux non seulement couvrent les différents produits et acteurs associés à la transformation numérique, mais donnent également à voir la nature des transactions qui lient ces acteurs. Ce cadre délimite également les transactions selon qu’elles portent sur des produits commandés et/ou livrés par voie numérique.
Autres changements notables, le cadre des TRE en matière de numérique contribue à améliorer la mesure de la transformation numérique grâce à l’ajout de sept colonnes supplémentaires aux tableaux traditionnels des ressources et des emplois. Ces colonnes correspondent aux différents types de secteurs numériques (plateformes d’intermédiation numérique facturant explicitement une commission, plateformes axées sur les données et la publicité, détaillants en ligne, etc.). La deuxième caractéristique importante tient à l’inclusion d’une agrégation des lignes des biens et services TIC. Elle offrirait une mesure simple de l’intensité d’utilisation des produits TIC dans le cadre de différentes activités (consommation des ménages, investissement et exportations) . Enfin, les TRE numériques contiendront des lignes de produits supplémentaires pour les services infonuagiques et les services numériques intermédiaires.
La mise en œuvre des tTRE en matière de numérique aurait pour effet d’améliorer considérablement la mesure de l’économie numérique dans les statistiques officielles. Toutefois, elle ne va pas sans poser d’importantes difficultés. Si l’on parvient à les surmonter, les tableaux pourraient être utilisés à moyen terme par les pays de l’OCDE.
L’un des obstacles tient au fait que l’on ne dispose pas des données requises pour alimenter les tableaux des ressources et des emplois en matière de numérique. Pour les tableaux des ressources et des emplois classiques, les offices statistiques s’appuient sur des données administratives et sur les enquêtes réalisées auprès des entreprises. Or, ces sources n’apportent pas suffisamment de données pour produire les TRE en matière de numérique. Il faudrait par conséquent soit modifier les enquêtes existantes, soit en créer de nouvelles.
c) Différences entre les TRE numériques et conventionnels
La nature multidimensionnelle de l’économie numérique exige un cadre capable de produire des résultats reflétant la production et la consommation de produits numériques ainsi que la production et la consommation de produits non numériques obtenus par des moyens numériques, qu’il s’agisse d’une commande numérique, d’une livraison numérique ou des deux. Les TRE sont particulièrement bien placés pour ce faire : ils enregistrent non seulement ce qui a été produit et consommé, mais aussi qui l’a produit et consommé. En outre, il est possible d’ajouter des produits et des secteurs d’activité supplémentaires afin de fournir plus de détails sur des sujets spécifiques, sans perturber l’équilibre des tableaux : la production, la valeur ajoutée et les autres composantes sont simplement déplacées entre les lignes et les colonnes en fonction des besoins.
Les TRE numériques contiennent les ajouts suivants par rapport aux TRE conventionnels :
- Six lignes supplémentaires sous chaque produit (et total), séparant les transactions selon qu’elles sont : numériquement commandées ou non numériquement commandées, les transactions numériquement commandées étant en outre ventilées selon qu’elles sont commandées directement auprès de la contrepartie ou via une plateforme d’intermédiation numérique (DIP), avec une ventilation finale répartissant les produits commandés via des DIP entre plateformes résidentes et non-résidentes.
- Deux colonnes supplémentaires indiquant la nature de la prestation du service (numérique ou non numérique).
- Quatre lignes supplémentaires, représentant deux produits numériques d’intérêt particulier : les services d’intermédiation numérique (DIS) et les services d’informatique en nuage (CCS), ainsi que l’ensemble des biens et services numériques des technologies de l’information et de la communication (TIC) qui relèvent de la frontière de production du SCN.
- Trois lignes supplémentaires, représentant les données et les produits de services numériques qui sont actuellement en dehors de la frontière de production du SCN.
- Sept colonnes supplémentaires pour les nouvelles branches d’activité numériques qu’il est jugé utile de présenter séparément. Les producteurs au sein de ces industries sont agrégés sur la base de caractéristiques liées à la nature de la transaction ou à la manière dont ils tirent parti de la numérisation.
Ces ajouts sont importants. Toutefois, comme le manuel de l’OCDE le souligne, il n’est pas prévu que les pays créent des estimations pour chacun d’entre eux au cours des premières étapes de la compilation.
En parallèle, des indicateurs hautement prioritaires sont définis. Ces indicateurs représentent un ensemble de résultats plus réalisables que les pays peuvent viser. Dans les estimations expérimentales du TRE numérique déjà publiées par certains pays, l’accent a été mis sur la commande et la livraison numériques liées aux estimations globales plutôt que sur une ventilation des transactions pour chaque produit (voir ci dessous exemple du Canada).
d) Nature de la commande
C’est un élément fondamental des TRE numériques. Les TRE conventionnels ne font aucune distinction sur la manière dont une transaction est facilitée, se concentrant uniquement sur le produit fabriqué et sur l’industrie qui l’a fabriqué. Depuis que la numérisation a permis une telle expansion de la commande et de la livraison numériques, y compris pour des produits résolument « non numériques » comme les hamburgers et les frites, il est de plus en plus important d’identifier la nature numérique des transactions.Différences entre les TRE numériques et conventionnels. Le tableau suivant présente un exemple pour la ligne de produits « services d’hébergement ». Théoriquement, une telle ventilation est concevable pour chaque produit des TRE, mais il est peu probable qu’une telle ventilation soit compilée à un niveau aussi détaillé pour tous les produits.
Types de transactions dans les TRE numériques : exemple des services d’hébergement (DIP =Plateformes d’intermédiation numérique : exemple Airbnb, Booking, etc…)
Bien qu’elle n’apparaisse que pour un seul produit (services d’hébergement) dans le tableau précédent, la ventilation supplémentaire des transactions est également appliquée aux lignes affichant le total (ou l’agrégat) de tous les produits qui sont standard dans les TRE conventionnels. L’ajout des ventilations à ce niveau signifie que des totaux plus élevés de produits commandés numériquement (et non numériquement) peuvent être produits pour toutes les colonnes des TRE. Toutefois, les estimations des exportations totales, des importations totales et de la consommation totale des ménages, ordonnées numériquement, sont la priorité absolue.
e) Produits commandés numériquement
Les transactions de biens et services commandés numériquement (commerce électronique) sont définies ainsi ; « Une transaction de commerce électronique est la vente ou l’achat d’un bien ou d’un service, effectué sur des réseaux informatiques par des méthodes spécifiquement conçues pour recevoir ou passer des commandes. Les biens ou les services sont commandés par ces méthodes, mais le paiement et la livraison finale des biens ou des services ne doivent pas nécessairement être effectués en ligne. Une transaction de commerce électronique peut être effectuée entre des entreprises, des ménages, des particuliers, des gouvernements et d’autres organisations publiques ou privées. Sont incluses les commandes passées sur le web, l’extranet ou l’échange de données informatisées. Sont exclues les commandes passées par téléphone, par télécopie ou par courrier électronique tapé à la main ».
Les transactions commandées numériquement – ligne (A) du tableau précédent – se répartissent entre celles où le produit est acheté directement auprès de la contrepartie (le producteur des biens ou des services) et celles qui sont effectuées par l’intermédiaire d’une plateforme d’intermédiation numérique (PIF). Les DIP sont des plateformes numériques conçues pour recevoir ou passer des commandes. Elles produisent un produit de service d’intermédiation.
Pour différencier une transaction via une plateforme d’intermédiation numérique d’une transaction directe avec la contrepartie (producteur), il est nécessaire de savoir si l’entreprise qui facilite la vente possède un droit de propriété sur le produit vendu. Les DIP ne détiennent aucune propriété économique des biens et services. Ils génèrent des revenus simplement en facilitant la transaction entre le producteur et le consommateur. L’évolution des DIP et leur implication dans l’économie est un exemple clé de l’essor de la numérisation et un sujet d’intérêt politique important. Le chapitre 5 traite plus en détail des DIP, notamment de leur définition, de leur classification et de la manière dont les transactions les concernant sont enregistrées dans les comptes.Les TRE numériques contiennent les ajouts suivants par rapport aux TRE conventionnels :
f) Produits ne faisant pas l’objet d’une commande numérique
Les biens et services commandés de manière non numérique – ligne (B) du tableau 2.1 – font également partie des ventilations présentées dans les TUS numériques. Cette ligne sera probablement remplie comme un résidu, c’est-à-dire que la production des TUS conventionnels sera considérée comme non numérique par défaut jusqu’à ce qu’elle soit déplacée vers « commandé numériquement ». Si un article est commandé physiquement ou par d’autres moyens non numériques, tels que le téléphone ou le courrier électronique, il est inclus dans cette ligne même s’il est acheté au moyen d’une méthode de paiement électronique.
Il n’y a pas d’autre ventilation sous la ligne de transaction « non commandée numériquement » car tous les produits qui ne sont pas commandés numériquement sont, par définition, commandés directement à la contrepartie (producteur) plutôt que par l’intermédiaire d’un DIP.
g) Nature de la livraison
Les produits peuvent également être livrés au consommateur sous forme numérique ou non numérique. La livraison numérique est définie comme « les transactions qui sont livrées à distance par l’intermédiaire de réseaux informatiques « . Cette définition est cohérente avec celle utilisée pour définir le commerce numérique et inclut la fourniture de services numériques, tels que les télécommunications, les logiciels et l’informatique en nuage, ainsi que la fourniture numérique de certains services non numériques tels que l’éducation et les jeux d’argent.
Contrairement à la commande, qui se traduit par des ventilations des lignes de produits, la nature de la livraison est représentée par des ventilations des colonnes pour la production totale, les importations totales, les exportations totales et la consommation totale des ménages, y compris des éléments « dont » sur la nature de la livraison.
La décomposition de la nature de la transaction en lignes (pour les commandes numériques) et en colonnes (pour les livraisons numériques) permet d’établir un lien avec les résultats du cadre du commerce numérique, étant donné que les quatre possibilités de commande et de livraison sont représentées :
- commande numérique et livraison numérique,
- commande numérique et livraison non numérique,
- commande et livraison non numériques, et
- commande non numérique et livraison numérique.
Cela évite de devoir ajouter de nombreuses lignes supplémentaires pour préciser la nature de la livraison pour chacune des différentes méthodes de commande.
Dans la pratique, les pays partent souvent du principe que si les services sont livrés numériquement, c’est qu’ils ont été commandés numériquement. Bien qu’il soit possible de penser à des exemples où ce n’est pas le cas (par exemple, les achats en magasin d’un abonnement internet ou mobile), ces cas sont considérés comme ne représentant qu’une petite partie des services fournis numériquement.
5/ Implications de la variation de la définition pour les estimations de la taille de l’économie numérique
La nécessité d’établir des définitions communes et plus formelles des différentes composantes de l’économie numérique est également démontrée par les grandes variations dans la manière dont les membres du G20 mesurent l’économie numérique. Les différences de définition entraînent de grandes différences dans les estimations de la taille de l’économie numérique. La part de l’économie numérique varie très fortement dans les pays selon qu’ils retiennent une vision étroite ou large de celle-ci, celle de la Chine étant beaucoup plus large que celles de l’Australie et des États-Unis.
En 2019, la Chine, les États-Unis et l’Australie ont publié des estimations de la taille de leurs économies numériques respectives à partir de 2017. En pourcentage du PIB, l’Australie et les États-Unis affichaient des proportions similaires de 5,8 % et 6,9 % respectivement (graphiques suivants). En revanche, l’estimation fournie par l’Académie chinoise des technologies de l’information et des communications a montré qu’en 2017, l’économie numérique représentait 32,9 % du PIB chinois contre 20,3 % du PIB en 2011 .En comparaison, les estimations de 2017 calculées par les États-Unis et l’Australie étaient restées globalement stables par rapport à 2011.
Ces différences de taille et de croissance de l’Économie numérique ne sont pas dues à des sources de données, mais au fait que les trois pays ont appliqué des définitions différentes de l’économie numérique.
Économie numérique en Australie ; 2012 – 2017
Économie numérique aux États-Unis ; 1997 – 2017

Économie numérique, en Chine ; 2002- 2017
II – L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE
L’ intelligence artificielle (IA) est un domaine scientifique qui vise à créer des ordinateurs et des machines capables de raisonner, d’apprendre et d’agir d’une manière qui nécessiterait normalement l’ intelligence humaine ou qui implique des données dont l’échelle dépasse ce que les humains peuvent analyser.
L’IA générative ou l’intelligence artificielle générative fait référence à l’utilisation de l’IA pour créer de nouveaux contenus, comme du texte, des images, de la musique, de l’audio et des vidéos .
L’IA générative ne doit pas être confondue avec l’IA générale, qui est souvent définie comme une IA au moins aussi compétente que l’humain dans pratiquement toutes les tâches cognitives.
1/ L’histoire de l’IA
En 1950, Alan Turing, mathématicien britannique, publie un article sur l’ordinateur et l’intelligence, intitulé Computing Machinery and Intelligence (Turing, 1950[1]), dans lequel il s’interroge sur la capacité des machines à penser. Il développe alors une heuristique simple pour tester son hypothèse : un ordinateur pourrait-il mener une conversation et répondre à des questions d’une manière qui puisse conduire une personne suspicieuse à penser que l’ordinateur est en réalité un humain1 ? De là naît le « test de Turing », encore utilisé de nos jours. La même année, Claude Shannon propose la création d’une machine à laquelle on pourrait apprendre à jouer aux échecs. L’entraînement de la machine pouvait alors se faire en recourant à la force brute ou en évaluant un ensemble réduit de déplacements stratégiques de l’adversaire. Nombreux sont ceux qui considèrent le Dartmouth Summer Research Project, mené à l’été 1956, comme le point de départ de l’intelligence artificielle (IA). Lors de cet atelier, John McCarthy, Alan Newell, Arthur Samuel, Herbert Simon et Marvin Minsky ont conceptualisé le principe de l’IA. Si les recherches dans le domaine de l’IA n’ont cessé de progresser au cours des 60 dernières années, les promesses de ses précurseurs se révèlent à l’époque par trop optimistes. L’IA connaît alors, dans les années 70, un temps d’arrêt (on parle de l’« hiver de l’IA »), marqué par une chute des financements et de l’intérêt pour la recherche connexe. On observe dans les années 90 un regain sur ces deux fronts, à la faveur des progrès en termes de puissance de calcul . Le Graphique suivant propose une chronologie de l’évolution de l’IA depuis sa naissance.
Chronologie de l’évolution de l’IA (des années 50 à 2000)
Source : D’après Anyoha (28 août 2017[4]), « The history of artificial intelligence », http://sitn.hms.harvard.edu/flash/2017/historyartificial-intelligence/.
Après l’« hiver de l’IA », qui prend fin dans les années 90, les progrès de la puissance de calcul et des capacités de stockage des données rendent possible l’exécution de tâches complexes. En 1995, l’IA franchit une étape décisive, avec le développement, par Richard Wallace, d’A.L.I.C.E. (Artificial Linguistic Internet Computer Entity), un programme capable de tenir une conversation basique. Toujours dans les années 90, IBM met au point un ordinateur nommé Deep Blue, qui s’appuie sur une approche fondée sur la force brute pour affronter le champion du monde d’échecs, Gary Kasparov. Deep Blue est alors capable d’anticiper six étapes ou plus et de calculer 330 millions de positions par seconde. En 1996, Deep Blue perd contre Kasparov, avant de remporter la revanche un an plus tard.
En 2015, DeepMind, filiale d’Alphabet, lance un logiciel à même d’affronter au jeu ancestral de Go les meilleurs joueurs mondiaux. Pour ce faire, il fait appel à un réseau neuronal artificiel qui a appris à jouer en s’entraînant sur des milliers de parties exécutées par des professionnels et des amateurs humains. En 2016, AlphaGo bat le champion du monde de l’époque, Lee Sedol, quatre jeux à un. Ses développeurs laissent alors le programme jouer contre lui-même en s’appuyant uniquement sur un apprentissage par essai et erreur, et en commençant par des parties totalement aléatoires, sur la base de quelques règles simples. De là naît le programme AlphaGo Zero, capable, avec un entraînement accéléré, de battre le programme AlphaGo initial par 100 jeux à 0. Entièrement autodidacte – sans intervention humaine ni utilisation de données d’historiqu.
Au cours des dernières années, la montée en puissance des données massives, de l’infonuagique et des capacités de calcul et de stockage connexes, alliée aux progrès d’une branche de l’IA nommée « apprentissage automatique », ont dopé la puissance, la disponibilité, le développement et l’impact de l’IA. Par ailleurs, les avancées technologiques constantes ouvrent la voie à des capteurs plus performants et abordables, qui capturent des données plus fiables venant nourrir les systèmes d’IA. Les volumes de données auxquels accèdent les systèmes d’IA continuent de croître à mesure que la taille et le coût réduits des capteurs en favorisent le déploiement. Cela permet, par ricochet, de réaliser des progrès majeurs dans de nombreux domaines de recherche en IA fondamentale, notamment :
– le traitement du langage naturel
– les véhicules autonomes et la robotique
– la vision par ordinateur
– l’apprentissage des langues.
Certaines des évolutions les plus intéressantes de l’IA ont lieu non pas dans l’informatique, mais dans des domaines comme la santé, la médecine, la biologie et la finance. La transition vers l’IA ressemble à bien des égards au processus de diffusion des ordinateurs qui, après avoir été l’apanage de quelques entreprises spécialisées, a gagné l’ensemble de l’économie et de la société dans les années 90. Elle n’est pas non plus sans rappeler l’expansion de l’accès à l’internet, des entreprises multinationales à une majorité de la population de nombreux pays, dans les années 2000. Les économies vont avoir de plus en plus besoin de personnes disposant de doubles spécialités, c’est-à-dire spécialisées dans une discipline comme l’économie, la biologie ou le droit, mais disposant également de compétences dans les techniques d’IA telles que l’apprentissage automatique. Le présent chapitre s’intéresse aux applications qui sont utilisées ou se profilent à court et moyen termes, plutôt qu’à de possibles évolutions à plus long terme, comme l’intelligence générale artificielle (en anglais, artificial general intelligence, ou AGI)
Aujourd’hui, l’intelligence artificielle transforme les sociétés et les économies. Elle promet de générer des gains de productivité, d’améliorer le bien-être et d’aider à relever les défis mondiaux tels que le changement climatique, la raréfaction des ressources et les crises sanitaires. Cependant, l’adoption mondiale de l’IA soulève des questions notamment en lien avec les notions de confiance, d’équité, de respect de la vie privée, de sécurité et de responsabilité. L’IA avancée suscite une réflexion sur l’avenir du travail, des loisirs et de la société. Il convient d’ examiner les développements technologiques actuels et attendus de l’IA, réfléchit aux opportunités et aux risques que les spécialistes en prospective anticipent pour l’avenir . Ce faisant, on aidera à construire une compréhension commune des opportunités et des risques clés pour garantir que l’IA soit digne de confiance et utilisée au bénéfice de l’humanité et de la planète.


2/ L’IA est la technologie émergente à laquelle les pouvoirs publics consacrent le plus grand nombre d’initiatives
Les politiques liées à la transformation numérique sont généralement neutres du point de vue des technologies et axées sur de grands objectifs comme l’adoption du numérique par les entreprises ou l’amélioration des compétences. Pour autant, certaines technologies poussent les pouvoirs publics à prendre des mesures particulières. Tel est le cas notamment des technologies nouvelles et émergentes dont les incidences sur la société peuvent ne pas être totalement quantifiées ou comprises.
Les données sur les initiatives prises dans le domaine du numérique sont analysées en utilisant un dictionnaire prévu à cet effet afin de déterminer quelles technologies émergentes, parmi les plus importantes, apparaissent le plus fréquemment. Les résultats de l’étude de l’OCDE montrent que l’IA est mentionnée plus de deux fois plus souvent que la 5G, qui arrive en deuxième position (graphqieu suivant). La 5G est quant à elle mentionnée plus fréquemment que toutes les autres technologies combinées (à l’exception de l’IA). Si les pouvoirs publics s’intéressent depuis peu à certaines des technologies étudiées, à l’instar de la 6G, d’autres font l’objet de débats depuis plusieurs années. De nombreux pays ont mis au point des stratégies spécifiques dans le domaine de l’IA ; en revanche, la plupart des autres technologies figurant dans le dictionnaire sont mentionnées dans des stratégies plus générales en faveur de l’innovation.
Technologies émergentes et termes connexes cités dans les initiatives des pouvoirs publics, 2023
Avoir accès à des données est indispensable pour entraîner, tester et valider une IA. La demande de données d’entraînement (les « données d’entrée de l’IA ») a fortement augmenté, en particulier avec l’essor de l’IA générative et des grands modèles de langue. Aujourd’hui, les données utilisées pour entraîner l’IA sont agrégées à partir de sources diverses, parmi lesquelles des ensembles de données sélectionnés, des accords de partage de données, des collectes de données d’utilisateurs, des stockages de données préexistants et la technique de l’« extraction » de données en libre accès sur l’internet.
La disponibilité et la collecte des données posent des questions de politiques publiques, en particulier quand ces données contiennent des informations relatives à des personnes identifiables (données à caractère personnel, par exemple) ou des matériels protégés, sous licence ou droit d’auteur notamment (logiciels, textes, images, sons ou vidéos). De plus, le fait qu’il existe peu de textes lisibles par la machine rédigés dans d’autres langues que l’anglais pourrait limiter les avantages de l’IA pour certains groupes linguistiques, notamment ceux de langue minoritaire. Un examen des ensembles de données d’entraînement d’IA disponibles sur Hugging Face a conclu que l’anglais représente plus de la moitié de l’ensemble des langues. Cela met en exergue le possible manque de diversité linguistique des ensembles de données d’entraînement d’IA (graphique suivant)
Répartition des langues, en pourcentage, dans les ensembles de données d’entraînement d’IA proposés par Hugging Face, sur un total de 225 langues, 2024 
Les investissements dans la R-D en IA sont l’une des priorités des stratégies nationales en matière d’IA : les pouvoirs publics et les entreprises redoublent d’efforts pour tirer de l’IA un maximum de gains de productivité et de croissance économique. Cette tendance se maintiendra dans les années à venir. Les progrès spectaculaires de la R-D fondée sur l’IA font émerger des modèles économiques, des produits et des secteurs d’activité entièrement nouveaux, ce qui met en exergue l’importance de la recherche fondamentale, en particulier à l’heure où les pays s’emploient à consolider leurs capacités de R-D afin de rattraper les acteurs qui font la course en tête : la Chine, les États-Unis et l’Union européenne.
Il est possible de mesurer les progrès de la R-D en IA en examinant le nombre de travaux sur l’IA publiés dans les différents pays. Si les États-Unis et l’Union européenne ont vu leurs publications de recherche sur l’IA (articles parus dans des périodiques, livres, actes de conférence et publications dans des référentiels universitaires) augmenter régulièrement au cours des dernières décennies, la Chine a vu les siennes augmenter spectaculairement, et l’Inde aussi a enregistré des avancées notables (graphique suivant). Depuis la mi-2019, la Chine a publié plus de travaux de recherche sur l’IA que les États-Unis ou que l’Union européenne. En Inde, le nombre de publications de recherche sur l’IA a plus que doublé depuis 2015.
Mais le nombre de publications sur l’IA ne suffit pas à donner une image complète de la qualité et de l’impact de ces publications. L’analyse du nombre de fois qu’une publication est citée peut être un indicateur approximatif de l’« impact » (un plus grand nombre de citations pouvant indiquer un plus fort impact). Depuis 2022, la part des États-Unis dans le total des publications de recherche sur l’IA à fort impact est en baisse, tandis que celle de la Chine est en hausse régulière : la Chine a d’ailleurs dépassé les États-Unis et l’Union européenne en 2019 (graphique suivant). Pour ce qui est des institutions qui publient le plus de travaux sur l’IA, on observe qu’en 2023, sept des dix premières étaient implantées en Chine, les trois autres se trouvant respectivement en France, aux États-Unis et en France.
Les pays allouent des financements importants à la R-D en IA par l’intermédiaire de divers instruments, dont les principaux sont la mise en œuvre de politiques, de plans et de programmes axés sur la R-D en IA, l’établissement d’instituts et de centres nationaux de recherche en IA et la consolidation de réseaux et de plateformes de collaboration au service de la recherche en IA. En 2018, la France s’est appuyée sur sa Stratégie nationale pour l’IA (SNIA) pour lancer un Programme national de recherche en IA (PNRIA) en allouant à ce programme 45 % du budget de la stratégie, soit environ 700 millions d’euros.
3/ L’évolution de l’IA durant ces dernières années
Entre 2015 et 2023, l’investissement en capital-risque consacré chaque année dans le monde aux start-ups de l’IA a plus que triplé, passant de plus de 31 milliards USD à près de 98 milliards USD (graphique suivant gauche). En particulier, entre 2020 et 2021, il a été multiplié par plus de 2.3 (de 92 milliards environ à 213 milliards). Ces capitaux étaient en très grande partie destinés à des entreprises d’IA basées aux États-Unis ou en Chine. Les États-Unis ont pour avantage d’avoir un marché solide pour la R-D du secteur privé et les financements en capital-risque : en 2022, ils ont totalisé plus des deux tiers des investissements mondiaux du secteur privé dans les services logiciels et informatiques.
Dans le sillage de la contraction du marché mondial du capital-risque, l’investissement en capital-risque dans les entreprises d’IA a connu une forte baisse de plus de 50 % entre 2021 et 2023 (passant de 213 milliards USD à 98 milliards USD. Cette évolution témoigne d’une tendance plus générale, les investisseurs choisissant de faire preuve de prudence après le boom technologique de la pandémie de COVID-19, et compte tenu de la hausse des taux
d’intérêt et des tensions inflationnistes. L’exception à cette tendance baissière est l’investissement en capital-risque dans les start-ups de l’IA générative, qui a bondi d’1.3 milliard USD en 2022 à 17.8 milliards USD en 2023 (un bond de 1 % à 18.2 % du total des investissements en capital de risque dans le domaine de l’IA), sous l’impulsion majeure de l’investissement de 10 milliards USD de Microsoft dans OpenAI (graphique suivant doite).
À la fin de 2022, les progrès de l’IA générative en ont ainsi surpris plus d’un, même si certains chercheurs avaient anticipé une telle évolution. La collaboration et l’interdisciplinarité entre les décideurs publiques, les développeurs de l’IA et les chercheurs est essentielle pour suivre le rythme des progrès de l’IA et combler les lacunes en matière de connaissances.
Investissements en capital-risque dans les start-ups de l’IA et de l’IA générative, 2012-23 
4/ L’intelligence artificielle en Europe
L’intelligence artificielle (IA) peut apporter de nombreux avantages aux entreprises, tels qu’une meilleure prise de décision, des gains de productivité ou d’efficacité, ainsi qu’une gestion optimisée et plus durable de l’énergie ou des ressources. Les systèmes d’IA peuvent être basés sur des logiciels (par exemple des logiciels de reconnaissance d’images, des assistants virtuels, des systèmes de reconnaissance vocale et faciale) ou intégrés à des appareils (par exemple des robots autonomes, des véhicules autonomes, des drones).
En 2024, 13,48 % des entreprises de l’UE comptant plus de 10 salariés et travailleurs indépendants ont déclaré utiliser une ou plusieurs des technologies d’IA suivantes:
- Technologies d’IA pour l’analyse du langage écrit
- Technologies de l’IA pour l’apprentissage automatique (par exemple, apprentissage profond)
- Technologies d’IA automatisant différents flux de travail ou aidant à la prise de décision
- Technologies d’IA pour convertir le langage parlé en format lisible par machine
- Technologies d’IA pour l’identification d’objets ou de personnes à partir d’images
- Technologies d’IA pour la production d’un langage écrit ou parlé
- Technologies d’IA permettant le mouvement physique des machines via des décisions autonomes basées sur l’observation de l’environnement
La part des grandes entreprises utilisant ces technologies d’IA s’élevait à 41,17 % et était nettement supérieure à la valeur enregistrée pour les petites entreprises (11,21 %). La différence peut s’expliquer par la complexité de la mise en œuvre des technologies d’IA au sein de l’entreprise. Les entreprises de l’UE ont utilisé la plupart des technologies de l’IA pour analyser le langage écrit (6,88 %) et générer du langage écrit ou parlé (5,41 %). Encore une fois, la part des grandes entreprises ayant déclaré utiliser ces types de technologies d’IA était plus de trois fois plus élevée (graphique suivant).
Entreprises utilisant des technologies d’IA, par type de technologie d’IA et classe de taille, UE, 2024, (% des entreprises)
Parmi les pays de l’UE, les technologies de l’IA ont été utilisées par plus d’un quart des entreprises au Danemark (27,58 %) et en Suède (25,09 %). Les chiffres les plus bas ont été enregistrés en Bulgarie (6,47 %), en Pologne (5,90 %) et en Roumanie (3,07 %) (graphique suivant). La France serait mal placée (9,91%) largement en dessous de la moyenne de l’UE
Entreprises utilisant des technologies d’IA, 2024, (% des entreprises)
5/ Les conséquences de l’intelligence artificielle sur l’emploi
On aborde ce sujet dans la page Secteur tertiaire. On se contente ici de reprendre quelques études de l’OCDE qui concernent aussi l’industrie (https://www.oecd.org/fr/themes/ia-et-travail.html). Au fur et à mesure des progrès technologiques, de plus en plus de tâches pourront être automatisées, offrant des possibilités d’augmentation de la productivité mais entraînant par ailleurs des coûts transitoires importants. L’automatisation, qui a d’abord porté sur les tâches manuelles répétitives effectuées dans les activités manufacturières, touche de plus en plus les tâches « cognitives répétitives », fréquentes dans les activités de services. Compte tenu des progrès de l’intelligence artificielle qui, par exemple, dépasse depuis peu les capacités humaines moyennes pour la reconnaissance vocale et d’images, de plus en plus de tâches sont vouées à l’automatisation, y compris dans des métiers relativement qualifiés. Il s’ensuit que certains emplois seront amenés à disparaître mais aussi, et surtout, que la nature d’un grand nombre d’emplois changera. Certains économistes estiment que 14 % des emplois dans les pays de l’OCDE sont hautement automatisables, et que 32 % supplémentaires risquent de subir des changements substantiels dus à l’automatisation. Mais dans le même temps, de nouvelles tâches et de nouveaux emplois devraient être créés, de sorte que la demande globale de main-d’œuvre ne déclinera pas obligatoirement. Malgré tout, faire en sorte que la main-d’œuvre acquière des compétences adaptées à ce nouvel environnement et atténuer les coûts personnels supportés par les travailleurs dont l’emploi est supprimé susciteront des défis considérables.
Mais il existe peu de preuves d’effets significatifs de l’IA sur l’emploi jusqu’à présent. L’IA peut en outre avoir un effet positif sur la qualité de l’emploi. Les performances des salariés s’amélioreraient dans 75% des cas (second graphique). Mais il y a des risques pour l’emploi qui sont évalués à 25% dans l’OCDE comme en France. D’ailleurs de nombreux travailleurs craignent de perdre leur emploi au profit de l’IA. 40% d’entre eux le craignent assez sérieusement.
Il sera important d’investir dans les compétences selon les employeurs (cinquième graphique). Ce ratio est proche de 50% en Allemagne et aux États-Unis. Il est beaucoup plus faible en France et au Royaume-Uni. Les pénuries de compétences peuvent réduire les effets positifs de la transformation numérique, en particulier parmi les entreprises moins productives, qui éprouvent davantage de difficultés pour attirer des travailleurs qualifiés que les entreprises plus productives . Plusieurs types de compétences sont importants pour l’économie à l’ère du tout-numérique : (i) les compétences techniques de pointe pour les spécialistes du numérique, (ii) les compétences numériques générales pour les autres travailleurs, et (iii) les compétences complémentaires requises pour travailler dans un environnement qui utilise les technologies numériques – compétences cognitives générales, compétences interpersonnelles et compétences de gestion et d’organisation notamment .
Le dialogue social peut conduire à de meilleurs résultats. L’impact de l’IA sur les performances et les conditions de travail dépend étroitement d’une consultation avec les salariés.
Des mesures sont déjà prises, mais il faudra en faire plus selon l’OCDE comme il l’a promulgué en 2019 dans ses Principes relatifs à l’IA :
- L’IA ne fonctionne pas dans un vide réglementaire – mais il faudra probablement adapter les politiques,
- Protection des données, lutte contre la discrimination, santé et sécurité au travail,
- Nécessité de disposer d’informations accessibles et compréhensibles des responsabilités clairement définies,
- Par exemple, la loi européenne sur l’IA, le projet de charte des droits de l’IA aux États-Unis.
- Appels et initiatives pour agir sur l’IA générative : nécessité d’une coopération internationale
Impact de l’IA sur l’emploi global dans l’entreprise : pourcentage d’employeurs des secteurs manufacturier et financier qui déclarent que l’emploi a augmenté/diminué/est resté le même
L’impact de l’IA sur les performances et les conditions de travail % de travailleurs qui travaillent avec l’IA
Part de l’emploi dans les professions les plus exposées au risque d’automatisation, par pays, 2019
Proportion de travailleurs craignant de perdre leur emploi à cause de l’IA au cours des 10 prochaines années
Part des employeurs déclarant que le manque de compétences est un obstacle à l’adoption de l’IA en % 
Source : OCDE
III – LES COMPTES DE L’ÉCONOMIE NUMÉRIQUE AU NIVEAU MONDIAL
Les comptes de l’économie numériques au niveau mondial sont parfois sous forme de tableaux, parfois sous forme d’articles, Ils diffèrent en termes de détail, c’est-à-dire que certains visent des tableaux détaillés sur les différents aspects de l’économie numérique en relation avec les tableaux de ressources-emplois (TRE) numériques, tandis que d’autres ne se concentrent que sur un ou deux indicateurs (parfois dans le cadre de publications sur des sujets connexes). On ne reprend ici que les premiers types de travaux. Ce sont les Pays-Bas et les États-Unis qui ont développé le plus de comptes de l’économie numérique. Mais les chiffres des Pays-Bas – qui sont le seul pays au monde à faire un TRE numérique – datent de l’année 2018 et les comptes des États-Unis semblent ne pas être reconduits au-delà de 2022.
Le secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC), défini par l’OCDE, comprend l’ensemble des sociétés qui assurent la fabrication, la vente ou les services des produits qui permettent de saisir, transmettre ou afficher des données ou des informations électroniques.
Il comprend les groupes 26.1 à 26.4, 26.8, 46.5, 58.2, 61, 62, 63.1 et 95.1 de la NAF rév. 2 :
- secteurs producteurs de TIC (fabrication d’ordinateurs et de matériel informatique, de TV, radios, téléphone, etc.) ;
- secteurs distributeurs de TIC (commerce de gros de matériel informatique, etc.) ;
- secteurs des services de TIC (télécommunications, services informatiques, services audiovisuels, etc.).
Par complémentarité, on peut parler de secteurs « non-TIC » pour toutes les autres activités.
La liste des secteurs d’activité de la base STAN de l’OCDE est conçue pour fournir aux utilisateurs suffisamment de détails pour qu’ils puissent se concentrer sur les éléments suivants : les activités liées aux TIC (sur la base d’une taxonomie élaborée par l’OCDE, 2011) ; et une nouvelle taxonomie des secteurs à forte intensité numérique tout en tenant compte de la disponibilité des données dans les différents pays. Selon cette définition, établie au niveau à deux chiffres de la CITI Rév. 4, le secteur des TIC comprend trois sous-divisions : Fabrication d’ordinateurs, d’articles électroniques et optiques (D26), Télécommunications (D61), Technologies de l’information et autres services d’information (D62-63/D62T63).
En se basant sur sept métriques différentes, on peut proposer une classification des secteurs par l’intensité numérique. Divers indicateurs, tels que les investissements des entreprises dans les actifs « numériques », le (type de) capital humain et les compétences nécessaires à la production. ou la façon dont les entreprises abordent les marchés et interagissent avec les clients et les fournisseurs. sont utilisés pour classer les secteurs en « élevée », « moyenne-haute », « moyenne-faible » et « faible » intensité numérique. Bien que cette approche puisse être rudimentaire, puisque toutes les entreprises d’un secteur sont classées dans le même groupe d’intensité numérique, quel que soit leur niveau spécifique de numérisation, cette l’approche a l’avantage de pouvoir être élaborée en utilisant des agrégats par branches de la comptabilité nationale.
Autres agrégats CITI rév. 4 fournis dans la base de données STAN
1/ Les données de l’OCDE
On s’intéresse d’abord aux données des agrégats (valeur ajoutée et FBCF) en valeur en % du total puis aux évolutions en prix courants et en prix chaînés. Les données des bases OCDE des comptes nationaux sont donc mises à jour en continu alors que la base STAN est mise à jour épisodiquement. En partant du diagramme précédent, on pouvait établir les tableaux suivants.
a) La valeur ajoutée (VA)
La part de la valeur ajoutée en prix courants des TIC représente 5,3% de la valeur ajoutée totale en France. Cette part est proche de celle du Royaume-Uni et un peu plus élevée qu’en Allemagne (5,1%).
Dans la définition à 2 chiffres (nomenclature CITI 26,61, 62, 63), cette proportion est normalement plus faible avec une légère hausse en valeur de 0,5 points en France mais nettement plus forte en volumes chaînés en rapportée la valeur ajoutée des TIC à celle de l’économie (malgré la non-addivité des volumes chaînés). Le ratio passe de 3,9% à 5,2% en France (en base 2020). À noter que les ratios le plus élevés sont en Lettonie (plus de 7%), en Tchéquie et en Finlande (6,5%).
Tableau 10 OECD VA TIC
Part de la valeur ajoutée en prix courants des TIC dans la valeur ajoutée totale en %
Part de la valeur ajoutée en prix courants des TIC (Définition à 2 chiffres) dans la valeur ajoutée totale en %
b) La FBCF
Le graphique suivant est issu des données de l’OCDE, Il représente part de la FBCF des TIC en pourcentage de la FBCF totale . La FBCF des TIC se décompose en celle du matériel informatique, équipement de télécommunications et logiciels et bases de données. On y voit que le ratio est le plus élevée en Estonie et la Suisse où il atteint presque 20% de la FBCF totale. En France, cette part dépasse 14%, et est assez proche de la moyenne.
Part de la FBCF en TIC dans la FBCF globale de l’économie en prix courants en 2021 en %
c) Les évolutions en volume du secteur des TIC dans les pays de l’OCDE
On a vu que la base STAN fournit des données sur la valeur ajoutée du secteur des TIC dans la plupart des pays de l’OCDE. Le modèle de prévision immédiate de l’OCDE utilise seulement deux types de données en entrée : les taux de croissance la VA du secteur des TIC dans les pays de l’OCDE et les données Google Trends (https://www.oecd.org/fr/publications/perspectives-de-l-economie-numerique-de-l-ocde-2024-volume-1_e34abd55-fr.html). Google Trends fournit deux types de données sur les recherches effectuées sur l’internet : des mots-clés et des catégories prédéfinies. Il fournit un indice temporel du volume de questions que les utilisateurs saisissent dans Google. Des données issues de sources non traditionnelles et les techniques d’apprentissage automatique peuvent ainsi constituer un complément utile aux statistiques officielles sur la transformation numérique de l’économie. Un réseau neuronal artificiel exploitant les données Google Trends fournit une mesure en temps réel de la croissance du secteur des TIC.
Les taux de croissance de la VA sont calculés à l’aide des données issues de la base STAN. Plus précisément, les estimations annuelles de la valeur ajoutée des TIC en volumes tirées de la base servent au calcul des taux de croissance annuels du secteur pour 27 pays de l’OCDE, de 2010 à 2018 ou 2019, selon les pays.
Le dynamisme du secteur des TIC s’est également traduit par des taux de croissance positifs au niveau national. Le taux de croissance moyen au cours de la décennie passée (2013-23) est positif dans tous les pays (graphique suivant). Pour autant, malgré la bonne tenue générale du secteur, un écart conséquent subsiste entre les pays enregistrant les taux de croissance les plus élevés et celles affichant les taux les plus faibles. Cet écart s’établit en effet à plus de 10 points de pourcentage.
D’après les données de la Base de données STAN, les prévisions immédiates calculées et les prévisions immédiates pour l’ensemble de l’économie issues de l’outil de suivi hebdomadaire de l’OCDE, le secteur des TIC a enregistré au cours de la dernière décennie (de janvier 2013 à avril 2023) une progression presque trois fois plus rapide que celle de l’ensemble de l’économie dans les pays de l’OCDE. Pendant cette période, sa croissance moyenne a dépassé 8 % dans trois pays : l’Islande, la Pologne et le Royaume-Uni. Les deux pays en tête de peloton – l’Islande et le Royaume-Uni – ont affiché des taux de croissance moyens supérieurs à 9 % pendant la période considérée. À l’autre extrémité du spectre, la Grèce, l’Italie et la République slovaque ont enregistré les taux moyens inférieurs à 3 %.
Taux de croissance annuels moyens du secteur des TIC (observés et prévus), 2013-23 en %
En 2023, les pays affichant la plus forte croissance du secteur des TIC (25 % supérieurs, ou quatrième quartile) avaient un taux de croissance moyen du secteur des TIC de 11.9 %. La même année, les pays affichant les taux de croissance les plus faibles du secteur des TIC (25 % inférieurs, ou premier quartile) avaient un taux de croissance moyen de 5.7 % .
L’écart important entre les pays des premier et quatrième quartiles s’est toutefois réduit au fil du temps. Les taux de croissance du secteur des TIC convergent entre les pays. En 2011, le taux de croissance moyen du quatrième quartile treize fois supérieur au taux moyen du premier quartile. En 2016, le taux moyen du quatrième quartile était quatre fois supérieur à celui du premier quartile. En 2023, la croissance moyenne du quatrième quartile n’était plus que deux fois supérieure à celle du premier quartile. Les écarts de taux de croissance du secteur des TIC dans les pays de l’OCDE ont donc continué de se rétrécir . Six points de pourcentage séparent les pays leaders des moins performants dans le secteur des TIC Taux de croissance prévus pour le secteur des TIC par quartile, 2023
Taux de croissance moyens du secteur des TIC (observés et prévus) par quartile, 2011-23
Le secteur des TIC a enregistré une croissance vigoureuse dans tous les pays de l’OCDE en 2023. Les prévisions immédiates permettent de produire une analyse à jour de la croissance économique du secteur des TIC dans les pays de l’OCDE. Elles montrent que le secteur des TIC est vigoureux. Si entre 2011 et 2022, la croissance s’élevait en moyenne à 5.7 %, elle a atteint 7.6 % en 2023. Dans de nombreux pays de l’OCDE, 2023 a été une année importante pour la croissance du secteur. Dix pays ont enregistré des taux de croissance supérieurs à 9 % : l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, le Canada, le Danemark, les États-Unis, la Finlande, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Suisse. En Belgique et au Royaume-Uni, ils ont même dépassé 11 %. Même dans les pays affichant les taux les plus faibles, à l’instar de la Grèce et de la République slovaque, elle était malgré tout supérieure à 3 %.
2/ les Pays-Bas
On reprend ici un manuel très détaillé des TRE numériques des Pays-Bas https://www.cbs.nl/en-gb/background/2021/49/research-on-supply-use-tables-for-the-digital-economy-in-the-netherlands [4].
Les TES numériques constituent une restructuration des TES standard en introduisant les sept nouvelles industries numériques suivantes :
- Industries numériques « habilitantes » (au centre),
- Plateformes d’intermédiaires numériques payantes,
- Plates-formes numériques axées sur les données et la publicité;
- Les entreprises qui dépendent des plateformes intermédiaires:
- Détaillants électroniques,
- Entreprises exclusivement numériques fournissant des services financiers et d’assurance,
- Autres producteurs opérant uniquement de manière numérique,
Certaines de ces industries numériques sont définies par l’inclusion d’activités NACE, tandis que d’autres sont définies par leur principal moyen de vente aux clients (par exemple, les « détaillants électroniques » et les « entreprises dépendant de plates-formes intermédiaires »). Il en résulte des classes qui ne s’excluent pas mutuellement. Pour les entreprises qui répondent aux critères de plusieurs industries numériques, les lignes directrices de l’OCDE fournissent un « arbre de décision de l’industrie numérique » pour établir des priorités.
Outre les industries numériques , les TRE numériques introduisent également quatre nouveaux produits numériques dans le champ d’application actuel des comptes nationaux (SCN 2008) :
- Biens TIC
- Services numériques tarifés – à l’exception des services d’informatique en nuage et des services numériques intermédiaires
- Informatique en nuage tarifée
- Services numériques intermédiaires tarifés
Tous les produits qui n’entrent pas dans ces quatre catégories sont également classés dans les catégories « significativement affectés par la numérisation » ou « autres ». Le cadre de l’OCDE inclut également les données, les services numériques gratuits fournis par les entreprises et les services numériques gratuits fournis par les communautés comme des produits numériques qui dépassent le champ d’application du SCN 2008. L’étude des Pays-Bas n’inclut pas les données ni les services gratuits en tant que produits numériques.
Outre les nouvelles colonnes spécifiant les industries numériques et les nouvelles lignes spécifiant les produits numériques, la dimension des lignes est également utilisée pour différencier la manière dont les produits sont commandés (types de transaction). Les Pays-Bas quatre types de transaction différents :
- Commande numérique,
- Commande numérique directement auprès d’une contrepartie,
- Commande numérique via une plateforme d’intermédiaire numérique résidente,
- Commande numérique par l’intermédiaire d’une plateforme d’intermédiation numérique non résident
Les TRE standard sont utilisés comme point de départ pour les TUS numériques, au niveau le plus détaillé disponible pour l’usage interne de Statistics Netherlands (CBS dans la suite du texte). Le champ d’application du projet étant limité aux produits du SCN 2008, les lignes (produits numériques) et les colonnes (branches d’activités numériques, dans la suite du texte on les appellera « industries ») ajoutées aux tableaux sont remplies avec les activités économiques qui sont déjà incluses dans les TRE standards. Remplir les nouvelles lignes et colonnes pour les produits et les industries numériques signifie donc réaffecter exactement les mêmes valeurs des lignes et des colonnes déjà présentes dans les TRE standard. Ce processus commence par l’estimation des montants à transférer d’une cellule respective du TRE standard vers un produit numérique et/ou une industrie.
a) Les branches d’activité numériques
1 – Industries déterminantes (« habilitantes ») du numérique
Les entreprises appartenant aux industries numériques peuvent être identifiées par leur classe NACE dans le registre des entreprises. La liste complète des industries TIC pertinentes, telles que définies dans la classification CITI, est extraite des lignes directrices de l’OCDE. . Ces classes CITI peuvent être mises en correspondance avec les classes NACE3, qui est la classification utilisée dans le registre des entreprises de CBS. À des fins de compilation, une distinction supplémentaire est faite entre les « habilitants » dans l’industrie manufacturière, le commerce et les services.
L’enquête sur les statistiques structurelles sur les entreprises (SSE) fournit les données pertinentes pour un large échantillon d’entreprises dans les secteurs porteurs.
L’identification des entreprises qui devraient faire partie des industries à forte composante numérique se fait par le biais de leur classe NACE. Certaines unités commerciales relevant des classes NACE des branches d’activité porteuses sont incluses dans d’autres industries numériques (par exemple, les plateformes intermédiaires).
Certaines industries des TIC correspondent directement à une industrie/colonne dans les TRE détaillés compilés par CBS, ce qui signifie que la colonne entière peut être déplacée vers les industries favorables au numérique. C’est le cas du « commerce de gros d’ordinateurs, d’équipements périphériques et de logiciels » (NACE Rév. 2, 46.5.1), Industries des télécommunications » (NACE Rév. 2, 61) et « Industries des services informatiques » (NACE Rév. 2, 62).
Dans tous les autres cas, les industries des TIC ne représentent qu’une partie d’une industrie telle qu’elle est disponible dans les TRE standard compilés par CBS.
Pour ces industries, l’échantillon SSE est utilisé pour identifier les unités commerciales individuelles qui sont dans les classes NACE pertinentes, et leur part dans l’industrie pour laquelle les TRE sont compilés. Par exemple, l’industrie l’édition (NACE Rév. 2, 58) est facilement disponible dans le cadre du processus de compilation des TRE standard, mais la sous-classe correspondante « Édition de logiciels » (NACE Rév. 2, 58.2) ne l’est pas. Les données SSE sont utilisées pour calculer les parts de l’offre, de l’utilisation et de la valeur ajoutée à réaffecter de chaque industrie standard à l’industrie numérique. Le graphique suivant présente la composition de la production de cette industrie numérique.
Composition de la production des industries numériques aux Pays-Bas en 2018
2 – Plateformes d’intermédiation numérique payantes ou axées sur la publicité
Étant donné que la classification NACE la plus récente ne spécifie pas de classes pour les plates-formes d’intermédiation numérique, les plates-formes individuelles sont enregistrées dans de nombreuses classes NACE différentes dans le registre des entreprises.
Dans les TRE numériques, toutes sortes de plateformes (par exemple, le commerce de détail, l’hébergement, le transport ou l’emploi) sont classées dans l’un des deux secteurs d’activité des plateformes en fonction de leur modèle d’entreprise, soit basé sur les frais, soit basé sur la publicité. Seules les entreprises dont l’exploitation d’une plate-forme est l’activité principale sont incluses dans le secteur des plates-formes d’intermédiaires numériques.
Pour déterminer les unités commerciales dont la principale source de revenus est l’exploitation d’une plate-forme, il y a une enquête de CBS sur les plateformes intermédiaires numériques résidentes. À partir de cette enquête, on peut récupérer la sous-section des entreprises pour lesquelles les réponses à l’enquête indiquent qu’elles exploitent une plateforme en ligne, et ont cinquante pour cent ou plus de leurs employés qui travaillent spécifiquement pour la plateforme. Étant donné que la population des d’entreprises participant à l’enquête est incomplète et ne tient pas compte de certaines plateformes qui jouent un rôle clé dans l’économie, il faut étendre la sous-section résultante aux grandes plateformes sur la base de connaissances d’experts. La population résultante se compose de 430 entreprises dont l’activité principale est l’intermédiation de plateformes, dont 18 sont incluses sur la base de connaissances d’experts.
Il faut aussi faire la distinction entre les plateformes payantes et les plateformes publicitaires, Sur la population dérivée de 430 entreprises, 356 sont indiquées comme étant des plateformes payantes. De ce sous-échantillon de plateformes payantes, 34 entreprises sont présentes dans les données SBS. Bien qu’il ne s’agisse que d’une petite partie de la population, elle représente la grande majorité des recettes totales (sur la base des données relatives au chiffre d’affaires TVA) des plateformes payantes, soit environ 99 %. Nous pouvons donc utiliser les données de ce sous-échantillon pour faire des estimations pour les lignes et les colonnes des TRE l’ensemble de l’industrie « Plateformes d’intermédiation numérique payantes ». Les valeurs de l’industrie et du Les valeurs du secteur et du produit sont augmentées en fonction du revenu total de la population présente dans les SSE par rapport au revenu total de l’ensemble des 356 plateformes payantes afin de corriger la faible différence entre les populations. Les 74 autres des 430 plateformes intermédiaires sont indiquées comme étant des plateformes numériques axées sur les données et la publicité.
Les secteurs d’origine dont la valeur est la plus réaffectée aux plateformes d’intermédiaires numériques payantes sont les suivants Activités des agences de voyage » (NACE Rév. 2, 79.1.1), « Programmation, conseil et activités connexes (NACE Rév. 2, 62) et « Services d’information » (NACE Rév. 2, 63). Pour les plates-formes axées sur la publicité, la majeure partie de la valeur est attribuée à partir de la catégorie « services d’information ».de la valeur provient du « Commerce de détail, à l’exception des automobiles et des motocycles » (NACE Rév. 2, 47), »Activités de services d’information » (NACE Rév. 2, 63) , et « Publicité et études de marché » (NACE Rév. 2, 73).
3 – Entreprises dépendantes de plateformes intermédiaires
Indépendamment de l’activité économique, toute unité commerciale qui vend la majorité de ses produits par le biais de plateformes numériques intermédiaires doit être réaffectée de sa classe NACE dans le registre des entreprises à l’industrie numérique
L’enquête sur l’utilisation des TIC comprend une question complémentaire su les ventes réalisées par l’intermédiaire de plateformes numériques pour toutes les entreprises qui réalisent une partie de leurs ventes en ligne (site web ou application). Toutefois, l’échantillon sur l’utilisation des TIC pour 2018 couvre exclusivement les entreprises comptant deux employés ou plus. Cela pourrait être gênant si une grande partie des entreprises dépendant de plateformes intermédiaires sont des indépendants sans aucun employé. Pour faire face à cette limitation, des sources de données supplémentaires sont utilisées pour : les chauffeurs d’Uber et de plateformes similaires, les hôtes de locations de vacances sur Airbnb et des plateformes similaires, et les nettoyeurs à domicile sur Helpling ou des plateformes similaires.
Les recherches menées par SEO Amsterdam Research (2018) fournissent des estimations du nombre de chauffeurs sur Uber et des plateformes similaires (4 750) et leur salaire mensuel brut moyen (environ 1 000 €) en 2017. Un porte-parole d’Uber a déclaré en avril 2019 qu’il y avait plus de 3 500 chauffeurs sur une base mensuelle . CBS a publié des estimations sur la rotation des chauffeurs de plateformes sur la base d’une combinaison de sources au sein des comptes nationaux, de variables de substitution et de sources d’information. Pour les années 2014-2016, ce chiffre d’affaires total est estimé à 4, 13 et 29 millions d’euros respectivement.
Les estimations sur les locations de vacances sont basées sur des recherches menées par CBS. Les chiffres .sont estimés sur la base du nombre de nuits passées dans des logements loués et du prix moyen de la location.L’hypothèse est que ces logements sont loués par des ménages privés qui ne figurent pas dans le registre des entreprises, contrairement aux unités commerciales de la branche « Activités immobilières » (NACE Rév. 2, 68).
CBS a choisi de de nous en tenir aux chiffres estimés pour 2017 par SEO Amsterdam Research, avec 4 750 chauffeurs gagnant en moyenne 1 000 euros par mois. Cela conduit à une production totale de 57 millions d’euros. On s’attend à ce que le ratio de la consommation intermédiaire à la production pour ce groupe de chauffeurs soit légèrement différent de celui d’une entreprise de taxis moyenne. Ce ratio a été obtenu à partir des entreprises d’une personne employée dans l’enquête SBS pour la branche « Exploitation de taxis » (NACE Rév. 2, 49.3.2).
Les résultats de l’enquête sur l’utilisation des TIC montrent que la dépendance à l’égard des plates-formes pour les entreprises employant deux personnes ou plus n’existe que dans le secteur de l’hébergement (NACE Rév. 2, 55). Les entreprises du secteur « Hébergement » (NACE Rév. 2, 55) sont enregistrées au registre des entreprises. D’après les données sur l’utilisation des TIC. on n’observe pas de différence dans la part du chiffre d’affaires des entreprises dépendantes des plateformes (par exemple, les hôtels générant plus de 50 % de leur chiffre d’affaires par l’intermédiaire de plates-formes) de différentes classes de taille. On calcule donc un pourcentage pondéré du chiffre d’affaires dépendant des plates-formes à 4,9% et l’appliquons à l’ensemble du secteur pour la production, la consommation intermédiaire et la valeur ajoutée,
Pour les nettoyeurs à domicile sur Helpling et des plateformes similaires, l’étude de SEO Amsterdam Research (2018) fournit une estimation du nombre de nettoyeurs à domicile ainsi que de leur salaire mensuel brut moyen (400 euros). Les estimations sont obtenues en utilisant le nombre de travailleurs et les salaires mensuels bruts.Étant donné que nous pensons que les utilisateurs de ce service se chargent eux-mêmes de la plupart, voire de la totalité, des fournitures de nettoyage nécessaires et que les coûts de transport sont minimes, nous supposons que la consommation intermédiaire est égale à zrro. Les méthodes appliquées pour identifier les entreprises dépendantes des plateformes entraînent le passage de quatre classes NACE à cette industrie numérique.. La composition (production) de cette industrie numérique est résumée dans e graphique suivant.
Composition de la production des entreprises dépendantes des plates-formes intermédiaires aux Pays-Bas

4 – Détaillants électroniques
Dans les lignes directrices de l’OCDE, les entreprises commerciales qui génèrent plus de 50 % de leur chiffre d’affaires en ligne sont classées dans l’industrie numérique des détaillants électroniques. Cette industrie numérique se compose à la fois d’entreprises de gros (commerce interentreprises) et d’entreprises de détail (commerce de détail). Les e-détaillants de gros et les e-détaillants de détail sont compilés séparément. Tailers de détail sont compilés séparément, car ils requièrent des sources de données différentes.
– S’ agissant du commerce de détail, Dans les TRE standard, tous les détaillants sont inclus dans une seule colonne de l’industrie. L’objectif est de diviser cette industrie en entreprises qui réalisent la plupart de leurs ventes en ligne et en entreprises qui vendent principalement dans des magasins
Les plateformes numériques intermédiaires qui sont classées comme détaillants dans le registre des entreprises sont affectées aux plateformes numériques, conformément à l’arbre de décision de l’OCDE sur la hiérarchisation des priorités.
Les enquêtes SSE ne permettent pas de différencier les ventes en ligne réalisées directement par le biais de boutiques en ligne appartenant au détaillant et les ventes réalisées par le biais de plates-formes numériques intermédiaires. L’enquête sur l’utilisation des TIC permet cependant cette différenciation. L’enquête sur l’utilisation des TIC ne révèle aucune dépendance à l’égard d’une plateforme parmi les détaillants en 2018.
Pour obtenir les estimations des lignes et des colonnes des tableaux des ressources et des emplois à partir de l’échantillon, les valeurs des « E- » présentes dans les SSE doivent être mises à l’échelle des totaux de la population nationale. Tailers présentes dans les SSE doivent être mises à l’échelle des totaux de la population nationale. Pour ce faire, plusieurs méthodes d’incrémentation. plusieurs méthodes d’incrémentation ont été testées :
- Les pondérations d’échelle basées sur le registre fiscal et la probabilité de sélection utilisée dans le SBS standard
- Pondération basée sur le chiffre d’affaires total de la population E-Tail dans l’enquête SSE par rapport au chiffre d’affaires total de la classe NACE du commerce de détail en ligne, en utilisant les données du registre de la TVA.par rapport au chiffre d’affaires total de la classe NACE du commerce de détail en ligne, en utilisant les données du registre de la TVA. Cette pondération a également été corrigée pour tenir compte de la proportion d’entreprises dans l’enquête SSE qui sont affectées au commerce de détail en ligne mais qui ne réalisent pas plus de 50 % de leurs ventes en ligne.
- Pondérations basées sur les marges commerciales de la sous-section de la population de l’enquête qui est E-Tail par rapport aux marges commerciales de l’ensemble du secteur de la vente au détail.
En comparant les trois poids d’échelle, nous constatons que le poids d’échelle standard présent dans le SSE ressemble beaucoup à l’estimation basée sur le revenu total de la sous-population du commerce de détail en ligne. La pondération basée sur les marges commerciales est nettement plus importante. Pour cette raison, CBS applique les pondérations d’échelle des SSE aux valeurs des différents produits et industries extraites du SBS.
Comme pour les industries à facilitation numérique et les plateformes intermédiaires numériques, les valeurs du sous-ensemble SBS de E-Tailers sont comparées aux valeurs de l’échantillon SBS complet afin d’obtenir des fractions pour chaque combinaison produit-industrie. L’application de ces fractions aux TRE standard permet d’obtenir des valeurs à réallouer qui correspondent aux agrégats des TRE.
– S’agissant du Commerce de gros, dans les TRE standard, l’industrie du commerce de gros est divisée en dix sous-classes, similaires aux classes à trois ou quatre chiffres de la classification NACE pour les industries économiques. En compilant les DTRE, l’objectif est de réaffecter les entreprises des industries du commerce de gros qui vendent la majorité de leurs biens en ligne de leur industrie d’origine à l’industrie numérique du commerce de détail électronique.
Deux classes spécifiques de la section du commerce de gros sont incluses dans l’industrie numérique, à savoir le « commerce de gros d’ordinateurs, d’équipements périphériques et de logiciels » (NACE Rév. 2, 46.5.1) et le « commerce de gros d’équipements et de pièces électroniques et de télécommunications » (NACE Rév. 2, 46.5.2). Selon l’arbre de décision des lignes directrices de l’OCDE, l’E-Tailing a la priorité sur l’Enabling. Par conséquent, toute unité commerciale relevant de la classe 46.5.1 ou 46.5.2 de la NACE mais générant plus de 50 % de son chiffre d’affaires en ligne est réaffectée à l’industrie de la vente au détail électronique plutôt qu’à l’industrie de l’habilitation numérique.
Le point de départ consiste à identifier les unités de l’échantillon de l’enquête sur l’utilisation des TIC qui réalisent la majorité de leurs ventes par voie numérique. L’enquête sur l’utilisation des TIC est réalisée sous la forme d’un échantillonnage aléatoire stratifié. Les plus grandes entreprises (sur la base du nombre d’employés) sont toutes incluses dans l’échantillon, et la probabilité de sélection diminue au fur et à mesure que les entreprises emploient moins de personnes. Les entreprises échantillonnées sont pondérées pour tenir compte des différences de probabilité d’inclusion et pour augmenter l’échantillon par rapport à la population totale de l’industrie. Une approche de base consiste à utiliser la part des entreprises de commerce électronique basée sur le nombre de personnes employées, ou le chiffre d’affaires après avoir appliqué des pondérations aux entreprises de l’échantillon, et à appliquer simplement cette part aux données des TRE dans les industries du commerce de gros. Cela suppose que les détaillants électroniques ont la même structure de production, de consommation intermédiaire et de valeur ajoutée que les non-détaillants dans la même industrie.
Dans l’enquête par sondage sur l’utilisation des TIC, les classes de taille plus importantes comprennent davantage de détaillants en ligne. Les pondérations réduisent la part des détaillants électroniques dans le commerce de gros. Par exemple, la part des détaillants électroniques est de 38% sur la base des revenus et de 32% sur la base des employés. Après avoir appliqué des pondérations à ces parts, pour corriger la probabilité d’inclusion dans l’échantillon, elles sont réduites à 23% et 18% respectivement.
Les pondérations pour les recettes n’aboutissent pas à une estimation correcte des recettes totales de l’industrie. En appliquant les pondérations aux recettes du registre de la TVA des entreprises de l’échantillon, on obtient 82% du chiffre d’affaires total pour les entreprises de vente en gros (de deux personnes ou plus employées). Les pondérations de l’enquête sur l’utilisation des TIC pour les employés offrent une correspondance (98%) du nombre total de personnes employées dans l’industrie du commerce de gros. La part du nombre de personnes employées est donc préférée à la part du chiffre d’affaires. Les pondérations corrigent la probabilité de sélection par classe de taille, de sorte que les parts pondérées des détaillants électroniques pour chacune des dix sous-classes de grossistes sont appliquées à tous les chiffres de la production, de la consommation intermédiaire et de la valeur ajoutée.
Le niveau de compilation des TRE standard différencie 10 sous-classes de l’industrie du commerce de gros, ce qui conduit à un faible nombre de répondants pour chaque sous-classe. Ce problème est exacerbé lorsqu’on fusionne les échantillons SBS et d’utilisation des TIC, ce qui pourrait être une raison d’utiliser la méthode de base.
Pour l’industrie du commerce de gros dans son ensemble, la différence dans la part des détaillants électroniques dans la valeur ajoutée estimée entre l’approche affinée incluant une correction pour la surreprésentation des détaillants électroniques (16,2%) et la méthode de base (18%) est faible. Les sous-classes « Commerce de gros de combustibles solides, liquides et gazeux et de produits connexes » et « Commerce de gros de déchets et débris » ne contiennent aucune unité commerciale classée comme « E-Tailers ». La part des e-commerçants est la plus importante pour le commerce d’articles ménagers.
Les plateformes d’intermédiaires numériques comprennent 14 grossistes. Aucun d’entre eux n’est inclus dans l’échantillon de l’enquête sur l’utilisation des TIC. L’éventuel chevauchement entre ces deux industries numériques reste donc inconnu, car les unités commerciales concernées ne sont pas incluses dans l’échantillon.
La méthode de base, fondée sur la part des détaillants électroniques dans les personnes employées par les entreprises de gros dans l’enquête sur l’utilisation des TIC, est utilisée dans nos DTRE finales. La combinaison de l’échantillon sur l’utilisation des TIC et de l’échantillon SSE (dans l’approche affinée) réduit la robustesse car le nombre d’unités commerciales disponibles est réduit, et ce de manière disproportionnée, ce qui entraîne une surreprésentation des détaillants électroniques.
5 – Entreprises fournissant des services financiers et d’assurance uniquement numériques
Selon les lignes directrices de l’OCDE, cette industrie « ne contiendrait que les unités qui opèrent exclusivement de manière numérique, sans interaction physique avec les consommateurs ».
Les sources de données sur l’interaction avec les consommateurs sont limitées aux questions concernant les ventes en ligne dans l’enquête sur l’utilisation des TIC. La plupart des sous-classes de la section « K – Activités financières et d’assurance » de la NACE sont incluses dans cette enquête, mais les « fiducies, fonds et entités financières similaires » (NACE Rév. 2, 64.3) ne le sont pas. Au total, six unités commerciales ont répondu que toutes les ventes étaient effectuées en ligne. La part pondérée de ces unités dans l’ensemble des unités de l’industrie financière est de 0,8 %. Pour des raisons pratiques, cette part entière de la section K a été attribuée à l’industrie « Assurance, réassurance et caisses de retraite, à l’exception de la sécurité sociale obligatoire » qui détient la majorité de la petite part.
De nombreuses marques d’assurance et de banque sont présentées comme des entreprises en ligne, mais les marques ou les labels sont détenus et exploités par un petit nombre de très grandes unités commerciales qui gèrent à la fois des marques en ligne et des modèles mixtes (en ligne, par téléphone et dans les bureaux). Les nombreux exemples de compagnies d’assurance en ligne connus du public ne remplissent pas le critère « pas d’interaction physique avec les consommateurs » au niveau de l’unité commerciale.
On peut également envisager d’inclure les producteurs spécialisés de services financiers numériques (Fintech) aux industries numériques. Les services concernés peuvent être des services de paiement numérique, des services de crypto-monnaie et des courtiers en ligne. Il est difficile de délimiter les unités concernées, car ces services numériques peuvent être fournis par des unités qui offrent également d’autres services (non) numériques.
Pour l’instant, cette industrie numérique se limite à une petite part (0,8 %) de la section NACE « K – Activités financières et d’assurance », sur la base de l’enquête sur l’utilisation des TIC.
6 – Les autres producteurs n’opèrent que sous forme numérique
Cette catégorie doit inclure les producteurs qui vendent et fournissent des services exclusivement sous forme numérique. Les exemples fournis dans les lignes directrices sont les services de streaming et de jeux. Plusieurs approches ont été testées afin d’identifier les entreprises concernées.
Le projet « Measuring the internet economy in the Netherlands » (a classé les entreprises sur la base du contenu de leur site web. Les classes de l’économie de l’internet « Services en ligne » et « TIC liées à l’internet », en particulier, étaient censées inclure des entreprises pertinentes pour l’industrie numérique « autres producteurs opérant uniquement par voie numérique ». Toutes les entreprises de ces classes, à l’exclusion de celles qui sont 16
Toutes les entreprises de ces classes, à l’exclusion des entreprises présentes dans d’autres industries numériques (sur la base de la classe NACE ou de l’identifiant des unités individuelles dans le registre des entreprises), ont été analysées. De nombreuses entreprises ne sont pas pertinentes pour les « autres producteurs opérant uniquement par voie numérique »4 , car un site web ne donne pas le poids d’un produit dans le portefeuille d’une entreprise, et une entreprise peut exploiter plusieurs noms de domaine. Par exemple, une fabrique de meubles qui vend ses meubles sur son propre site web peut être considérée comme un fabricant plutôt que comme un détaillant électronique.
Les lignes directrices suggèrent de « cibler les grands exemples connus du public comme indicateur de l’ensemble de l’industrie numérique ». Cette approche a été appliquée aux services de diffusion en continu, aux jeux et à d’autres sites web populaires aux Pays-Bas.
Le secteur de la diffusion en continu de films cinématographiques compte quelques acteurs importants. Cinq des services de streaming les plus populaires ont été étudiés. Sur ces cinq services, quatre sont des entreprises locales, tandis que le cinquième fournit des services aux consommateurs néerlandais depuis l’étranger. Parmi ceux qui ont une représentation nationale, un seul est un service de diffusion en continu spécialisé. Les autres sont des services de diffusion en continu exploités par des entreprises (dans une seule unité statistique) qui gèrent également des chaînes de télévision ou des cinémas. Il se peut donc qu’ils ne correspondent pas à la définition des producteurs exclusivement numériques. Une autre question concernant les services de diffusion en continu est celle de la production de contenu interne. La production de contenu est-elle une activité exclusivement numérique ou se limite-t-elle à la distribution numérique ?
L’examen de quatre entreprises de jeux révèle que la distribution des jeux est intégrée au développement des jeux informatiques. Deux des quatre entreprises concernées sont enregistrées dans le secteur de la vente en gros (de jouets), bien que dans un cas, le site web indique que les jeux sont développés en interne. Une entreprise plus petite qui vend des marchandises, développe des jeux et gère une chaîne Youtube fait partie des « activités de services de soutien aux entreprises n.c.a. » (NACE Rév. 2, 82.9). La quatrième société de jeux est déjà incluse dans les industries numériques (« Activités de programmation informatique », NACE 62.0.1). Dans deux cas au moins, les jeux ne sont pas seulement commandés et livrés numériquement, mais aussi physiquement.
Les sites web les plus populaires aux Pays-Bas comprennent les moteurs de recherche, d’autres plateformes intermédiaires en ligne, les détaillants électroniques et les médias en ligne. Certains médias en ligne sont uniquement des marques en ligne, tandis que beaucoup d’autres sont les jumeaux numériques de la presse écrite ou des chaînes de télévision. Même si la marque est uniquement en ligne, les marques les plus populaires sont toutes exploitées par de grandes entreprises médiatiques et les marques en ligne n’ont pas d’unité commerciale statistique distincte.
b) Les produits numériques
Les quatre produits numériques qui entrent dans le champ d’application du SCN 2008 sont inclus dans les DTRE. Les produits numériques « hors SCN », les données et les services gratuits, ne font pas partie de notre recherche. Deux produits numériques, les « biens TIC » et les « services numériques tarifés, à l’exception des services d’informatique en nuage et des services numériques intermédiaires », sont basés sur des codes de la classification des produits CPC 2.1 qui sont énumérés dans les lignes directrices de l’OCDE pour les TUS numériques.
Les « services d’informatique en nuage tarifés » sont définis comme des logiciels en tant que services (SaaS), des plateformes en tant que services (PaaS) et des infrastructures en tant que services (IaaS) dans les lignes directrices de l’OCDE. Une référence (Eurostat, 2018) aux classes de la classification des produits CPA 2.1 est fournie et contient les codes de produits suivants : CPA 58.2 (« Services d’édition de logiciels ») pour le SaaS ; CPA 62.01 (« Services de programmation informatique ») pour le PaaS et CPA 63.11.1 (« Traitement des données, hébergement, services d’application et autres services de mise à disposition d’infrastructures informatiques »).
Le quatrième produit numérique concerne les frais produits par les plateformes d’intermédiation numérique : « Services d’intermédiation numérique tarifés ». Ceux-ci ne sont pas spécifiés dans les classifications de produits existantes (CPA/CPC/BPM6). Nous avons donc utilisé la population des entreprises de plateformes utilisées pour remplir l’industrie numérique, et la part des activités de plateformes dans leur emploi total ou leur chiffre d’affaires.
L’offre et l’utilisation des produits numériques sont compilées à l’aide de multiples sources de données et de méthodes qui diffèrent à la fois pour chaque produit numérique et pour les différentes colonnes d’offre et d’utilisation.
1 – Production nationale
Tous les biens TIC figurant sur la liste des produits TIC de l’OCDE qui coïncident individuellement avec un produit du niveau de travail des comptes nationaux néerlandais sont intégralement transférés vers les biens TIC. Cela signifie que chaque colonne de fourniture et d’utilisation de ce bien est transférée, y compris la production intérieure. Les produits sont identifiés en couplant les codes CPA 2.1 qui correspondent aux codes CPC 2.1 dans les lignes directrices de l’OCDE pour les DTRE. Les ordinateurs, les commutateurs intégrés et les supports magnétiques et optiques sont des exemples de produits qui sont transférés dans leur intégralité.
Plusieurs codes de produits dans les TRE néerlandais standard se composent à la fois de biens TIC et d’autres biens. Dans ces cas, les codes de produits pertinents et leurs « parts de biens TIC » sont basés sur les données PRODCOM lorsque cela est possible. PRODCOM fournit des statistiques sur la production de biens manufacturés par les entreprises dans les sections B et C de la classification NACE. Les produits dans la classification CPC (des lignes directrices de l’OCDE) sont liés aux codes CPA, qui à leur tour sont liés aux codes PRODCOM à 6 chiffres. Comme les données PRODCOM concernent directement la production intérieure, leur utilisation est privilégiée. Cependant, sa classification n’est souvent pas assez détaillée pour distinguer les biens TIC des biens non-TIC au niveau de détail le plus élevé. Pour les produits pour lesquels la spécification PRODCOM manque de détails, la méthode alternative est donc d’utiliser les données sur les statistiques du commerce international des biens (ITGS).
- Services numériques tarifés, à l’exception des services d’informatique en nuage et des services d’intermédiaires numériques, services d’informatique en nuage tarifés.
Afin de spécifier les services numériques tarifés, nous utilisons à nouveau la liste CPC des lignes directrices de l’OCDE (2019). L’approche pour la production nationale est largement similaire à l’approche pour les biens TIC. Les lignes directrices sont indiquées dans la classification CPC 2.1. À partir de là, la classification CPC 2.1 peut être convertie en CPC 2.0. Cette dernière peut à son tour être convertie en CPA, qui peut ensuite être convertie en la classification requise utilisée dans les TRE néerlandais. Là encore, certains cas ont fait l’objet d’un jugement individuel.
Tout d’abord, tous les services figurant dans les lignes directrices de l’OCDE qui coïncident individuellement avec une classe de produits dans les TRE néerlandais sont transférés dans leur intégralité aux services numériques tarifés, ce qui signifie que la production nationale est également transférée. Pour les services qui ne constituent qu’une partie d’un code de produit dans les TRE néerlandais, les méthodes employées pour déterminer la fraction à transférer diffèrent en fonction de la disponibilité des données. Dans certains cas, l’enquête structurelle sur les entreprises contenait des informations supplémentaires sur les services fournis, ce qui nous a permis de déterminer la proportion d’un code de produit constituée de services numériques, à l’exception des services d’informatique en nuage et des services d’intermédiation numérique. Les services d’installation à considérer comme des services numériques pourraient être distingués des autres services de réparation/maintenance/installation grâce aux données PRODCOM. Enfin, pour les services industriels, les fractions de services numériques des codes de produits sous-jacents au niveau à deux chiffres sont prises et pondérées pour obtenir une fraction pondérée unique.
Pour les services d’édition de logiciels, l’enquête structurelle sur les entreprises est utilisée. Cette enquête comporte plusieurs questions sur les logiciels (en ligne) et les bases de données ou les activités de traitement des données. Les éléments pertinents de la spécification du chiffre d’affaires de l’enquête SBS sont les suivants
– Logiciels d’application
– Téléchargements de logiciels
– Logiciels en ligne
– Logiciels système
– Traitement des données, hébergement de sites web et activités connexes
Les résultats des réaffectations de produits (CPA) à ces produits numériques sont présentés au graphique suivant.
Composition de la production de « services numériques tarifés, à l’exception des services en nuage et des services d’intermédiaires numériques » (gauche) et de « services d’informatique en nuage tarifés » (droite) 
- Services numériques intermédiaires payants
Dans le sous-ensemble d’entreprises identifiées comme étant des plates-formes d’intermédiaires numériques résidentes dans la section sur l’industrie numérique, nous prenons d’abord la sous-section qui est constituée de plates-formes payantes. Nous récupérons ensuite le pourcentage d’employés travaillant spécifiquement pour chaque plateforme comme indicateur de la part de la production qui doit être considérée comme un service d’intermédiation numérique payant. Ces parts sont appliquées aux données SSE sur la production de toutes les unités commerciales qui sont au moins partiellement des plateformes payantes. L’hypothèse est que les parts de l’emploi peuvent être appliquées à la production. L’incertitude de cette hypothèse est faible, étant donné que les plus grandes entreprises sont des plateformes intermédiaires numériques entièrement spécialisées. Enfin, en utilisant une table de correspondance entre les classifications de produits dans l’enquête SSE et les classifications de produits dans les TRE finales, nous pouvons calculer la fraction des services de plateforme (payants) dans la production totale de chaque combinaison d’industrie et de produit. Ces fractions sont réaffectées de leur produit d’origine aux services intermédiaires numériques payants. Les classifications industrielles utilisées dans les données SBS sont déjà élargies pour inclure les industries numériques, de sorte que les valeurs ne doivent être déplacées qu’entre les produits, et non entre les industries.
2 – Commerce international
Dans le cadre de l’OCDE pour les DTRE, les biens de TIC sont définis dans la classification CPC 2.1 à 5 chiffres. Les statistiques du commerce international de biens sont classées de manière plus détaillée, mais légèrement différente, par la nomenclature combinée (NC) à 8 chiffres. Pour identifier les biens TIC dans les statistiques du commerce international des biens, une table de correspondance entre le SH 2017 et la CPC 2.1 d’Eurostat a été utilisée. Le SH 2017 est le système harmonisé de désignation et de codification des marchandises, qui correspond à la classification de la NC au niveau de 6 chiffres. Certains codes SH comprennent des biens TIC et des biens non TIC. Nous avons évalué manuellement ces cas et avons constaté qu’en général, les produits TIC représentaient une part importante du code SH. Nous avons donc décidé de classer l’ensemble du code SH en tant que produit informatique dans ces cas. Néanmoins, cela signifie que toute estimation de la taille des produits numériques lorsque cette situation se produit est susceptible d’être légèrement surestimée.
L’étape suivante consiste à calculer la part des biens TIC pour chaque bien dans les TRE standard. Cette part sera réattribuée du code produit standard au produit de biens TIC dans les TRE numériques. Pour ce faire, une table de correspondance entre les codes NC et les produits des TRE est disponible pour un usage interne au CBS.
Les statistiques du commerce international des biens sont alors mises en correspondance avec la classification des produits des TREs par une table de correspondance. Pour chaque code, la part des biens TIC dans la catégorie totale a été calculée. Cette part est multipliée par la valeur de la catégorie de biens dans les tableaux des ressources et des emplois existants et déplacée vers les biens TIC dans les tableaux numériques des ressources et des emplois.
- Services numériques tarifés à l’exception des services d’informatique en nuage et des services d’intermédiaires numériques
Afin de spécifier le commerce international des services numériques tarifés, nous utilisons à nouveau la liste de codes de services recommandée dans les lignes directrices, également indiquée dans la classification CPC 2.1. Ces codes sont mis en correspondance avec la classification pertinente pour les statistiques du commerce international des services (ITSS), après quoi les services pertinents sont retenus. Une fois de plus, les services qui coïncident individuellement avec un produit numérique sont transférés dans leur intégralité.
- Services intermédiaires numériques tarifés
Pour déterminer le commerce international de services intermédiaires numériques tarifés, la population des plateformes résidentes est pertinente pour le chiffre d’exportation. Pour les exportations, l’ITSS ne contient que des informations détaillées sur les types de services échangés pour quelques entreprises sélectionnées. Cependant, ce petit sous-ensemble d’entreprises représente la grande majorité du chiffre d’affaires de toutes les plateformes. Pour ce sous-ensemble, la part exacte des frais d’intermédiaire dans le commerce total (dans la classification des produits TRE) peut être calculée à l’aide de ce niveau de classification détaillé. Pour les petites entreprises de la population, seul le montant total des exportations est disponible. Dans ces cas, la totalité de leurs exportations est supposée être des services intermédiaires numériques. Sur la base de ce sous-ensemble d’entreprises, une part de services intermédiaires numériques est calculée pour chaque produit dans la classification des produits TRE.Les importations de services intermédiaires numériques tarifés ne sont pas présentes dans les sources de données disponibles. Pour l’intermédiation de type Airbnb pour les locations de vacances, une estimation est disponible (CBS, 2017), mais elle ne couvre évidemment pas toutes les importations de services intermédiaires numériques provenant de plateformes non résidentes.
3 – Formation brute de capital fixe
Pour la formation brute de capital fixe (FBCF) des biens et services TIC (hors cloud et non intermédiaires), CBS réaffecte exactement les mêmes parts utilisées pour la production nationale des produits TRE standard à leurs produits numériques respectifs. Cependant, après discussion interne avec des experts sur le sujet, trois exceptions à cette règle ont été appliquées. Pour ces exemptions, nous utilisons les données de l’enquête sur la formation brute de capital fixe. Cette enquête précise les valeurs pour chaque secteur par produit. Les exceptions susmentionnées sont les suivantes :1. « Services d’architecture et d’ingénierie ; services d’essais et d’analyses techniques » (CPA 2.1, 71). Pour cela, la valeur est tirée du secteur Télécommunications pour le produit machines et installations.2. « Services de licence pour le droit d’utiliser la propriété intellectuelle et des produits similaires, à l’exception des œuvres protégées par le droit d’auteur » (CPA 2.1, 77.4). Tous les investissements réalisés sous cette rubrique sont des logiciels, en tant que tels, ils sont classés dans leur intégralité comme FBCF.3. « Autres services d’édition de logiciels » (CPA 2.1, 58.29). Dans notre approche de production, ce bien est réparti entre les services TIC et les services cloud payants. Après avoir examiné les principaux investisseurs de ce groupe, nous décidons de placer tous les investissements sur les services TIC.
4 – Consommation intermédiaire et consommation finale des ménages
Tous les biens et services des lignes directrices de l’OCDE qui coïncident directement avec un produit de la classification des produits des comptes nationaux néerlandais sont transférés dans leur intégralité, de sorte que la consommation intermédiaire et la consommation finale des ménages de ces biens sont également transférées. Cependant, pour les produits qui sont partiellement transférés vers des produits numériques, aucune donnée n’est disponible sur la consommation intermédiaire, ni sur la consommation des ménages, de la part qui est numérique. Pour ces produits, la consommation intermédiaire et la consommation finale des ménages sont estimées sur la base de la « méthode des équilibres-ressources-emplois« . Ainsi dans les équipements photo et cinématographiques, les parts sont réaffectées du produit standard au produit numérique. Ces parts sont estimées pour la production, les importations, les exportations et la FBCF en fonction des sources de données disponibles. Mais on a des DTRE où les ressources et les emplois pour les produits numériques et le produit standard partiellement affecté par les déplacements sont déséquilibrés. Cette différence entre les ressources et les emplois a deux causes :
– Les parts des produits standards déplacées vers un produit numérique sont déterminées indépendamment pour les colonnes des ressources et des emplois, lorsque les sources de données sont disponibles. Les parts des produits numériques appliquées diffèrent pour chacune des colonnes disponibles. Par exemple, la part des biens TIC dans les machines de bureau est de 13 % pour la production nationale, mais de 16 % pour les exportations.
– Les parts ne sont pas disponibles pour plusieurs colonnes d’emploi. Par exemple, la consommation intermédiaire des services de cloud computing n’est présente dans aucune source de données.
Afin d’équilibrer ressources et emplois des produits numériques et des produits standards qui ont été déplacés en partie vers les produits numériques, on calcule des déplacements supplémentaires des produits standards vers les produits numériques pour les colonnes du côté des emplois qui ne sont pas couvertes par les sources de données disponibles. Les déplacements supplémentaires sont calculés pour chaque combinaison de produits standards et numériques dans les déplacements du côté des ressources. Le tableau suivant présente un exemple de produit numérique, qui est composé en partie des produits standards B et C. Ces déplacements donnent lieu à des DTRE déséquilibrés pour les produits individuels. L’objectif est de calculer des déplacements dans les colonnes d’emplois qui donnent lieu à des déplacements égaux du côté de l’offre et des emplois pour chaque paire de produits standard et numériques (B vers A et C vers A sont les paire). Les déplacements calculés pour la production, les importations, les exportations et la FBCF sont supposés corrects.
Exemple de passage d’un produit standard à un produit numérique pour les colonnes où les sources de données facilitent les estimations 
Le calcul des déplacements supplémentaires nécessaires pour équilibrer l’offre et l’utilisation de chaque produit s’effectue en trois étapes :
1/ L’emploi totale à déplacer pour un équilibre entre l’offre et l’utilisation est calculée pour chaque combinaison de produit standard et numérique. Le tableau suivant montre qu’un équilibre entre l’offre et l’utilisation est obtenu par un déplacement supplémentaire de l’utilisation du produit standard B vers le produit numérique A de 230 millions d’euros.
L’emploi total à déplacer afin d’équilibrer l’offre et l’utilisation pour chaque paire de produits standard et numériques

2/ Afin de calculer les montants à transférer vers les produits numériques pour chaque colonne d’utilisation vacante, la part de chacune de ces colonnes dans le total de toutes les colonnes d’utilisation vacante pour le produit standard a été calculée (voir tableau suivant).
Les valeurs de la colonne d’utilisation individuelle non couvertes par les sources de données dans le total et les parts de chaque colonne dans le total des colonnes concernées pour chaque produit standard 
L’emploi total à déplacer pour chaque paire produit standard-produit numérique (étape 1) est combinée avec les parts de colonne calculées à l’étape 2. Cela donne un déplacement pour chaque colonne. L’application de ces déplacements aux colonnes d’utilisation pertinentes dans les TRE standard donne des DTRE équilibrés, comme dans l’exemple du tableau 4.4. La consommation finale des ménages déplacée de B vers A est de 60 % * 230 millions d’euros = 138 millions d’euros. Le déplacement de C vers A est de 13,4 millions d’euros. Le total estimé de la consommation finale des ménages du produit numérique A est donc de 151,4 millions d’euros.
Utiliser les colonnes complétées pour les DTRE équilibrés 
c) Résultats
Sont évalués ici les indicateurs clés sur la base des TRE (numériques). CBS évalue l’impact économique de chacune des industries numériques spécifiées séparément. La production, la valeur ajoutée brute et leurs parts respectives dans le total de toutes les industries combinées sont présentées pour toutes les industries numériques dans le tableau suivant. Les plus grands contributeurs à l’économie numérique néerlandaise sont les industries favorisant le numérique. Les industries favorisant le numérique contribuent à hauteur de 36 milliards d’euros au PIB, dont 29 milliards proviennent des industries de services. Les grossistes en ligne jouent également un rôle important dans l’économie numérique, contribuant à hauteur de 11 milliards au PIB. Enfin, les entreprises financières exclusivement numériques contribuent très peu à l’économie néerlandaise, en raison de la classification très stricte de cette industrie dans les lignes directrices DTRE. Cette mesure de l’économie numérique contribue à hauteur de 8 % à la valeur ajoutée brute de l’économie néerlandaise en 2018 et constitue la cinquième industrie la plus importante.
On note que la production des branches d’activités numériques est de 137,4 milliliards d’euros contre 127,3 Mds à la production des produits numériques. Ceci s’explique par le fait que le Tableau-ressources-emplois des Pays-Bas est en secteur d’activité donc incluant des activités secondaires d’autres services et autres biens que ceux du numériques (voir page Tableau ressources emplois).
Production et valeur ajoutée brute par industrie numérique aux Pays-Bas, 2018, en milliards d’euros
Tout comme pour les secteurs, les comptables ont pu également évaluer en détail chaque groupe de produits numériques. Le tableau suivant présente chaque catégorie d’offre et d’utilisation, ainsi que les totaux, pour chaque produit numérique spécifié. En termes de production nationale, les services numériques tarifés autres que les services de cloud computing représentent une part substantielle des produits numériques, avec une production de 67 milliards par les entreprises néerlandaises. En termes d’offre et d’utilisation totales, les biens TIC sont toutefois plus importants que les services numériques susmentionnés. Cela est dû au nombre élevé d’importations et d’exportations, 52 et 60 milliardsrespectivement. Pour les services intermédiaires numériques, ni l’offre totale ni l’utilisation totale ne sont actuellement présentes dans les sources de données disponibles.
Total des produits numériques, aux Pays-Bas en 2018 en milliards d’euros
3/ Les États-Unis
Le Bureau d’analyse économique (BEA) inclut dans sa définition de l’économie numérique quatre grands types de biens et services :
- Infrastructure, ou les matériaux physiques de base et les dispositions organisationnelles qui soutiennent l’existence et l’utilisation des réseaux informatiques et de l’économie numérique, principalement les biens et services des technologies de l’information et de la communication (TIC).
- Le commerce électronique, ou vente à distance de biens et de services via des réseaux informatiques.
- Services numériques payants, ou services liés à l’informatique et à la communication, fournis moyennant des frais facturés au consommateur.
- Les services numériques fédéraux non liés à la défense représentent le budget annuel des agences gouvernementales fédérales non liées à la défense dont les services sont directement liés au soutien de l’économie numérique.
Le BEA a publié son compte satellite de l’économie numérique en 2022. Il- couvre la période allant de 2017 à 2022.
Parmi les activités détaillées, les logiciels représentaient la plus grande part de la valeur ajoutée dans l’économie numérique, avec 24 %, suivis par les services de télécommunication (18 %) et le commerce électronique interentreprises (16 %). Alors que les logiciels ont connu la plus forte augmentation de la valeur ajoutée en dollars courants entre 2017 et 2022 (216 milliards de dollars), , les services en nuage ont connu la croissance la plus rapide, soit 232,1 % entre 2017 et 2022, avec un taux de croissance annuel moyen de 27,2 % (premier graphique suivant).
En 2017 comme en 2022, le secteur de l’information est celui qui contribue le plus à la valeur ajoutée de l’économie numérique, , passant de 717 milliards de dollars en 2017 à 1 024 milliards de dollars en 2022, soit un taux de croissance annuel moyen de 7,5 %. Les services professionnels et les services aux entreprises ont été le deuxième secteur contribuant le plus à la valeur ajoutée de l’économie numérique en 2017 et en 2022, suivis par le commerce de gros, l’industrie manufacturière et le commerce de détail. Plus de 80 % de la production brute est ainsi produit par 3 branches :- l’information (43,2 %), – Commerce de gros (21,4 %), – les services professionnels et commerciaux et les services aux entreprises (16,6 %) (second graphique suivant).
Production brute de l’économie numérique aux États-Unis par activité en millions de dollars
Valeur ajoutée de l’économie numérique aux États-Unis par activité en millions de dollars
Valeur ajoutée de l’économie numérique aux États-Unis par activité en millions de dollars

Production brute de l’économie numérique aux États-Unis pour les principales branches en millions de dollars

Top 5 des secteurs d’activité contribuant à la valeur ajoutée de l’économie numérique en millions de dollars courants en 2017 et 2022
4/ Le Canada
La contribution de l’économie numérique au produit intérieur brut ( PIB ) total a augmenté, passant de 5,2 % (104 milliards de dollars) en 2017 à 5,9 % (123 milliards de dollars) pendant la pandémie de COVID – 19 en 2020 (https://www150.statcan.gc.ca/n1/daily-quotidien/210420/dq210420a-eng.htm). La part du secteur dans l’ensemble des emplois a suivi une tendance similaire, passant de 4,0 % du total des emplois en 2017 à 5,0 % en 2020. Alors que le nombre total d’emplois dans l’économie numérique est passé de 757 000 en 2017 à 879 000 en 2019, il a légèrement diminué à 872 000 en 2020. La production économique du secteur est restée stable alors que le reste de l’économie a diminué en 2020 et que l’emploi a diminué de 0,8 %, contre une baisse de 10,4 % dans les industries non numériques.
Le secteur des technologies de l’information et de la communication ( TIC ) a dominé la production dans les industries numériques, contribuant à 5,3 % du PIB total en 2020. Les détaillants et les grossistes opérant uniquement en ligne (0,27 % du PIB total ), les entreprises exclusivement numériques fournissant des services financiers et d’assurance (0,14 %) et les plateformes intermédiaires numériques (par exemple, les entreprises qui fournissent des services de livraison de restaurants) (0,12 %) se classent ensuite en termes de contributions.
Les industries du logiciel et des télécommunications ont contribué le plus à l’économie numérique. En 2020, les logiciels ont représenté 2,6 % du PIB et 2,4 % (422 000) des emplois. Les télécommunications ont contribué à hauteur de 1,9 % du PIB et de 0,7 % (121 000) des emplois.
Parmi les industries numériques, la contribution à l’emploi diffère sensiblement de la contribution au PIB. Le secteur des TIC a contribué à hauteur de 88,5 % au PIB du secteur numérique, mais avec une part nettement inférieure de 76,7 % des emplois en 2019. Cela s’explique principalement par le secteur des télécommunications, qui a contribué moins à l’emploi qu’au PIB et, à l’inverse, par le secteur des télécommunications. les intermédiaires numériques et les distributeurs en ligne, qui ont contribué davantage à l’emploi qu’au PIB. Les différentes contributions peuvent être observées à travers les grandes différences dans le ratio PIB/emploi de ces secteurs, qui variait de 299 000 dollars dans les télécommunications à 84 000 dollars pour les détaillants et grossistes uniquement en ligne, et un minimum de 35 000 dollars pour les intermédiaires numériques.
Branches d’activités numériques au Canada % du PIB
Tableau de l’offre numérique : total des produits, Canada en millions de dollars canadiens
Part de « l’industrie’ numérique dans le produit intérieur brut du Canada, 2019 en %
Source : https://www150.statcan.gc.ca/n1/daily-quotidien/210420/dq210420a-eng.htm
5/ L’Irlande
En 2020, 22 % de la production de l’économie a été commandée numériquement (154 milliards d’euros). Cela comprenait 21 milliards d’euros (3 % du total) de biens et 133 milliards d’euros (19 % du total) de services.
En 2020, environ 94 % des transactions dans le secteur des services financiers ont été réalisées par voie numérique. Ces transactions en ligne comprennent la fourniture d’assurances, de pensions, de gestion de fonds et de services bancaires en ligne.
Plus de 95 % des transactions dans le secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC) ont été réalisées en ligne. Ce secteur comprend la programmation informatique, l’édition, le cinéma et la radiodiffusion ou les services de streaming numérique.
Dans le secteur de la distribution et du transport, 46 % des produits ont fait l’objet de transactions numériques, principalement sous forme de commandes en ligne. Parmi ces transactions, on peut citer les réservations d’hôtel, les applications de livraison de repas ou les billets d’avion.
En 2020, seulement 10 % des produits du secteur Industrie ont été négociés en ligne.
En ce qui concerne les produits numériques, 38 % de la production de l’économie est constituée de produits numériques. Ces types de biens ou de services comprennent des articles tels que des livres électroniques ou des systèmes d’exploitation.
En comparant l’Irlande avec les Pays-Bas, l’un des rares pays à produire des estimations comparables, 22,6 % de la valeur de la production de l’économie néerlandaise a été livrée numériquement en 2018, contre 29 % pour l’Irlande la même année.
6/ La France
Ces comptes sont anciens (2016). Puisse l’enquête de 2024 sur le numérique permettre de les actualiser.
a) Les entreprises du numérique et leurs salariés
Fin 2017, 191 200 unités légales (sociétés ou entreprises individuelles) exercent leur activité principale dans le domaine des TCSI, soit 4,1 % de l’ensemble des unités légales de l’économie marchande non agricole. Plus de la moitié de ces unités légales exercent une activité de programmation, conseil et autres activités informatiques. 22 % des unités légales des TCSI sont des micro‑entrepreneurs. Les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire réalisent trois quarts du chiffre d’affaires des secteurs des TCSI, davantage que dans l’ensemble de l’économie (hors secteurs agricole et financier). En outre, comme dans de nombreux secteurs, les entreprises appartenant à des firmes multinationales ont un poids prépondérant dans les secteurs des TCSI (79 % du chiffre d’affaires).
Les TCSI sont des secteurs innovants. Entre 2014 et 2016, trois quarts des sociétés des TCSI ont innové, contre la moitié pour l’ensemble des sociétés de 10 salariés ou plus. Les sociétés des TCSI sont un peu plus nombreuses à introduire des innovations technologiques (62 %) que non technologiques (en organisation, marketing, etc. ; 59 %). C’est l’inverse pour l’ensemble des sociétés : 33 % introduisent des innovations technologiques et 42 % des innovations non technologiques. Les sociétés des TCSI se caractérisent d’ailleurs par une présence plus importante des personnels dédiés aux activités de recherche et développement expérimental que dans l’ensemble des entreprises effectuant des travaux de R&D).
Les secteurs des TCSI emploient aussi des personnes dont la profession ne relève pas du numérique (fonctions supports notamment : assistants, comptables, etc.). À l’inverse, les professions spécialisées dans le numérique peuvent s’exercer en dehors des secteurs des TCSI (voir page Secteur tertiaire). Les approches par secteurs et par métiers se croisent, mais ne se recouvrent pas. Fin 2016, 925 000 salariés travaillent dans les secteurs des TCSI en France hors Mayotte. Ils représentent 3,7 % de l’emploi salarié total, une part un peu moins élevée qu’en 2000 avant l’éclatement de la bulle internet. Entre 2000 et 2016, l’emploi salarié a progressé de manière vigoureuse dans les activités informatiques et les services d’information (+ 149 000 emplois entre 2000 et 2016 . À l’opposé, l’emploi a fortement reculé dans la fabrication de produits informatiques et dans les télécommunications .
Évolution de l’emploi salarié dans les secteurs des TCSI de 2000 à 2016

Depuis 2000, la tendance de l’emploi salarié varie fortement selon les secteurs des TCSI. Celui des activités informatiques et des services d’information a progressé de manière vigoureuse, passant de 255 000 emplois salariés en 2000 à 404 000 en 2016, soit une hausse de 59 %. Notamment, les activités de programmation et de conseil informatiques, qui composent 87 % de ce secteur en 2016, représentent près de deux emplois salariés des TCSI sur cinq en 2016, contre moins d’un sur cinq en 2000. À l’opposé, l’emploi du secteur de la fabrication de produits informatiques a fortement diminué (– 32 %), davantage même que l’industrie dans son ensemble (– 24 %). Dans les télécommunications, l’emploi salarié a aussi fortement reculé (– 34 %). Les dynamiques des autres secteurs sont moins marquées. Au total, la forte hausse dans le secteur des activités informatiques et des services d’information (+ 149 000) a été en grande partie contrebalancée par les baisses dans les télécommunications et dans la fabrication de produits informatiques (– 62 000 emplois dans les deux secteurs).
Part de l’emploi salarié dans les TCSI et évolution de l’emploi dans les TCSI de 2000 à 2016
b) l’économie numérique au sens restreint : 6% de la valeur ajoutée
En 2016, les TCSI représentent 6,0 % de la valeur ajoutée (en valeur) de l’économie française, comme en moyenne dans l’Union européenne et à peu près comme aux États-Unis et en Australie (voir chapitre 10). Elles sont principalement composées de la branche programmation, conseils et autres activités informatiques (39 %) et de celle des télécommunications (21 %). L’édition, qui recouvre notamment la production de logiciels standards (11 %), et la fabrication de produits informatiques, électroniques et optiques (10 %), représentent également des parts importantes de cette valeur ajoutée. Depuis 1999, la part de la branche industrielle se réduit (– 7 points entre 1999 et 2016), comme celle des télécommunications (– 5 points), au profit de la programmation, du conseil et des autres activités informatiques (+ 10 points). Depuis près de vingt ans, la croissance de la valeur ajoutée des TCSI en volume est plus dynamique que l’ensemble de l’économie, en particulier au début des années 2000 et depuis 2012.
Technologies, contenus et supports de l’information (TCSI)

La part liée aux TCSI dans la valeur ajoutée totale en volume croît entre 2000 et 2016, passant de 3,6 % à 5,8 %, hors activité liée au commerce de gros d’équipements de l’information et de la communication. En revanche, celle en valeur (cette fois‑ci y compris commerce de gros d’équipements de l’information et de la communication) a connu des évolutions plus contrastées liées à une évolution des prix des branches des télécommunications et de la fabrication de produits informatiques, électroniques et optiques : elle croît jusqu’à 7,0 % de la valeur ajoutée en 2002, puis baisse jusqu’à atteindre un creux en 2014 à 5,7 %. Depuis 2015, elle augmente de nouveau du fait principalement d’une hausse du volume et de prix plutôt stables (figure2).
Au début des années 2000, la croissance des TCSI est principalement liée à celle des télécommunications. En volumes chaînés, entre 2001 et 2002, la valeur ajoutée augmente en moyenne annuelle de 1,5 % dans l’ensemble de l’économie, alors qu’elle progresse de 7,0 % pour les TCSI, dont 5,9 points proviennent des télécommunications. Entre 2003 et 2008, la branche des TCSI ralentit légèrement : en moyenne annuelle, elle croît de 5,2 %, portée principalement par les services de télécommunications et de la programmation, conseil et autres activités informatiques. Entre 2009 et 2011, à la suite de la crise, la branche est moins dynamique avec une croissance annuelle moyenne de + 2,5 % ; le ralentissement est imputable aux branches de l’édition et de la programmation. Depuis 2012, la branche des TCSI est particulièrement dynamique comparée à l’ensemble de l’économie (+ 3,3 % de croissance annuelle moyenne contre + 0,9 %). La branche de la programmation, conseil et autres activités informatiques et celle des télé‑communications sont les principales contributrices à cette croissance (respectivement 1,5 et 1,1 point)
Part de la valeur ajoutée des TCSI dans l’économie totale de 1999 à 2016

Composition de la valeur ajoutée des TCSI de 1999 à 2016
c) La consommation des ménages en biens et services TCSI
La part de la dépense de consommation des ménages en valeur en biens et services des TCSI dans le budget global des ménages a augmenté entre 1960 (3,2 % du budget total) et 2017 (4,2 %) (figure1). Elle a progressé jusqu’au milieu des années 2000, pour atteindre 6,3 % en 2006 du budget total, en raison de la hausse des services de télécommunication.
La structure de la dépense de consommation des ménages en TCSI a changé entre 1960 et 2017. Sur cette période, la part de la dépense en produits de l’édition (journaux, livres, etc.) a été divisée par deux (43 % à 19 %), alors que celle des services de télécommunications a plus que triplé (11 % à 39 %).
Les prix des biens et services des TCSI ont globalement augmenté moins vite que l’inflation d’ensemble (– 3,6 points par an en moyenne). Dans le même temps, les volumes ont augmenté plus vite que la consommation totale (+ 4,4 points par an en moyenne). D’importants effets qualité, traduisant l’amélioration technologique des produits numériques, ont contribué à cette hausse du volume. Les TCSI sont en effet l’objet de fréquentes innovations qui améliorent les performances, sans pour autant se traduire dans les prix.
Par rapport à l’évolution moyenne de la consommation des ménages, le volume de consommation en numérique est cyclique et correspond aux grandes phases d’équipement des ménages. De 1960 à 1974, les prix augmentent de façon similaire à l’inflation, tandis que les volumes s’accroissent plus vite que l’ensemble des postes de consommation des ménages avec l’arrivée des téléviseurs en noir et blanc, puis en couleur dans les années 1960 et 1970. Entre 1975 et 1982, alors que les prix augmentent moins vite que l’inflation, les volumes augmentent fortement grâce aux abonnements au téléphone fixe et à l’équipement des ménages en appareils photographiques. De 1983 à 1997, les prix continuent d’augmenter moins vite que l’inflation, les volumes sont toujours en hausse, mais de manière plus modérée. Lors de cette période apparaissent les caméscopes et les magnétoscopes dans les années 1980, puis les chaînes câblées au milieu des années 1990. De 1998 à 2011, le volume augmente bien plus vite que les autres dépenses avec, en parallèle, une forte baisse des prix relatifs. Ce dynamisme s’explique par l’engouement, au début des années 2000, des Français pour le téléphone mobile et les ordinateurs. Cette progression est favorisée par une forte baisse des prix des services de téléphones mobiles, qui subissent une guerre des prix depuis 2012. Ces derniers tendent à remonter au cours des dernières années et les volumes baissent de manière importante.
La consommation des ménages en TCSI connaît une profonde mutation ces dernières années sous l’effet de la numérisation de l’économie. Ce phénomène touche de nombreux secteurs d’activité, il fait apparaître de nouveaux produits et services, de nouveaux modèles économiques, de nouveaux acteurs, ce qui tend à modifier les chaînes de valeur. Parfois, les acteurs changent. Par exemple, les ménages se substituent à des professionnels, comme dans l’hôtellerie, ou échangent directement entre eux à travers une plateforme. L’acte d’achat tend souvent à se dématérialiser avec une économie de plus en plus connectée. L’économie numérique, qui permet la mise en contact direct et en temps réel de l’offre et de la demande, engendre un fort mouvement de désintermédiation et de nouveaux modes de consommation dont le poids dans l’économie est croissant. Au vu des mutations en cours, le périmètre d’activités retenu ici ne peut donc pas définir l’économie numérique. Dans ce contexte, l’OCDE coordonne actuellement la mise en place d’un compte satellite numérique qui « ne peut être basé sur la seule définition de produits ou producteurs, puisqu’un focus sur les branches numériques exclurait les autres branches qui pourtant utilisent des produits numériques, et inversement un focus uniquement sur les produits numériques exclurait des transactions de produits non numériques facilitées par le e-commerce ».
Consommation de biens et services des TCSI et part dans la consommation des ménages de 1960 à 2017

Décomposition de la consommation en biens et services des TCSI de 1960 à 2017
Croissance en volumes relatifs et prix relatifs de la consommation en TCSI de 1960 à 2017
d) Échanges extérieurs des TCSI
Le solde des échanges extérieurs TCSI se dégrade entre 1999 et 2016, passant de – 4,2 milliards d’euros à – 15,9 milliards d’euros. Cette dégradation résulte essentiellement de la baisse du solde des échanges de biens des TCSI, grevé par une hausse des importations des biens de grande consommation (ordinateurs en début de période puis équipements de communication, notamment) tandis que l’activité française se tourne essentiellement vers des marchés de niche à haute technologie.
Hors biens des TCSI, la part des échanges extérieurs de services des TCSI dans le total des échanges extérieurs reste faible, mais augmente sur la même période : les exportations en services des TCSI représentent 2,8 % du total des exportations en 2016, contre 1,6 % en 1999. La part des importations suit une progression proche, mais un peu moins dynamique (2,8 % du total des importations en 2016, contre 1,8 % en 1999) (figure2).
Les échanges extérieurs de services des TCSI ont progressé au début des années 2000, mais ont souffert de la crise économique. Ils sont principalement portés par le dynamisme des activités liées aux logiciels spécifiques. Ces activités couvrent le développement, l’adaptation et la maintenance des logiciels non standards, réalisés pour les besoins particuliers d’une entreprise. L’investissement en logiciels dans les économies avancées stimule ainsi les entreprises informatiques françaises, qui exportent davantage chaque année au début des années 2000. Les importations sont également très dynamiques, témoins d’une activité mondiale soutenue par la diffusion des matériels informatiques (ordinateurs, serveurs, etc.). Toutefois, à partir de 2008, l’activité en programmation, conseil et autres activités informatiques s’essouffle, avec un solde extérieur toujours positif mais fortement réduit, de l’ordre de 0,8 milliard d’euros en 2016 contre 2,0 milliards d’euros avant la crise.
S’agissant des services de télécommunications, le solde des échanges extérieurs est faible en niveau, car ces services sont peu délocalisés. En outre, ils subissent une guerre des prix, initiée par la directive européenne de 1998 qui ouvre le marché à la concurrence et le solde extérieur des services de télécommunications devient ainsi négatif à partir de 2014.
Les biens qui contribuent à la baisse du solde des échanges extérieurs de TCSI sont variés : ordinateurs, équipements de communication ou encore produits électroniques grand public. Les importations d’ordinateurs, massives, augmentent au début des années 2000, puis baissent à la suite de la crise, sans se redresser par la suite. Il s’agit en effet de biens durables, et les ménages et entreprises françaises désormais équipés les achètent à un rythme moins soutenu qu’au début de la décennie. En matière d’informatique, la production française est essentiellement tournée vers des marchés de niches, destinés à des entreprises spécifiques, dont l’activité est moins dynamique que celle du secteur informatique dans son ensemble. Les exportations françaises diminuent ainsi de près de moitié entre 2007 et 2016.
Les équipements de télécommunication présentent aussi un solde d’échanges en baisse, qui devient négatif à partir de 2005. La production française, tournée notamment vers les appareils d’émission et de réception (vocale, d’images) qui sont exportés, est peu dynamique et subit les effets de la crise. Les exportations françaises se redressent au cours des années récentes. Cependant, les entre‑prises et ménages français importent massivement des appareils de téléphonie, et ce, sur l’ensemble de la période 1999‑2016 (+ 6,5 % en moyenne par an).
Composition du solde extérieur des biens et services des TCSI de 1999 à 2016, en valeur
IV – LE SECTEUR DES TIC DANS L’UE
1/ La taille des secteurs des TCSI ou des TIC mesurée par la valeur ajoutée
a) La part de valeur ajoutée de l’économie numérique (TCSI) dans la VA totale
En termes de VA, le poids des TCSI dans l’UE a légèrement diminué depuis le début des années 2000. En 2016, les TCSI représentent 5,8 % de la valeur ajoutée totale, contre 6,1 % en 2000 (tableau suivant). La plupart des pays ont suivi des évolutions proches, si bien que la hiérarchie a peu évolué. En 2016, le Royaume‑Uni (6,7 %) et l’Allemagne (6,1 %) devancent la France qui se situe au niveau de la moyenne européenne (5,8 %). En revanche, l’Italie (4,3 %) et l’Espagne (4,6 %) sont en retrait par rapport à la moyenne des pays de l’UE.
La diminution du poids de la VA en valeur est imputable à la diminution des prix relatifs des activités qui composent les TCSI. En effet, la croissance de la valeur ajoutée en volume est plus dynamique que le reste de l’économie. Ce constat concerne la plupart des pays européens. Plus précisément, la croissance en volume a été très dynamique avant la crise de 2008‑2009 (graphique suivant). Elle s’élevait à 5,6 % par an entre 2000 et 2007, alors que la VA de l’ensemble des activités progressait de 2,3 % par an sur la même période. Après la crise, la croissance des TCSI est moins dynamique (+ 3,9 % par an), mais reste très supérieure à l’évolution de la valeur ajoutée totale (+ 0,6 % par an).
Poids de la valeur ajoutée des TCSI dans la valeur ajoutée totale entre 2000 et 2016 en %
Évolution en volume de la valeur ajoutée des TCSI de 2000 à 2016 dans quelques pays européens
Le dynamisme des TCSI peut aussi s’apprécier par les investissements des entreprises en logiciels et bases de données. Ces investissements ne concernent pas seulement les entreprises engagées dans une activité relative aux TCSI, mais l’ensemble des entreprises qui, dans leur processus de production, investissent dans des logiciels ou des bases de données qu’elles acquièrent ou développent. La plupart des pays européens ont connu des évolutions relativement proches : la croissance des investissements en logiciels et bases de données, si elle reste plus dynamique que la croissance de l’économie, a nettement ralenti après la crise. Seules l’Autriche et l’Italie ont connu un investissement plus dynamique, mais cette accélération est à relativiser pour l’Italie (figure3). En effet, l’investissement progressait faiblement, en volume, avant la crise (+ 0,2 % par an entre 2000 et 2007). Depuis la crise, l’investissement en logiciels et bases de données accélère (+ 1,6 % par an de 2008 à 2016) en Italie, mais reste nettement au‑dessous de celui de nombreux pays tels que l’Allemagne (+ 3,1 %) ou la France (+ 3,1 %). Ces deux pays ont connu des évolutions très proches jusqu’en 2014, mais depuis, l’investissement en logiciels et bases de données stagne en Allemagne, alors qu’il accélère en France.
b) La part de valeur ajoutée des TIC dans la PIB
La valeur ajoutée (VA) du secteur des TIC dans l’UE s’élevait à plus de 718 milliards d’euros en 2021, soit 5,5 % de la VA brute de l’UE. Le graphique suivant montre l’évolution du secteur des TIC pour les agrégats « secteur TIC », « fabrication TIC » et « services TIC ».
- Pour la période 2011-2018, ces trois indicateurs sont calculés sur la base des données des États membres de l’UE pour lesquels une série chronologique complète pour au moins l’un des agrégats « fabrication de TIC » ou « services de TIC » était disponible.Le « secteur TIC » agrégé, la somme de « fabrication TIC » et de « services TIC », est représenté dans le graphique sous la forme d’un triangle vert non rempli.
- Pour les trois dernières années de référence, de 2019 à 2021, le « secteur TIC » global observé est disponible au niveau de l’UE et représenté sous forme de losange rouge rempli.
- Pour l’ensemble de la période 2011-2021, les données pour les agrégats « Industrie manufacturière TIC » et « Services TIC » sont des estimations. Par conséquent, la somme de la « fabrication TIC » et des « services TIC » est inférieure à celle du « secteur TIC » de 2019 à 2021.
Les services de TIC représentaient la grande majorité de l’activité des TIC, puisqu’ils étaient environ 6 fois plus importants que la fabrication de TIC lorsqu’ils étaient mesurés en valeur ajoutée. Le ratio de la valeur ajoutée dans l’industrie manufacturière des TIC par rapport à la valeur ajoutée brute est resté stable entre 2011 et 2021. En revanche, le ratio de la valeur ajoutée des services TIC à la valeur ajoutée brute a augmenté régulièrement tout au long de la période, avec un rythme légèrement plus rapide au fin de la décennie.
Évolution de la valeur ajoutée pour le secteur des TIC, UE (en %, par rapport à la valeur ajoutée brute)
Parmi les États membres de l’UE pour lesquels des données sont disponibles, le poids relatif du secteur des TIC était le plus élevé à Malte avec 10,3 %, suivi de la Bulgarie (7,3 %). La Suède avec 6,4 % et le Luxembourg avec 6,3 % complètent le top cinq. Viennent ensuite trois pays présentant des taux de valeur ajoutée proches de 6,0 % : la Lettonie, la HongrieTous les autres États membres se situent en dessous de la moyenne européenne (5,5%) . La France est à 4,3%. Mais l’Esapagne ou l’Italie ont des ratios plus bas.
Pour un groupe limité de 10 États membres, la valeur ajoutée des services TIC a augmenté chaque année au cours de la décennie, augmentant globalement de 71,1 % en prix courants . Au cours de la même période, la valeur ajoutée de la fabrication des TIC a montré une plus grande diversité dans son rythme de croissance, conduisant à une augmentation globale de 28,4 %.
Valeur ajoutée pour le secteur des TIC, UE, 2021 (en %, par rapport à la valeur ajoutée brute))
Une analyse de la fabrication de TIC dans l’UE en 2021 (graphique suivant) révèle qu’elle était dominée par la fabrication de composants et de cartes électroniques, qui représentait près des deux tiers (64,0 %) de la valeur ajoutée par la fabrication de TIC. La deuxième plus grande part a été enregistrée pour la fabrication d’équipements de communication, qui représentait moins d’un cinquième (19,4 %) de la valeur ajoutée par la fabrication des TIC. Viennent ensuite la fabrication d’ordinateurs et d’équipements périphériques (9,5 %) et la fabrication d’appareils électroniques grand public (6,9 %), la plus petite part étant représentée par la fabrication de supports magnétiques et optiques avec 0,2 %.
Répartition de la valeur ajoutée dans l’industrie manufacturière des TIC, UE, 2021
Comme indiqué ci-dessus, en 2021, les services de TIC étaient presque 13 fois plus importants que la fabrication de TIC pour les pays sélectionnés dans le graphique suivant. Dans l’ensemble de l’UE (les informations présentées excluent l’Irlande et le Luxembourg, qui n’ont pas présenté de données disponibles pour toutes les activités composant les services de TIC. au total), les « Programmation informatique, conseils et activités connexes » représentaient la moitié (5,2 %) de la valeur ajoutée générée par les services TIC en 2021. Les services TIC étaient moins concentrés que la fabrication de TIC, les « Télécommunications » représentant un peu plus de un quart (25,6 %) de la valeur ajoutée par les services TIC. Ainsi, les deux activités les plus importantes représentaient ensemble plus des trois quarts de la valeur ajoutée des services TIC, tandis qu’à l’exception du « Commerce de gros d’équipements d’information et de communication » qui en rapportait un peu plus d’un dixième (10,4 %), chacune des activités restantes avait parts à un chiffre (graphique suivant).
Répartition de la valeur ajoutée au sein des services TIC, UE, 2021
Les deux plus grandes économies de l’UE, mesurées par leur part dans la valeur ajoutée brute de l’UE – l’Allemagne et la France – ont été les deux plus grands contributeurs, en termes absolus, à la valeur ajoutée dans le secteur des TIC de l’UE. Une analyse basée sur la contribution relative du secteur des TIC à l’économie des entreprises de chaque État membre de l’UE (graphique suivant) donne une image différente. Le secteur des TIC représentait plus d’un dixième de la VA générée par l’économie commerciale en Bulgarie (12,3 %). Des parts supérieures à 10 % ont également été enregistrées en Suède (avec 11,4 %) et en Roumanie (avec 10,5 %). La Finlande et la Hongrie, respectivement 9,7 % et 8,3 % , complètent le top cinq. À l’autre extrémité de la fourchette, le secteur des TIC a contribué à hauteur de 5,5 % à la VA générée au sein de l’économie commerciale autrichienne en 2021, précédé par la Belgique avec 5,9 %, l’Allemagne et la Slovénie (chacune avec 6,0 %). L’UE est à 6,5%, la France à 7,1%.
Il se confirme que les « Programmation informatique, conseils et activités connexes » ainsi que les « Télécommunications » constituaient les deux plus grandes activités TIC dans chacun des États membres de l’UE. En 2021, la « programmation informatique, conseil et activités connexes » représentait plus de 5,0 % de la valeur ajoutée générée dans les économies commerciales de Bulgarie, de Suède et de Roumanie. L’importance relative des « Télécommunications » était la plus élevée en Grèce, suivie par la Bulgarie et la Croatie, où elles ont contribué respectivement à 4,0 %, 2,8 % et 2,6 % de la valeur ajoutée générée dans l’économie commerciale.
Part du secteur des TIC dans la valeur ajoutée de l’économie marchande non financière, 2021 (%)
2/ L’emploi
Les deux approches ,secteur d’activité et métiers, ne donnent pas les mêmes résultats pour la France par rapport à l’UE et à d’autres pays comme l’Allemagne (voir explications encadré chapitre 1).
a) L’emploi par secteur d’activité
Le secteur des TIC de l’UE employait près de 6,7 millions de personnes en 2021. Il y a eu une augmentation continue du nombre de personnes employées dans les services TIC dans l’ensemble de l’UE au cours de la période 2011-2021 ; en 2021, cet emploi avait globalement augmenté de 52,8 % par rapport à 2011. En revanche, le nombre de personnes employées dans la fabrication de TIC a diminué au cours des trois premières années de la décennie, après quoi il s’est stabilisé jusqu’en 2017.
En agrégeant les données des États membres de l’UE pour lesquels un ensemble complet de données est disponible (voir la figure 8 pour plus d’informations sur la couverture au niveau national), le secteur des TIC a fourni du travail à 4,4 % de l’emploi de l’économie marchande en 2021. En 2021 , le secteur des TIC représentait 6,6 % de l’emploi dans l’économie des entreprises en Finlande , suivi de la Suède avec 6,5 % tandis que des parts comprises entre 5,0 % et 6,0 % ont été enregistrées en Lettonie, en Hongrie, en Bulgarie, en Roumanie et Danemark. En revanche, le secteur grec des TIC a apporté la plus faible contribution à l’emploi dans l’économie marchande, avec 2,5 %. La France est à 4,7% contre 4,4% dans l’UE.
Le graphique suivant montre que la plupart des personnes employées dans le secteur des TIC de l’UE en 2021 étaient actives dans le secteur « Programmation informatique, conseil et activités connexes ». Ce secteur représentait plus de la moitié de l’emploi du secteur des TIC. Cette activité représentait la plus grande part de l’emploi des TIC dans tous les États membres de l’UE pour lesquels des données sont disponibles en 2021. La part relative de la « Programmation informatique, conseil et activités connexes » dans l’emploi total des TIC atteignait plus de six sur chaque emploi. dix en Belgique et aux Pays-Bas (tous deux avec 68,1 %), en Bulgarie (67,1 %), suivis par cinq autres États membres de l’UE (Suède, Portugal, Allemagne, Croatie et Pologne) et en Norvège (avec 60,9 %). Cette activité représentait également la moitié ou plus de l’emploi dans les TIC dans neuf autres États membres : Slovénie, Slovaquie, Roumanie, Danemark, Lituanie, Hongrie, Tchéquie, France et Autriche ; La Suisse a suivi le même schéma. En Hongrie, la fabrication de TIC représentait une part relativement élevée de l’emploi dans l’économie marchande. En 2021, environ 0,8 % de l’emploi de l’économie marchande en Hongrie était employé dans la fabrication de composants et de cartes électroniques et une part (0,2 %) a été enregistrée pour la fabrication d’ordinateurs et d’équipements périphériques, tandis que 0,1 % de l’emploi dans l’économie marchande hongroise était employé dans la fabrication d’équipements de communication. À l’exception de la fabrication d’équipements de communication en Finlande (0,6 % avec les données de 2020), il s’agit de l’une des parts de fabrication de TIC les plus élevées enregistrées dans tous les États membres de l’UE pour lesquels des données sont disponibles
Part du secteur des TIC dans l’emploi de l’économie marchande non financière, 2021 (%)
b) L’emploi par métiers des TIC
Le nombre de personnes employées comme spécialistes des TIC dans l’UE n’a cessé d’augmenter ces dernières années, leur part dans l’emploi total augmentant également. En 2022, 9,4 millions de personnes exerçaient des métiers spécialisés dans les TIC dans l’UE, soit un peu plus de 10,6 millions de moins que l’objectif 2030 fixé pour l’UE dans la Boussole numérique. En 2022, les spécialistes des TIC représentaient 4,6 % du total des employés de l’UE (graphique suivant).
Spécialistes des TIC dans l’emploi, UE, 2013-2022
En 2022, la part la plus élevée dans l’UE de spécialistes des TIC employés dans l’emploi total a été enregistrée en Suède (8,6 %), suivie par le Luxembourg (7,7 %), la Finlande (7,6 %) et les Pays-Bas (7,2 %). Les proportions les plus faibles de personnes employées dans des métiers des TIC dans l’emploi total étaient en Grèce (2,5 %) et en Roumanie (2,8 %). Le ratio est de 4,3% en France, soit moins que dans l’UE.
L’emploi dans les professions des TIC dans l’emploi total était beaucoup plus faible chez les femmes (1,9 %) que chez les hommes (7,0 %). Il existe des disparités significatives dans la participation des spécialistes des TIC, hommes et femmes, à l’emploi total dans l’ensemble de l’UE. Les plus grandes différences entre les parts d’hommes et de femmes employées dans les professions des TIC ont été observées en Suède (8,3 pp), au Luxembourg (8,1 pp), aux Pays-Bas (8,0 pp) et en Finlande (7,5 pp). Les différences les plus faibles dans la proportion d’hommes et de femmes spécialistes des TIC dans l’emploi ont été constatées en Roumanie (1,9 pp), en Grèce (2,2 pp) et en Bulgarie (2,8 pp) (graphique suivant).
Spécialistes des TIC dans l’emploi, par sexe, 2022, (% de l’emploi total)
3/ La Productivité apparente du travail
Il existe de grandes différences dans les niveaux de productivité entre les différents États membres de l’UE. Beaucoup d’entre eux peuvent être de nature structurelle et donc concerner certaines activités, voire toutes, plutôt que d’être spécifiques au secteur des TIC. Il peut donc être plus révélateur d’analyser la productivité apparente du travail à partir d’un ratio comparant cet indicateur du secteur des TIC à une valeur moyenne de l’économie marchande. En 2021, la productivité apparente du travail dans le secteur des TIC de l’UE (graphique suivant) était de 78,5 points de pourcentage supérieure à celle enregistrée pour l’économie marchande dans son ensemble.
Cette tendance s’est répétée dans chacun des États membres de l’UE, avec une productivité apparente du travail systématiquement à un niveau plus élevé dans le secteur des TIC que dans l’économie marchande. En 2021, la productivité apparente du travail dans le secteur des TIC en Grèce était légèrement inférieure à trois fois supérieure à la moyenne enregistrée pour l’économie marchande et à Malte et en Bulgarie, elle était plus de deux fois supérieure. À l’autre extrémité de la fourchette, le secteur des TIC a enregistré un niveau de productivité apparente du travail supérieur de moins de 20 % à la moyenne de l’économie marchande en Estonie et aux Pays-Bas. ,Une comparaison entre 2011 et 2021 révèle que l’écart entre les ratios de productivité apparente du travail dans le secteur des TIC et dans l’économie marchande s’est généralement réduit.
Ratio de la productivité apparente du travail pour le secteur des TIC par rapport à l’économie marchande non financière, 2011 et 2021 (économie marchande non financière = 100)
4/ Le secteur des services d’information et de communication de l’UE
a) Le secteur des services d’information et de communication de l’UE (Section J)
Il comptait environ 1,3 million d’entreprises en 2021, soit une augmentation de 11,1 % par rapport à 2020. Il employait plus de 6,7 millions de personnes et générait 629 milliards d’euros de valeur ajoutée , soit une augmentation de 10,0 % par rapport à l’année précédente. La contribution de ce secteur à l’ économie des entreprises (Sections B à N et P à R, ainsi que Divisions S95 et S96) s’élevait à 6,7 % de la valeur ajoutée, 4,3 % des personnes employées et 4,1 % de la population des entreprises.
L’un des 6 sous-secteurs (au niveau de la division) dominait le secteur des services d’information et de communication dans l’UE, à savoir la programmation informatique, le conseil et les activités connexes (Division 62). Ce sous-secteur a généré plus de la moitié (57,8 %) de l’emploi en 2021, employant 3,9 millions de personnes et 47,7 % de la valeur ajoutée sectorielle. Le deuxième sous-secteur le plus important était celui des télécommunications (Division 61), qui représentait 12,5 % (0,8 million de personnes employées) de l’emploi dans les services d’information et de communication et contribuait à hauteur de 22,5 % à la valeur ajoutée sectorielle (141,6 millions d’euros).
Les autres sous-secteurs du secteur des services d’information et de communication sont : – les activités d’édition (Division 58), – les activités de production de films cinématographiques, de vidéos et de programmes télévisés, d’enregistrement sonore et d’édition musicale (Division 59), – les activités de programmation et de diffusion (Division 60), – les activités de service d’information (Division 63).
Analyse sectorielle de l’information et de la communication (NACE Section J), UE, 2021, (% part du total sectoriel) 
Analyse sectorielle des indicateurs clés, information et communication (NACE Section J), UE, 2021 
Source : Eurostat
b) Évolution de la production en volume
Entre 2015 et 2023, l’indice de production de l’UE pour les services d’information et de communication a augmenté 52,2 %. Entre 2016 et 2019, l’indice a augmenté entre 2,3 % et 6,8 % par an. En 2020, la croissance ralentira à 0,7 %, reflétant l’impact de la pandémie de COVID-19 pandémie. Une forte croissance est revenue en 2021, avec une hausse de 9,3 %, en 2022 (+8,9 %) et se modère en 2023 (+5,2 %). En termes de production, le service qui a connu la plus forte croissance au sein de l’UE a été les activités de services d’information : l’indice de production était 113,9 % plus élevé en 2023 qu’il ne l’était en 2015. . La production dans le domaine de la programmation informatique, du conseil et activités connexes a également fortement augmenté, 71,7 %, tout comme la production des activités d’édition, en hausse de 59.1%. En revanche, le niveau de production des activités audiovisuelles dans l’UE était inférieur de 8,4% en 2023 par rapport à 2015. Les activités de programmation et de radiodiffusion (+ 0,9 %) et les télécommunications (+12,9%) ont également enregistré une croissance relativement relativement faible.
Indice de production des services d’information et de communication (2015 = 100, UE, 2015-23)
Source : Eurostat
c) Aperçu par pays
Dans le secteur des services d’information et de communication, deux tiers des États membres ont enregistré des parts de valeur ajoutée de l’économie commerciale supérieures à la moyenne de l’UE de 6,7 %, presque 8% en France. Les parts les plus élevées ont été enregistrées en Irlande (20,0 %), à Chypre (12,9 %), à Malte (12,1 %) et en Bulgarie (11,7 %), tandis que les plus faibles ont été enregistrées aux Pays-Bas (4,5 %) et en Autriche (5,0 %) (graphique suivant). Le poids relatif du secteur des services d’information et de communication était au même niveau que la moyenne de l’UE en Suisse et inférieur à la moyenne de l’UE en Norvège, puisqu’il a contribué respectivement à hauteur de 6,7 % et 5,1 % à la valeur ajoutée générée au sein des économies commerciales non financières de ces deux pays en 2021.
Importance relative de l’information et de la communication (NACE Section J), 2021 (% de part de la valeur ajoutée et de l’emploi dans le total de l’économie marchande)
Source : Eurostat
L’Allemagne a apporté la plus grande contribution parmi les États membres de l’UE à la valeur ajoutée sectorielle et à l’emploi dans le secteur des services d’information et de communication en 2021, représentant une part de 24,2 % de la valeur ajoutée de l’UE et une part de 22,8 % de l’emploi dans les services d’information et de communication. Plus de 1,5 million de personnes étaient employées dans le secteur des services d’information et de communication en Allemagne en 2021. Les deux pays ayant enregistré les niveaux les plus élevés de valeur ajoutée dans le secteur des services d’information et de communication en 2021 étaient l’Allemagne et la France (respectivement 152,4 milliards d’euros et 102,0 milliards d’euros). Collectivement, les 5 plus grands États membres ont représenté 67,0 % de la valeur ajoutée de l’UE dans le secteur des services d’information et de communication.
L’Allemagne a apporté la plus grande contribution à la valeur ajoutée de l’UE dans 4 des 6 sous-secteurs. Dans le plus grand sous-secteur, à savoir la programmation et le conseil informatiques, l’Allemagne a généré la plus grande part de la valeur ajoutée de l’UE (13,9 % en 2021) ; tandis que Malte était le plus spécialisé avec 9,2 % de la valeur ajoutée de l’économie commerciale en 2021. En termes relatifs, l’État membre de l’UE le plus spécialisé dans le secteur des services d’information et de communication était l’Irlande (avec 20,0 % de la valeur ajoutée de l’économie commerciale en 2021). Pour les 6 sous-secteurs qui composent les services d’information et de communication, les données disponibles montrent une répartition géographique de la spécialisation en fonction du sous-secteur.
Concentration de la valeur ajoutée et de l’emploi, information et communication (NACE Section J), 2021
(part cumulée des cinq principaux États membres en % du total de l’UE) 
Source : Eurostat
d) La productivité du travail
La productivité apparente de la main-d’œuvre est calculée à partir de la valeur ajoutée divisée par le nombre de personnes employées. Si ce ratio est clairement influencé par la valeur ajoutée et par les personnes employées, il est également influencé par l’importance du travail à temps partiel et saisonnier, qui peuvent varier entre les sous-secteurs, entre les États membres de l’UE et dans le temps. Les services d’information et de communication de l’UE avaient la deuxième productivité apparente du travail la plus élevée de tous les autres services non financiers en 2021 (voir page Secteur tertiaire), inférieure seulement à celle de des activités immobilières à forte intensité de capital.
En 2021, la productivité apparente du travail du secteur des services d’information et de communication de l’UE s’élevait à 93 300 € par personne employée, soit plus de 55,0 % de plus que la moyenne de l’économie marchande, qui s’établissait à 60 200 € par personne employée. Parallèlement à cette productivité apparente du travail relativement élevée (cinquième plus élevée parmi les sections de la NACE qui forment l’économie marchande), les dépenses moyennes liées aux avantages du personnel dans le secteur des services d’information et de communication s’élevaient à 60 000 € par employé (coûts moyens du personnel), ce qui était également bien supérieur à la moyenne de l’économie marchande (39 000 € par employé) et à la troisième plus élevée parmi les sections de la NACE.
La productivité apparente du travail élevée pour l’ensemble du secteur des services d’information et de communication de l’UE en 2021 a été tirée vers le haut par les valeurs du sous-secteur des télécommunications (167 500 € par personne employée) et du sous-secteur des activités de programmation et de diffusion (102 800 € par personne employée). Parmi les autres sous-secteurs du secteur des services d’information et de communication pour lesquels des données sont disponibles, la productivité apparente du travail était inférieure à la moyenne sectorielle de 93 300 € par personne employée, mais toujours supérieure à la moyenne de l’économie marchande de 60 200 € par personne employée.
En raison de la productivité apparente du travail très élevée, le sous-secteur des télécommunications a enregistré les niveaux les plus élevés de productivité du travail ajustée aux salaires (267,8 %), ce qui figurait parmi les ratios de productivité du travail ajustée aux salaires les plus élevés au niveau de la division NACE au sein de l’économie commerciale en 2021.
Dix pays, l’Irlande, le Luxembourg, Chypre, la Belgique, Malte, la Suède, la Finlande, les Pays-Bas, le Danemark et la France, se distinguent par une productivité apparente du travail supérieure à 100 000 euros par personne employée dans le secteur des services d’information et de communication en 2021 (graphique suivant). L’Irlande a enregistré le ratio de productivité du travail ajustée aux salaires le plus élevé, à 653,4 %, suivie de Chypre à 318,2 % et de Malte à 300,8 %. Aucun des États membres n’a enregistré un ratio de productivité du travail ajustée aux salaires inférieur à la parité (100 %).
Indicateurs clés, information et communication (NACE Section J), 2021
Source : Eurostat
e) Taux brut d’exploitation des services d’information et de communication
Le taux brut d’exploitation est une mesure de la rentabilité, soit la valeur ajoutée au coût des facteurs moins les coûts de personnel (= l’excédent brut d’exploitation) divisée par le chiffre d’affaires total. Dans presque tous les pays de l’UE, les services d’information et de communication ont enregistré un taux brut d’exploitation en 2021 supérieur à la moyenne de l’économie marchande. Les Pays-Bas, l’Estonie, l’Irlande et la Suède sont les seules exceptions. La Grèce et Malte ont des taux particulièrement élevés pour les services d’information et de communication par rapport à la moyenne de l’économie marchande, soit 15,3 et 14,9 points de pourcentage de plus. En termes relatifs, la différence était la plus importante en Grèce, où le taux de d’exploitation pour les services d’information et de communication était de 27,5%, soit 2,2 fois plus élevé que la moyenne de l’économie de 12,3 %. En France le taux est en revanche très bas : 14%. Mais l’écart avec le taux de l’économie marchande est à peu près le même du fait que le taux de l’économie marchande est un des plus faible de l’UE.
Taux brut d’exploitation des services d’information et de communication (%, 2021) 
Source : Eurostat
f) Exportations de services de télécommunications, d’informatique et d’information
Les télécommunications, l’informatique et les services d’information représentaient une part de 17,0% du total des exportations de services de l’UE vers tous les pays du monde en 2022. En Irlande, ces exportations ont représenté 57,7 % de l’ensemble des exportations de services de loin la part la plus élevée parmi les pays de l’UE. Ces services ont contribué à 36,7% de toutes les exportations de services en Finlande et 31,6% à Chypre. En revanche En revanche, les services de télécommunications, informatique et d’information ont contribué à hauteur de 3,3% et 2,6% à l’ensemble des exportations de services au Luxembourg et en Grèce, respectivement, tandis qu’à Malte, cette part était de 0,2%.
Exportations de services de télécommunications, d’informatique et d’information (%, part des exportations totales de services, 2022)

Source : Eurostat
V – COMPARAISONS INTERNATIONALES DE L’USAGE DU NUMÉRIQUE
1/ Les ménages
a) L’accès à un ordinateur
S’agissant de l’accès à un ordinateur par l’intermédiaire de l’un de ses membres, les comparaisons européennes montrent aussi des disparités selon la zone d’habitation et la tranche de revenu. Si le pourcentage ne serait pas plus faible en France dans les zones rurales que dans les villes (sauf dans les banlieues et les villes moyennes), ce n’est pas le cas des autres pays de l’UE. En revanche l’accès à internet est plus limité pour les ménage en zone rurale en France (77%) que dans les villes (88%).
En outre, le pourcentage est de 68% pour les ménage se trouvant dans le premier quartile de revenu contre 97% dans le quatrième quartile, situation identique dans les autres pays mais de nouveau plus faible. il en va de même pour les ménages les moins aisés (71% dans le premier quartile en France contre 94% dans le quatrième quartile).
Ménages ayant accès à un ordinateur par l’intermédiaire de l’un de ses membres en % en 2019
b) L’utilisation d’Internet dans l’ensemble de l’UE
L’économie numérique actuelle se caractérise par la connectivité entre les utilisateurs et entre les appareils, ainsi que par la convergence de parties auparavant distinctes des écosystèmes de communication, telles que les réseaux fixes et sans fil, la voix et les données, ainsi que les télécommunications et la radiodiffusion. L’internet et les appareils connectés sont devenus un élément essentiel de la vie quotidienne de la plupart des individus des pays du monde.
1 – Données globales
Les TIC sont devenues largement accessibles au grand public, tant en termes d’accessibilité que de coût. Une frontière a été franchie en 2007, lorsqu’une majorité (53 %) des ménages de l’UE avaient accès à Internet. La crise sanitaire a mis en évidence la nécessité des connexions internet dans le fonctionnement normal des économies modernes. Cette proportion a continué d’augmenter, dépassant les trois quarts en 2012 et les quatre cinquièmes en 2014 et 90 % en 2020. En 2022, la part des ménages de l’UE disposant d’un accès à Internet est passée à 93 % .Cette proportion a continué d’augmenter, dépassant les trois quarts en 2012 et les quatre cinquièmes en 2014. En 2021, la part des ménages de l’UE ayant accès à l’internet était passée à 92 %, soit plus de 20 points de pourcentage de plus qu’en 2011.
Accès à Internet et connexions Internet à haut débit des ménages, UE, 2011-2022, (% de tous les ménages)
Mais alors que l’adoption d’Internet atteint la saturation dans certains pays, des écarts persistent à la fois entre les pays, et entre différents groupes à l’intérieur d’un même pays – notamment les hommes et les femmes, les personnes d’âges différents, les personnes ayant des niveaux de revenu ou de formation différents, et entre les personnes vivant dans des zones urbaines ou rurales. Ces écarts sont particulièrement pertinents en temps de crise et, dans le cas de la pandémie de COVID-19, ils sont susceptibles de affecter la capacité des différents groupes à continuer à travailler ou même à rester en contact avec le monde extérieur à leur domicile.
Les graphiques ci-dessous montrent l’écart entre les pays en ce qui concerne l’utilisation quotidienne de l’internet pour les personnes ayant un faible niveau d’éducation et celles ayant un niveau d’éducation élevé, respectivement. ceux ayant un niveau d’éducation élevé, respectivement, entre 2010 et 2018. Le niveau d’éducation tend à être corrélé avec d’autres facteurs tels que le revenu personnel et celui du ménage – bien que les ventilations par revenu soient moins largement disponibles pour les pays du G20.
En 2018, en moyenne dans tous les pays du G20 pour lesquels des données sont disponibles (elles couvrent le Brésil, la France, l’Allemagne, l’Italie, la Corée, le Mexique, la Turquie et le Royaume-Uni), près de 95 % des personnes ayant un niveau d’éducation élevé ont utilisé l’internet quotidiennement ou presque, avec peu de variations entre les pays. En revanche , il existe des variations beaucoup plus importantes entre les pays en ce qui concerne la part des personnes ayant un niveau d’éducation faible (ou nul) qui utilisent régulièrement l’internet. En moyenne, dans les pays du G20 pour lesquels des données sont disponibles, seuls 55% des individus seulement des personnes ayant un faible niveau d’éducation utilisent régulièrement l’internet – les plus faibles taux d’utilisation ne représentant que 40% de ces personnes, contre 75% dans les pays du G20 où le taux d’utilisation est le plus élevé.
Écart de niveau de formation dans la diffusion d’Internet, OCDE, 2010-18 : pourcentage d’utilisateurs quotidiens d’Internet dans chaque groupe

source OCDE
Type de connexion à l’internet des ménages à large bande en % en 2019
2 – Les utilisations diverses d’internet
L’internet fait ainsi partie intégrante de la vie de la plupart des personnes, modifiant la manière dont elles étudient, travaillent, communiquent et profitent de leur temps libre. En 2022, 90,0 % des personnes (âgées de 16 à 74 ans) au sein de l’U.E. ont déclaré avoir utilisé l’internet au cours des trois derniers mois.
Au sein de l’UE, certaines des activités les plus communément réalisées sur l’internet en 2022 par les personnes âgées de 16 à 74 ans étaient notamment: l’envoi/la réception de courriers électroniques (77,0 %), l’utilisation de la messagerie instantanée (71,8 %), la recherche d’informations sur des biens et des services (69,6 %) et les appels téléphoniques ou vidéo (65,5 %). Une majorité de personnes âgées de 16 à 74 ans au sein de l’UE ont également utilisé l’internet (entre autres) pour consulter des sites d’information et/ou lire des journaux/magazines en ligne (63,6 %), utiliser des services bancaires en ligne (59,7 %), participer à des réseaux sociaux (58,2 %) et rechercher des informations sur la santé (52,0 %).
Activités sur l’internet dans l’UE (part en pourcentage des personnes âgées de 16 à 74 ans, 2022)

La proportion de personnes âgées de 16 à 74 ans au sein de l’UE ayant participé à un grand nombre des activités les plus communément réalisées sur l’internet a augmenté entre 2017 et 2022. Confirmant une tendance à la hausse bien établie, les évolutions les plus récentes peuvent également refléter les conséquences de la crise de la COVID-19 sur les activités de certains internautes. Cette évolution était la plus visible dans l’utilisation des appels téléphoniques ou vidéo, puisque la part des personnes réalisant cette activité a augmenté de 28,5 points de pourcentage entre 2017 et 2022. Dans le même ordre d’idées, compte tenu de l’utilisation généralisée de l’apprentissage à distance par les établissements scolaires, d’enseignement supérieur et de formation en 2020 et 2021, il n’est pas surprenant que la part de la population de l’UE utilisant du matériel d’apprentissage en ligne ait également progressé, de 7,3 points; il est à noter qu’une grande partie de la population d’âge scolaire (élèves âgés de moins de 16 ans) n’est pas couverte par ces statistiques. Une augmentation relativement importante (de 10,8 points de pourcentage) de la part de la population utilisant des services bancaires en ligne a également été observée entre 2017 et 2022.
Lorsque les restrictions du confinement ont été levées et que les personnes ont pu à nouveau participer à un plus large éventail d’activités de loisirs, les taux de participation à certaines des activités les plus communément réalisées sur l’internet ont chuté. C’est particulièrement le cas de la part de la population de l’UE âgée de 16 à 74 ans recherchant des informations de santé en ligne; la part des personnes s’adonnant à cette activité sur l’internet a chuté de 3,3 points de pourcentage entre 2021 et 2022.
Activités sur l’internet dans l’UE (part en pourcentage de la population âgée de 16 à 74 ans, UE, 2017 et 2022)

Source : Eurostat
3 – Évolutions de l’usage d’Internet par pays et par population
En 2022, les Pays-Bas, le Luxembourg et la Finlande ont enregistré la proportion la plus élevée de ménages ayant accès à Internet avec 98 %. L’Espagne (96 %) et le Danemark (95 %) figuraient également parmi les États membres de l’UE affichant le taux d’accès à Internet des ménages le plus élevé. La Grèce (85 %), la Croatie (86 %) et la Bulgarie (87 %) présentaient les taux d’accès à Internet des ménages les plus faibles parmi les États membres de l’UE. Néanmoins, alors qu’une saturation de l’accès à Internet des ménages est observée dans certains des principaux États membres, un rattrapage a été observé entre 2017 et 2022 avec des augmentations de 20 % pour la Bulgarie, 15 % pour Chypre et 13 % pour l’Espagne, la Lettonie, Roumanie et Lituanie. En 2022, la proportion de ménages ayant accès à Internet était de 99 % en Norvège, légèrement au-dessus des scores les plus élevés des États membres de l’UE de 98 % présentés par les Pays-Bas, le Luxembourg et la Finlande.
Accès à Internet des ménages, 2017 et 2022, (% de tous les ménages)
Le graphique suivant met en évidence la fracture urbaine-rurale au sein de l’UE en termes d’accès à Internet. En 2022, les villes présentaient un meilleur accès Internet des ménages avec 94 % contre 92 % pour les villes et banlieues et 90 % pour les zones rurales. La Belgique, la Slovénie et l’Estonie ont fait exception à cette tendance générale, les villes et les banlieues présentant l’accès Internet des ménages le plus élevé par rapport aux villes et aux zones rurales. Malte était le seul État membre de l’UE où l’accès à Internet des ménages était le plus élevé dans les zones rurales. En Allemagne, les villes et les zones rurales se partageaient le pourcentage le plus élevé d’accès à Internet des ménages. Parmi certains des États membres proches de la saturation, la différence d’accès à Internet des ménages entre les villes, les banlieues et les zones rurales était très faible en 2022. En Finlande, au Luxembourg et aux Pays-Bas, la différence était d’environ 1 ou 2 points de pourcentage entre les trois zones géographiques. La Norvège partageait une situation similaire. En Grèce et au Portugal, l’écart entre les villes et les zones rurales en matière d’accès à Internet des ménages a atteint 14 % (chacun) et 12 % en Roumanie.
Accès à Internet dans les ménages par degré d’urbanisation, 2022
En 2022, 90 % des citoyens de l’UE âgés de 16 à 74 ans ont utilisé Internet au moins une fois au cours des trois mois précédant la date de l’enquête. Quatorze États membres se situaient au-dessus de cette moyenne de l’UE en 2022. La proportion la plus élevée d’internautes se trouvait au Luxembourg et au Danemark avec 98 % des particuliers, suivis de la Finlande et de la Suède avec 97 %. En 2022, la Bulgarie (79 %), la Croatie (82 %) et la Grèce (83 %) ont enregistré les taux d’internautes les plus bas de l’UE.
La proportion de la population qui n’avait jamais utilisé Internet était de 7 % en 2022 dans l’UE, mais atteignait 14 % en Grèce et au Portugal, et 13 % en Croatie et en Bulgarie. En 2022, 84 % des personnes dans l’UE accédaient quotidiennement à Internet (graphique suivant), et 5 % supplémentaires l’utilisaient au moins une fois par semaine (mais pas quotidiennement).
En tant que tel, 89 % des citoyens de l’UE âgés de 16 à 74 ans étaient des utilisateurs réguliers d’internet (au moins une fois par semaine). La Norvège a signalé une part de 100 % d’individus ayant utilisé Internet au cours des trois derniers mois précédant l’enquête. La part chute à 96 % pour les utilisateurs quotidiens d’internet. Au Monténégro, la proportion d’individus ayant utilisé Internet au cours des trois derniers mois précédant l’enquête était de 88 %, proche de la moyenne de l’UE de 90 %. En Serbie et en Turquie, la part des internautes était de 84 % et 83 %, respectivement, en 2022. proche de la moyenne européenne de 90 %. En Serbie et en Turquie, la part des internautes était de 84 % et 83 %, respectivement, en 2022. proche de la moyenne européenne de 90 %. En Serbie et en Turquie, la part des internautes était de 84 % et 83 %, respectivement, en 2022.
Fréquence d’utilisation d’internet, 2022, (% des individus âgés de 16 à 74 ans)
Internet est essentiellement un moyen de communication. Pourtant, la communication est une activité indispensable dans tous les domaines de la vie quotidienne. En conséquence, Internet s’est répandu dans une grande variété de domaines. Les enquêtes TIC collectent des données sur la médiation d’internet pour un très grand nombre de finalités telles que la communication, l’accès à l’information, l’utilisation de divertissements, En 2022, la proportion d’individus dans l’UE ayant suivi un cours en ligne était de 16 %. Aux Pays-Bas et en Finlande, plus de 30 % des individus âgés de 16 à 74 ans avaient suivi un cours en ligne en 2022. En comparaison, la part des individus ayant suivi un cours en ligne était inférieure à 10 % en Roumanie (3 %), Pologne et Bulgarie (8 % chacun).
Individus ayant suivi un cours en ligne (toute matière confondue), 2022, (% des individus âgés de 16 à 74 ans)
La recherche d’informations sur la santé en ligne : en 2022, 52 % des citoyens de l’UE ont recherché des informations relatives à la santé en ligne (par exemple, blessures, maladies, nutrition, amélioration de la santé, etc.). En Finlande, la proportion atteignait 81 % et elle était supérieure à 70 % dans trois autres États membres : les Pays-Bas (78 %), Chypre (73 %) et le Danemark (71 %). La Roumanie (29 %) et l’Allemagne (37 %) ont enregistré la part la plus faible parmi les États membres en 2022
Individus ayant recherché des informations de santé en ligne, 2022
(% des individus âgés de 16 à 74 ans) 
c/ Achat sur internet
Internet contribue aussi au commerce : un Européen sur deux l’a utilisé au cours des douze derniers mois pour réaliser des achats en ligne, avec de fortes disparités selon les pays : 91 % des Britanniques l’ont fait en 2019, contre 29 % des Bulgares ou des Roumains. Comparativement, la revente de biens via Internet (19 %) reste plutôt rare.
La proportion de personnes âgées de 16 à 74 ans dans l’UE qui ont commandé ou acheté des biens ou des services sur Internet pour un usage privé était de 68 % en 2022, contre 54 % en 2017. Avec 88 %, le Danemark et les Pays-Bas ont enregistré les pourcentages les plus élevés de personnes ayant commandé ou acheté des biens et services en ligne. Dans les États membres suivants, la part des particuliers ayant commandé ou acheté des biens et des services dépassait 75 % : Suède, Luxembourg, Finlande, Tchéquie, Slovaquie, Allemagne et France. En revanche, cette proportion était la plus faible en Roumanie (30 %) et en Bulgarie (23 %). La plus forte augmentation de la proportion d’individus ayant commandé ou acheté des biens ou des services sur Internet entre 2017 et 2022 a été observée en Hongrie (hausse de 31 points de pourcentage) et en Roumanie (hausse de 30 points de pourcentage).
Individus ayant commandé des biens ou des services sur Internet pour un usage privé au cours des 12 mois précédant l’enquête, 2016 et 2021, (% d’individus âgés de 16 à 74 ans)
d) utilisation d’internet des usages pour contacter les pouvoirs publics et autres usages
En 2021, la part des particuliers (âgés de 16 à 74 ans) dans l’UE qui ont utilisé un site web ou une application pour louer un logement auprès d’une entreprise ou d’un particulier au cours des 3 mois précédents s’élevait à 9 %. Cette proportion allait de 24 % aux Pays-Bas suivis du Luxembourg (23 %) et de moins d’un cinquième pour dix pays comme l’Espagne, la Belgique et le Danemark, à moins d’un individu sur 10 dans quinze États membres de l’UE, avec les proportions les plus faibles. enregistré en Grèce, en Italie et en Lettonie (3 %) et à Chypre, en Pologne et en Roumanie (tous à 2 %). La location de logements en ligne était plus fréquente chez les personnes d’âge moyen (25 à 54 ans) avec 12 % que chez les jeunes générations (16 à 24 ans) avec 8 % ou les générations plus âgées (55 à 74 ans) avec 5 %. La plupart de ces services ont été commandés via des sites Web ou des applications dédiées, qui agissent comme des intermédiaires,
Une analyse similaire montre la part des individus qui ont utilisé un site Web ou une application pour acheter un service de transport auprès d’un autre individu ou d’une entreprise de transport. Ce type de service était souvent effectué via des sites Web et des applications dédiées (par exemple, Liftshare, UberPool ou Wundercar) ou une entreprise de transport (bus local, train, taxi, …) ; l’utilisation moyenne de ces types de services dans l’UE par les individus (âgés de 16 à 74 ans) était de 8 %. Parmi les États membres de l’UE, la part des particuliers utilisant un site Web ou une application pour acheter un service de transport en 2021 a culminé en Estonie (27 %), suivie de la Suède (21 %). Il était courant de constater que moins de 1 personne sur 10 utilisait un site Web ou une application pour organiser des services de transport ; en effet, cette situation a été observée dans douze États membres.
Par aillreurs 53 % des Européens (avec de fortes variations selon l’âge) ont contacté les pouvoirs publics par Internet en 2019, contre 35 % en 2008 ; 44 % ont utilisé Internet en 2019 pour obtenir des informations à partir des sites web des pouvoirs publics contre 32% en 2008 et 32 % pour télécharger des formulaires officiels en 2018 contre 23 % en 2008.
Utilisation d’internet: pour leurs contacts avec les pouvoirs publics (12 derniers mois) : pourcentage des particuliers en %
Utilisation d’internet: pour obtenir des informations à partir de sites Web des pouvoirs publics : pourcentage des particuliers en %
2/ Les entreprises
Le développement du numérique dans les entreprises a plusieurs facettes :
a) L’usage en France
1 -Utilisation des dispositifs interconnectés
En 2020, 10 % des sociétés de 10 personnes ou plus utilisent l’Internet des objets. Ces systèmes interconnectés permettent de superviser et de contrôler des objets à distance grâce à des échanges de données par Internet. Ils sont d’autant plus utiles que le nombre d’équipements et de produits à prendre en charge est important, car ils automatisent et centralisent leur gestion. Ainsi, le recours aux systèmes interconnectés augmente avec la taille des sociétés : 7 % des petites sociétés (10 à 19 personnes) en sont dotées et jusqu’à 29 % des grandes sociétés (250 personnes ou plus). Le secteur des transports est le plus équipé (16 %). À l’opposé, le commerce de gros et le commerce et la réparation automobile, ainsi que l’hébergement et la restauration y ont le moins recours (7 %). Pour ce dernier secteur, cela s’explique notamment par la plus faible proportion de grandes sociétés figure 1 : 7 % des sociétés y emploient 50 personnes ou plus, contre 15 % dans l’ensemble des secteurs. D’ailleurs, 7 % des petites sociétés de l’hébergement et de la restauration utilisent un dispositif interconnecté, soit autant que l’ensemble des petites sociétés [7].
Utilisation des dispositifs interconnectés par secteur en fonction de la part des sociétés de 50 personnes ou plus en 2020

2 – Une complémentarité de l’internet des objets avec le cloud computing et le big data
L’interconnexion des objets génère une quantité importante de données (big data). De ce fait, l’utilisation du cloud est complémentaire à ces dispositifs grâce à ses infrastructures et ses solutions de stockage. Les sociétés de 10 personnes ou plus achètent ainsi près de deux fois plus souvent des services de cloud computing lorsqu’elles utilisent des dispositifs interconnectés (44 % contre 25 %). En analysant ces nombreuses données, les sociétés peuvent optimiser leurs processus de production. En 2019, 40 % des sociétés effectuent des analyses de données massives lorsqu’elles utilisent des dispositifs interconnectés, contre 17 % sinon. C’est notamment le cas de 70 % des sociétés dans les transports.
3 – L’impression 3D, encore principalement utilisée par les grandes sociétés
L’usage de technologies plus spécialisées, comme l’impression 3D ou la robotique, progresse mais reste minoritaire. En 2019, 4 % des sociétés de 10 personnes ou plus ont recours à l’impression 3D, réalisée en interne ou en faisant appel aux services d’une société filiale ou prestataire. Comme en 2017, les grandes sociétés impriment plus souvent en interne (14 %) (graphique suivant)qu’à l’aide des services d’une autre société (8 %).
Utilisation de l’impression 3D en 2017 et 2019 selon la maîtrise d’œuvre et la taille des sociétés 
L’impression 3D progresse dans l’industrie (12 %, après 10 % en 2017), où elle est la plus répandue, en particulier dans la fabrication de produits informatiques, électroniques et optiques, d’équipements électriques et de machines et équipements (36 %). Pour 84 % des sociétés de 10 personnes ou plus, l’impression 3D sert avant tout à réaliser des prototypes et des maquettes. À l’origine, l’impression 3D ne permettait de fabriquer que ce type de produits. Avec les nouveaux matériaux d’impression, le procédé permet désormais de fabriquer d’autres biens, comme des outils ou des pièces détachées. Il concerne 46 % de ces sociétés utilisant l’impression 3D, soit 11 points de plus qu’en 2017. La pratique progresse à la fois pour les biens vendus (23 % après 15 %) et pour les biens utilisés en interne (37 % après 29 %).
4 – La robotique reste majoritairement utilisée dans l’industrie
En 2020, 8 % des sociétés de 10 personnes ou plus utilisent un robot. Elles utilisent deux fois plus souvent des robots industriels que des robots de service . Les premiers sont majoritairement utilisés dans l’industrie pour automatiser des tâches manuelles, où 22 % des sociétés en sont équipées. En effet, 63 % des sociétés dotées d’un robot industriel sont industrielles. Cette utilisation s’est malgré tout diversifiée, puisqu’elles étaient 68 % en 2018.
Tâches réalisées par les robots de service dans les sociétés en 2020
La robotique est d’ailleurs surreprésentée en France, contrairement à l’utilisation des systèmes interconnectés et à l’impression 3D. Les sociétés françaises sont parmi celles qui utilisent le moins les systèmes interconnectés dans l’Union européenne (UE) : 10 %, contre 18 % des sociétés européennes figure. La France se place à l’avant-dernier rang devant la Roumanie. C’est en Finlande (40 %), en Autriche (32 %) et en Belgique (27 %) que les sociétés y ont le plus recours. L’impression 3D est légèrement moins répandue en France (4 % des sociétés) que dans l’UE (5 %). 2 % des sociétés l’utilisent en Roumanie, en Irlande, en Estonie et en Lettonie, et jusqu’à 9 % au Danemark. La robotique est en revanche un peu plus répandue, avec 8 % d’utilisation en France, contre 7 % dans l’UE. Ce taux varie de 2 % en Irlande à 13 % au Danemark.
Utilisation des systèmes interconnectés dans l’Union européenne en 2020
5 – les sites web
Le plus souvent, le site web sert à décrire les biens et les services proposés par l’entreprise et permet, dans un quart des cas, de commander ou de réserver en ligne. En 2018, 8 % des sociétés de 10 personnes ou plus implantées en France utilisent un robot : 27 % des sociétés de 250 personnes ou plus, contre 5 % des sociétés de 10 à 19 personnes. Leur utilisation est plus fréquente dans l’industrie (23 %) (tableau suivant).
Connexion internet, sites web et technologies des sociétés selon le secteur ou leur taille en 2018 en %
6 – Le commerce électronique pèse de plus en plus dans l’activité des entreprises
De façon précise, la vente (commerce) en ligne regroupe toutes les ventes pour lesquelles la commande a été passée sur Internet. L’ensemble des secteurs d’activité y ont recours, qu’il s’agisse de vente de biens (produits alimentaires, biens culturels, etc.) ou de vente de services (réservation de voyages, abonnements pour l’électricité, etc.). S’agissant des ventes en ligne de biens aux particuliers par le commerce de détail (hors automobiles et motocycles), ce secteur d’activité réaliserait 25 % du chiffre d’affaires total de vente en ligne aux particuliers selon l’Insee, soit 27 milliards d’euros. L’industrie et les services réalisent respectivement 32 % et 35 % du chiffre d’affaires total de vente en ligne aux particuliers, tandis que le commerce de gros et l’automobile en réalisent respectivement 6 % et 2 %.

Le commerce électronique prend ainsi une place de plus en plus importante dans l’activité des sociétés implantées en France. En 2019, 17 % des sociétés de 10 personnes ou plus effectuent des ventes électroniques, composées des ventes web et des ventes EDI (tableau suivant). Cette part augmente en fonction de la taille de la société : de 12 % pour les entreprises de 10 à 19 personnes à 45 % pour celles de 250 personnes ou plus. Les ventes électroniques concernent davantage les secteurs de l’hébergement (35 %) et du commerce (28 %). Elles sont en revanche marginales dans la construction (1 %). Ces ventes électroniques représentent 23 % des ventes réalisées par les sociétés de 10 personnes ou plus en 2019, en légère progression par rapport à 2017 (+ 1,5 point).
L’importance des ventes électroniques dans le total des ventes croît avec la taille des sociétés. Une vente sur trois est électronique pour les sociétés de 250 personnes ou plus, contre une sur vingt pour celles de 10 à 19 personnes. Un tiers des ventes réalisées dans l’industrie et dans les transports sont électroniques.
Lors de la crise sanitaire de la Covid-19, Internet a permis aux entreprises de poursuivre les ventes aux particuliers malgré un accès limité aux magasins. Si le contexte épidémique a mis en avant ce mode de vente, celui-ci n’est pas nouveau. En 2019, 70 % des personnes avaient en effet réalisé un achat sur Internet, et déjà 40 % en 2009.
Ventes électroniques selon le secteur et la taille en 2019 en %

La proportion des ventes électroniques a augmenté de 5 points entre 2015 et 2017, soit autant qu’entre 2007 et 2015. L’augmentation est particulièrement nette pour les sociétés de 250 personnes ou plus pour lesquelles la part des ventes dématérialisées a presque doublé en dix ans et atteint 30 % de leur chiffre d’affaires en 2017. La majeure partie du commerce électronique s’effectue entre sociétés (86 % du chiffre d’affaires du commerce électronique), principalement par échange de données informatisé. Les achats des particuliers sur Internet ne représentent finalement que 14 % du chiffre d’affaires du commerce électronique des sociétés.
Dans l’hébergement et la restauration, 28 % des sociétés françaises ont reçu des commandes ou des réservations via Internet. Parmi ces sociétés, 67 % l’ont notamment fait sur des places de marché contre 38 % pour l’ensemble des sociétés de 10 personnes ou plus vendant en ligne. En 2017, un quart des sociétés a envoyé des factures dans un format structure permettant leur traitement automatique. Plus de la moitie des grandes sociétés (250 personnes ou plus) en a émis, contre un tiers des sociétés de 50 a 249 personnes et moins d’un quart pour les autres. Alors qu’’un tiers des sociétés du commerce de gros émet de telles factures, moins d’une société sur cinq de l’hébergement-restauration le fait.
Au sein de chaque entreprise, l’émission de factures structurées est complétée ou concurrencée par d’autres modes. Ainsi, quels que soient le secteur ou la taille, l’émission de factures papier reste répandue : deux tiers des sociétés déclarent avoir émis certaines factures uniquement au format papier. C’est un peu plus dans Le commerce de gros (71 %) et un peu moins dans l’information‑communication (55 %). Au final, seules 5 % des sociétés émettent plus de la moitie de leurs factures dans un format structure permettant un traitement automatique.
1 – Entreprises connectées à Internet via le haut débit fixe
En 2024, la grande majorité (95,36 %) des entreprises de l’UE comptant au moins 10 salariés et des travailleurs indépendants utilisaient une connexion fixe à haut débit pour accéder à l’internet (graphique suivant). La part était encore plus élevée pour les moyennes et grandes entreprises, où la quasi-totalité d’entre elles ont déclaré se connecter à l’internet par le haut débit fixe.
Avec presque toutes les entreprises connectées à Internet via le haut débit, la vitesse de ces connexions mérite toujours l’attention, car l’utilisation d’autres technologies plus avancées par les entreprises repose souvent sur le haut débit de l’Internet. En 2024, 6,53 % des entreprises de l’UE avaient une vitesse de connexion internet inférieure à < 30 Mb/s, les parts les plus élevées ayant une connexion comprise entre ≥ 30 Mb/s mais < 100 Mb/s (23,58%) et entre ≥ 100 Mb/s mais < 500 Mb/s (32,37 %). Plus d’un sixième (17,70 %) avaient une connexion de l’ordre de ≥ 500 Mb/s mais < 1 Gb/s, tandis que les connexions internet les plus rapides (au moins 1 Gb/s) étaient utilisées par 15,09 % des entreprises de l’UE. Comme le montre le graphique 1, la part des grandes entreprises utilisant les vitesses de connexion les plus rapides (≥ 1 Gb/s) était presque trois fois plus élevée (36,40 %) que celle enregistrée pour les petites entreprises (13,27 %).
Entreprises avec connexion fixe à large bande, par classe de taille et vitesse, UE, 2022, (% des entreprises)
2 – En 2021, 78 % des entreprises de l’UE disposaient d’un site web
L’utilisation des TIC a le potentiel d’apporter des changements importants à la façon dont les entreprises sont gérées, l’adoption de solutions fondées sur les TIC dans les processus opérationnels est souvent appelée «e-business». Le graphique suivant présente des informations relatives à l’un des types de commerce électronique les plus élémentaires utilisés par les entreprises, à savoir la création d’un site Web. En 2021, plus des trois quarts (78 %) des entreprises de l’UE disposaient d’un site web, avec une proportion beaucoup plus élevée pour les grandes entreprises (94 %) que pour les petites entreprises (75 %). La fonctionnalité la plus populaire fournie par les sites Web des entreprises était liée à la description des biens et services et aux listes de prix (62 % des entreprises) ainsi qu’aux liens ou références aux profils des médias sociaux des entreprises (41 %).
Entreprises disposant d’un site web, par fonctionnalité et classe de taille, UE, 2021, (% des entreprises)
3 – Le Cloud Computing
Au lieu de construire ou d’étendre leur propre infrastructure informatique, les entreprises peuvent acheter des ressources informatiques hébergées par des tiers sur Internet. Ce pool de ressources est le plus communément appelé «informatique en nuage (cloud computing)» et comprend un accès flexible, à la demande, à des services tels que les logiciels, la puissance de calcul, la capacité de stockage, etc.

En 2021, 34 % des entreprises de l’UE ont déclaré avoir acheté des services de cloud computing sophistiqués ou intermédiaires (c’est-à-dire au moins l’un des éléments suivants : applications logicielles financières ou comptables ; applications logicielles de planification des ressources d’entreprise (ERP) ; gestion de la relation client (CRM) applications logicielles ; applications logicielles de sécurité ; hébergement de la ou des bases de données de l’entreprise ; plate-forme informatique fournissant un environnement hébergé pour le développement, les tests ou le déploiement d’applications). Les proportions les plus élevées d’utilisateurs de services cloud sophistiqués ou intermédiaires parmi les entreprises se trouvaient en Suède (69 %) et en Finlande (66 %), suivies du Danemark (62 %) et des Pays-Bas (60 %). Dans 14 États membres, la proportion d’entreprises utilisant le cloud computing sophistiqué ou intermédiaire était inférieure à la moyenne de l’UE.
Entreprises utilisant des services de cloud computing sophistiqués ou intermédiaires, 2021, (en % des entreprises)

4 – L’intensité numérique
L’adoption des technologies numériques par les entreprises peut potentiellement améliorer les services et les produits et accroître la compétitivité. La crise provoquée par le COVID-19 a également montré que la numérisation est cruciale pour améliorer la résilience économique des entreprises.
Le niveau de numérisation des entreprises de l’UE est mesuré par l’indice d’intensité numérique (IDN). Le IDN mesure l’usage des différentes technologies numériques par les entreprises. Comme déjà dit, son score (0-12) est déterminé par le nombre d’entreprises parmi les 12 technologies numériques sélectionnées qui sont utilisées par les entreprises. Plus le score est élevé, plus l’intensité numérique de l’entreprise est élevée, allant de très faible (0-3 technologies utilisées), en passant par faible (4-6), élevée (7-9) et très élevée (10-12). L’indice d’intensité numérique permet de distinguer 4 niveaux d’intensité numérique pour chaque entreprise : très faible, faible, élevé et élevé. Les 12 variables concernent l’utilisation des technologies de l’information et de la communication (TIC), par exemple, l’utilisation de la planification des ressources de l’entreprise (ERP) pour partager des informations entre l’utilisation des médias sociaux et des technologies d’intelligence artificielle (IA).
Selon l’un des objectifs de la vision de l’UE pour la décennie de la transformation numérique, plus de 90 % des petites et moyennes entreprises (PME) de l’UE devraient atteindre au moins un niveau de base d’intensité numérique d’ici 2030. Le niveau de base implique le utilisation d’au moins quatre des technologies sélectionnées, ce qui signifie qu’elle inclut les entreprises à IDN faible, élevé et très élevé.
En 2022, 69 % des PME de l’UE ont atteint un niveau de base d’intensité numérique, soit 21 % de moins que l’ambition fixée pour 2030. La majorité des PME avaient un faible niveau de numérisation, 31 % d’entre elles obtenant un très faible niveau de IDN. et 38 % un faible niveau de IDN.
Parmi toutes les entreprises de l’UE, 70 % ont atteint un niveau de base d’intensité numérique. Le niveau de IDN variait considérablement selon les entreprises de différentes classes de taille, avec 97 % parmi les grandes entreprises, contre 88 % parmi les moyennes entreprises et 66 % parmi les petites entreprises. Les grandes entreprises se distinguent par la part la plus élevée d’intensité numérique très élevée (30 %) par rapport aux entreprises d’autres classes de taille – 10 % parmi les entreprises de taille moyenne et 2 % parmi les petites. Les grandes entreprises représentaient également la plus faible proportion d’entreprises présentant un très faible niveau d’intensité numérique (3 %) (graphique suivant).
Intensité numérique des entreprises, par classe de taille, UE, 2022, (% d’entreprises)
En 2022, seules 4 % des PME ont atteint un niveau DII très élevé, tandis que 27 % ont atteint un niveau élevé. La plupart des entreprises de petite et moyenne taille ont enregistré des niveaux de DII faibles (38 %) ou très faibles (31 %). Les proportions les plus élevées de PME atteignant un niveau DII très élevé se trouvaient au Danemark (12 %), en Suède et en Finlande (9 % chacun). La Bulgarie et la Grèce étaient à la traîne, avec moins de 20 % de PME atteignant une intensité numérique élevée ou très élevée. Les niveaux d’intensité numérique parmi les PME ne différaient pas beaucoup des niveaux d’intensité numérique parmi les entreprises de toutes tailles, tant au niveau de l’UE qu’au niveau national (graphique suivant).
En 2023, le niveau d’intensité numérique dans l’UE était de nouveau plus élevé dans les grandes entreprises (250 personnes ou plus employées) que dans les petites entreprises (10-49 personnes employés). Près de la moitié (45,4 %) des petites entreprises de l’UE avaient une très faible ‘intensité numérique en 2023, contre 9,0 % des grandes entreprises. grandes entreprises. En revanche, 26,3 % des grandes entreprises ont une intensité numérique très élevée, contre 9,6 % des moyennes entreprises (50-249 personnes employées) et 3,5 et 3,5 % des petites entreprises.
Intensité numérique des entreprises, par classe de taille, 2022, (% d’entreprises)
5 – Emploi et recrutement de spécialistes des TIC
En 2024, 20,05 % des entreprises de l’UE employaient des spécialistes des TIC. Le pourcentage de grandes entreprises employant des spécialistes des TIC (78,44 %) était plus de cinq fois supérieur au pourcentage de petites entreprises employant des spécialistes des TIC (14,04 %) (graphique suivant). En 2024, 9,55 % des entreprises de l’UE ont déclaré avoir recruté ou tenté de recruter des spécialistes des TIC en 2023 et 5,49 % ont eu des difficultés à pourvoir ces postes vacants.
Entreprises employant, recrutant et ayant des postes vacants difficiles à pourvoir pour les spécialistes des TIC, par classe de taille, UE, 2024 (% des entreprises)
La formation est essentielle pour améliorer ou doter les employés de nouvelles compétences en TIC. La formation aux TIC est pertinente pour l’ensemble du personnel, en particulier pour les spécialistes des TIC, mais aussi pour les autres employés, c’est-à-dire les non-spécialistes des TIC. En 2023, 22,29 % des entreprises de l’UE ont dispensé une formation à l’ensemble de leur personnel afin d’améliorer leurs compétences en matière de TIC. Le ratio a atteint 72,62 % parmi les grandes entreprises, soit plus de quatre fois plus que pour les petites entreprises (17,21 %)
Entreprises employant des spécialistes en TIC, 2024 (% des entreprises)
6 – Entreprises actives dans le commerce électronique
Le commerce électronique fait référence au commerce de biens ou de services sur des réseaux informatiques tels qu’Internet. Les ventes en ligne concernent la réception de commandes par des méthodes spécialement conçues pour la réception de commandes, soit via échange électronique de données ou par l’intermédiaire de sites web ou d’applications (ventes en ligne); les commandes reçues au moyen de messages électroniques saisis manuellement sont exclues.
Près d’une entreprise de l’UE sur quatre a réalisé des ventes en ligne en 2023.
En 2023, 23,83 % des entreprises de l’UE ont réalisé des ventes par voie électronique. Ces ventes en ligne représentaient 19,12 % du chiffre d’affaires total généré en 2023 (graphique suivant).
Entreprises réalisant des ventes électroniques et chiffre d’affaires provenant des ventes électroniques, par classe de taille, UE, 2023, (% d’entreprises / % du chiffre d’affaires 
Les entreprises qui reçoivent des commandes de commerce électronique peuvent être divisées entre celles qui effectuent des ventes électroniques via un site Web ou des applications (ventes en ligne) et celles qui effectuent des ventes électroniques via l’échange de données informatisé (EDI). Bien qu’une proportion plus élevée (20,55 %) d’entreprises aient utilisé des sites web et des applications pour réaliser des ventes en ligne en 2023 que les ventes de type EDI (6,14 %), la part du chiffre d’affaires généré par les ventes en ligne dans le chiffre d’affaires total généré par les entreprises de l’UE était relativement faible, s’établissant à 7,32 %, contre 11,78 % pour le chiffre d’affaires généré par les ventes de type EDI (graphique suivant). En termes relatifs, la répartition du chiffre d’affaires entre celui généré par les ventes en ligne via des messages de type EDI et celui généré par les ventes en ligne a été la plus prononcée en Slovénie, au Danemark, en Italie et en Finlande, où les ventes de type EDI représentaient une part du chiffre d’affaires total au moins deux fois supérieure à celle enregistrée pour les ventes en ligne. En revanche, en Lettonie, en Irlande, en Lituanie, en Bulgarie, à Chypre et en Grèce, la part du chiffre d’affaires total générée par les ventes en ligne était supérieure à celle générée par les ventes de type EDI.
Chiffre d’affaires des ventes électroniques, par type de commande, 2023 (% du chiffre d’affaires total) 
Dans l’ensemble de l’UE, les entreprises ont généré 7,32 % (La France venant en dernier avec 4,35 %) de leur chiffre d’affaires total grâce aux ventes en ligne en 2023, consistant en des ventes par l’intermédiaire d’un site web ou d’applications. La figure 18 présente une analyse de la répartition de ces ventes entre les différents types de clients. Le chiffre d’affaires total provenant des ventes Web à d’autres entreprises et au gouvernement (B2BG) était de 3,87 %, tandis que 3,42 % du chiffre d’affaires total provenait des ventes Web d’entreprise à consommateur (B2C).
En 2023, 85,77 % des entreprises de l’UE réalisant des ventes en ligne utilisaient leur propre site web ou application pour leurs ventes, tandis que 45,25 % utilisaient un marché du commerce électronique. En Estonie (98,11 %), en Tchéquie (95,12 %) et en Suède (95,04 %), plus de 95 % des entreprises réalisant des ventes en ligne ont vendu en ligne par l’intermédiaire de leur propre site web ou application. La part la plus faible a été enregistrée en Lituanie (46,87 %), où les entreprises réalisant des ventes en ligne préféraient vendre via des places de marché de commerce électronique (86,64 %). Des parts élevées d’entreprises réalisant des ventes en ligne par l’intermédiaire de places de marché de commerce électronique ont également été enregistrées en Pologne (63,46 %), en Grèce (63,37 %), à Chypre (62,49 %) et en Italie (60,40 %)
c) Quelques données complémentaires au niveau mondial
L’OCDE publie aussi de nombreuses données sur son site. Il a ainsi identifié ci-dessous les cinq principales catégories qui sont importantes pour évaluer les marchés du haut débit. Par exemple l’Internet haut débit par fibre a dépassé pour la première fois le câble pour devenir la principale technologie haut débit fixe dans les 38 pays membres de l’OCDE avec 34,9 % des abonnements haut débit fixe, selon les dernières données. Les abonnements à la fibre ont augmenté de 18,6 % sur l’année 2021 pour devancer le câble, qui représente désormais 32,4 % des abonnements haut débit fixes, tandis que le DSL à 27 % est en baisse. C’est une bonne nouvelle pour la fourniture de services et d’applications à forte intensité de données, compte tenu de la capacité symétrique offerte par la fibre. La plus forte croissance a été enregistrée au Costa Rica, en Israël, en Grèce et en Belgique, qui ont tous augmenté leurs connexions par fibre de plus de 80 % en 2021. La part de la fibre dans le haut débit total est désormais de 50 % ou plus dans 13 pays de l’OCDE, dépassant 50 % en 2021. au Chili, en Finlande, au Luxembourg, en Nouvelle-Zélande, en Norvège et au Portugal, et plus de 70 % en Islande, au Japon, en Corée, en Lettonie, en Lituanie, en Espagne et en Suède.
Abonnements au haut débit fixe pour 100 habitants, par technologie, décembre 2021
Abonnements au haut débit mobile pour 100 habitants, par technologie, décembre 2021
Utilisation des données mobiles par abonnement au haut débit mobile et par mois, 2021
Croissance annuelle des abonnements à la fibre optique, 2020-2021
Progression des abonnements au haut débit fixe par technologie (en millions)
VI – LE PARTAGE VOLUME-PRIX ET LES ÉVOLUTIONS DES PRIX
On ne s’intéresse ici qu’au partage volume-prix des produits du numérique, non à celui des branches d’activité qui utilisent ces produits pour en fabriquer d’autres.
Il convient de distinguer les biens et les services. On s’interroge ainsi sur la mesure de la croissance du PIB en volume [8]. Pou juger du partage volume-prix des activités numériques, mieux vaut se référer au prix de production ou de consommation des ménages qu’aux prix de valeur ajoutée. D’une part, les critiques sur la qualité du partage volume-prix portent sur les prix de production. Le manuel d’Eurostat des volumes et des prix de 2005 s’intéresse d’abord aux prix de production D autre part la valeur ajoutée en volume résulte du calcul de la double déflation, donc est plus fragile. Or on dispose de la production en volume de quelques pays sur longue période dans la base de données d’Eurostat, ce qui est relativement nouveau. Dans la page partage Partage Volume Prix, on s’est référé aux données de l’OCDE pour analyser les évolutions des prix en prenant en compte les États-Unis.
1/ Les évolutions de prix des biens du numérique
a) l’indice de prix à la consommation (IPC)
Pour le calcul de l’indice de prix, lorsqu’un produit disparaît, il est rarement possible dans le cas des produits informatiques, électroniques (téléphonie mobile) de procéder à un remplacement « en équivalent » (c’est-à-dire de remplacer un ancien produit par un nouveau et de calculer directement l’évolution de prix entre ces deux produits), car les nouveaux produits mis sur le marché sont nettement plus performants que les anciens modèles, donc ne peuvent pas leur être directement comparés. La solution retenue dans l’indice des prix à la consommation (IPC) consiste à imputer au nouveau produit, lors de son introduction, une évolution de prix estimée selon différentes méthodes.
Compte tenu du turnover de ces produits, il est légitime de penser qu’une grande partie du changement de valeur se fait au moment de l’introduction de nouveaux produits. Dès lors, les ajustements pour la qualité sont cruciaux. Or, les méthodes retenues pour effectuer ces ajustements sont différentes dans les cas français (méthode par recouvrement essentiellement) et allemand (modèles hédoniques). D’autres méthodes plus directes sont également employées, estimant explicitement la différence de qualité.
Sur ces produits hautement technologiques, les ajustements qualité se font dans leur quasi‑totalité par une méthode de recouvrement, en considérant que la différence de prix observée entre le produit nouveau et disparu est une différence de qualité. Celui-ci est positif lorsque le modèle de remplacement est plus perfectionné et négatif lorsqu’il est plus simple. Des modèles hédoniques ont été testés mais ils se sont révélés de piètre qualité, soit que le nombre d’observations ait été insuffisant pour estimer de manière robuste les coefficients des modèles, soit du fait de la difficulté à modéliser le prix lui‑même en fonction de caractéristiques observables. Les modèles hédoniques reposent sur l’hypothèse que des caractéristiques observables, stables dans le temps, déterminent la qualité et par là même le prix de produits. Dans le cas où ces caractéristiques sont elles‑mêmes soumises à des innovations majeures, et sont difficilement identifiables, les modèles hédoniques ne permettent pas de résoudre le problème de la mesure de la qualité des nouveaux produits.
En rapportant la dépense des ménages pour le produit considéré à la quantité de pièces vendues, on obtient une valeur unitaire moyenne. Les fluctuations d’une valeur unitaire cumulent celle de l’indice de prix correspondant et celle de l’effet qualité. La baisse annuelle moyenne de prix des micro-ordinateurs est de 8,6 % par an entre 1995 et 2005. Sur la même période, la valeur unitaire moyenne de ces derniers n’a baissé que de 5,6 %. L’écart, dû à l’effet qualité, s’explique par la tendance longue du progrès technologique. Celui-ci est illustré par la « loi de Moore », qui veut que les performances des circuits intégrés (mémoires et processeurs) doublent tous les dix-huit mois.
Le succès des produits de téléphonie mobile rebondirait ainsi sur des produits nouveaux ou transformés. Leur prix initial est élevé alors que les performances sont limitées. La gamme s’élargit ensuite à des appareils moins chers, ce qui fait croître fortement les quantités vendues. Ensuite, la baisse des prix et l’évolution des fonctionnalités interviennent successivement, ce qui attire des consommateurs nouveaux et pousse au renouvellement rapide de ces produits.
Il reste que la baisse des prix de la consommation finale des ménages en « Matériel de téléphonie et de télécopie », est bien plus forte en France que dans la plupart des pays depuis 1995 : l’indice du prix est de 3,5 base 100 en 1995 (baisse de – 96%). On retrouve une telle baisse en Autriche, en Suède et en Finlande, surtout entre 1995 et 2007. Dans les autres pays, la baisse est moindre, notamment en Belgique (-60%) et au Royaume Uni (-20%), voire en Allemagne (-15%). Les évolutions sont d’ailleurs plus rapprochées pour la fonction » Matériel audiovisuel, photographique et de traitement de l’information ».

De même, l’écart entre les indices des prix à la consommation harmonisés (IPCH) français et allemand depuis le début des années 2000 est de plus de 6 points par an pour le matériel de téléphonie et de télécopie (qui comprend notamment les téléphones portables) et de près de 3 points par an pour le matériel audiovisuel, photographique et de traitement de l’information (qui comprend notamment les ordinateurs et tablettes). Ces écarts étaient quasi inexistants avant 2000.

Le sens des biais pour chaque méthode est difficile à estimer. Pour illustrer l’impact des ajustements qualité, l’Insee a proposé une simulation sur l’IPC français de 2016 à 2018 en n’effectuant aucun ajustement pour la qualité pour les produits disparus et remplacés appartenant au champ du matériel de téléphonie et de télécopie et du matériel audiovisuel, photographique et de traitement de l’information, c’est‑à‑dire que en considérant que les nouveaux produits sont équivalents aux générations précédentes en termes de qualité. Sans ajustement qualité, l’indice d’ensemble aurait été plus dynamique de 0.1 point par an.
b) l’indice de prix à la production
Il n’est nécessaire de commenter le graphique suivant si ce n’est qu’il confirme largement les évolutions des IPC selon les pays, sachant que les périodes sont différentes (1995-2017 pour les IPC, 2002-2019 pour les indices de prix à la production) . À savoir que les prix baissent particulièrement en France comme en Suède, ce qu’on observe pour les IPC, et comme en Allemagne, ce qui était moins net pour les IPC.
Évolutions des prix à la production (P1) des produits fabrication de produits informatiques, électroniques et optiques, base 100 en 2000 en %
2/ les services de télécommunication
Plusieurs questions se posent. Leurs réponses ne sont pas consensuelles. D’abord, l’interopérabilité croissante des TIC (télévision et voix sur internet, télévision et internet sur mobiles…) rend de plus en plus difficile la classification par service des télécommunications. des offres toujours plus innovantes et plus complexes des opérateurs.
Il faut rester prudent sur la qualité du partage volume prix de ces services. Les indices des prix à la consommation nationaux établis par l’OCDE pour le secteur des télécommunications montrent des tendances de croissance largement différentes entre 2002 et 2015, avec une baisse d’environ 40 % en Italie mais une hausse de près de 30 % au Canada. Ces écarts entre pays suggèrent que, au moins pour les biens et services numériques présentant des caractéristiques semblables, quel que soit le pays, il reste des progrès à faire sur le partage volume‑prix pour parvenir à prendre en compte les variations de qualité de façon plus cohérente. Prenons deux exemples étrangers.
Comme on l’a souligné dans la page partage Partage Volume Prix, les prix à la production (P1) de services de télécommunications baissent particulièrement en France entre 2000 et 2019, certes moins qu’au Danemark mais comme en Suède et bien plus que dans d’autres pays comme l’Allemagne.
Évolutions des prix à la production (P1) des Télécommunications, base 100 en 2000 en %
a) la méthode en France
Le partage volume‑prix des services de communication n’est pas simple. Cette difficulté ne tient pas uniquement aux innovations que connaît ce secteur (développement d’Internet, de la téléphonie mobile, de la data, 3G, 4G, etc.) mais également aux tarifications extrêmement complexes de ces services.
Les changements de tarification s’accompagnent souvent d’un changement du périmètre des offres commerciales proposées par les opérateurs qui couvrent en général plus d’un service (SMS, data, voix, fixes et mobiles, national et international, etc.), Ces offres sont sans cesse renouvelées. Les méthodes par recouvrement sont inadaptées. En outre, les caractéristiques de ces offres commerciales sont souvent peu adaptées à des modèles hédoniques : comment gérer par exemple le passage à des offres illimitées, sachant que, in fine, le consommateur n’en aura pas l’usage ? Pour toutes ces raisons, les indices de prix à la consommation européens favorisent les indices dits à « usage constant ». Ces indices, qui sont une approximation des indices à utilité constante, suivent la dépense minimale à laquelle doit consentir un consommateur pour satisfaire son usage spécifique et constant entre deux périodes.
Cette méthode pose toutefois un certain nombre de difficultés. Il faut tout d’abord être en mesure de décrire de manière précise les usages des consommateurs. L’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse) dispose d’informations très riches sur la clientèle des opérateurs, ce qui permet de la segmenter en un ensemble de profils de consommateurs.
Une seconde difficulté pour utiliser cette méthode à usage constant tient à la modélisation simplifiée du comportement du consommateur : dans le cas de l’IPC français, on fait l’hypothèse que celui‑ci connaît les différentes offres des opérateurs et ajuste en permanence son forfait de manière à minimiser sa dépense. Mais le consommateur n’ajuste souvent son forfait qu’au sein des offres d’un même opérateur, en négligeant ainsi la mobilité entre opérateurs, ce qui revient à traiter chaque opérateur comme proposant un produit différent.
Cette hypothèse réaliste au sein d’un marché initialement très segmenté a posé un problème avec l’arrivée en France d’un quatrième opérateur sur le marché de la téléphonie mobile en 2012‑2013, qui s’est accompagnée d’un transfert massif d’abonnés des anciens opérateurs vers ce nouveau concurrent : les prix pratiqués par le nouvel opérateur étant beaucoup plus bas, le chiffre d’affaires des services de télécommunication a chuté tandis que les minutes de communication et les SMS ont explosé. Or, l’IPC a traité les forfaits du nouvel opérateur comme des produits nouveaux et le différentiel de prix avec les forfaits historiques comme un différentiel de qualité. L’IPC a certes baissé nettement en 2012, mais uniquement via l’adaptation des tarifs des opérateurs historiques face à l’arrivée du nouveau concurrent. Mais cette adaptation n’a été que progressive et décalée par rapport aux transferts vers le nouvel opérateur.
Le partage volume-prix de la consommation finale des ménages n’a alors pas suivi l’IPC dont on a vu qu’il est fondé sur l’hypothèse que le consommateur est parfaitement informé des offres de prix et choisit la meilleure offre de prix correspondant à son profil parmi les offres d’un opérateur donné. Aussi, les quantités transmises par l’ARCEP (minutes de communication, SMS/MMS) ont été utilisées par les comptables nationaux pour l’évaluation des volumes de téléphonie mobile entre 2011 à 2014, ce qui a permis d’éviter de mesurer à tort un fléchissement des volumes dans un contexte concurrentiel. Toutefois, les données transmises par l’ARCEP ne permettent plus d’utiliser cette méthodologie désormais, et une nouvelle méthode, exploitant cette fois ci l’IPC compte tenu de la stabilisation récente du marché et malgré les hypothèses sous-jacentes à sa construction, a été élaborée.
Le volume des exportations est déterminé en déflatant la valeur estimée à partir des données de la Balance des Paiements par l’indice BtoE. Le partage volume-prix des consommations intermédiaires, solde de l’ERE en valeur (mais pas en volume : en volume c’est la production qui est le solde de l’ERE) est réalisé à partir de l’indice BtoB. La méthode d’évaluation des évolutions en volume serait considérée comme de type A. Mais après ce qui vient d’être dit, on peut émettre quelques réserves.
b) la méthode au Royaume Uni
Sur le marché des télécommunications, la principale question est de conceptualiser et mesurer le produit phare, à savoir «les données», en englobant le haut débit (fixe et mobile) et tous les autres services de télécommunications (appels téléphoniques, messages texte, etc.). Quelle est l’unité de mesure de volume la plus appropriée, tenant compte des variations de qualité et, par conséquent, le déflateur de prix le plus approprié à appliquer à la production nominale pour pouvoir estimer les volumes?
Cette question fait partie d’un ensemble plus vaste de questions semblables récemment posées quant à la mesure de l’économie numérique, mais qui ne font que ranimer de vieux débats, certes de manière particulièrement aiguë. L’innovation est la caractéristique fondamentale de l’économie numérique. Elle s’incarne dans de nouveaux produits et services, dans l’amélioration de la qualité et de la variété ou dans de nouveaux modèles économiques (comme les plateformes numériques). Elle participe des changements intervenus dans le secteur des télécommunications ces dernières années. L’innovation dans son ensemble est depuis longtemps problématique dans la construction des indices de prix : le principal problème repose sur le fait que la traditionnelle théorie des indices suppose que le panier de biens est fixe et reste exactement le même d’une période à l’autre, de sorte que les comparaisons peuvent se faire à périmètre constant.
Conséquence du changement technologique rapide enregistré dans le secteur des services de télécommunications, le poids des volumes des différents services est largement différent du poids de leurs revenus respectifs. Par exemple, les services de données représentent un poids très important en termes de volumes (mesurés par bit pour tous les services), mais beaucoup plus petit en termes de revenus. L’indice de prix utilise habituellement la pondération par les revenus. Les prix officiels pondérés en fonction des revenus ne mesurent pas bien les prix réellement payés pour des biens que les consommateurs considèrent comme un substitut presque parfait mais que l’indice traite comme des biens distincts même si la substitution par les consommateurs se poursuit dans le temps.
Au Royaume‑Uni, l’ONS déflate la production du secteur des services de télécommunications au niveau national agrégé au moyen d’un indice (au niveau du produit) comprenant deux composantes: premièrement, l’indice du prix à la consommation (IPC) couvrant les services et équipements de télécommunications et, deuxièmement, l’indice du prix à la production de services (IPPS) couvrant les services de télécommunications aux entreprises. En termes de poids, l’IPC représente environ les deux tiers du déflateur actuel, et l’IPPS le tiers restant. Entre 2010 et 2017, le déflateur global au niveau du produit a augmenté d’environ 3% dans le secteur des services de télécommunications malgré les avancées technologiques considérables réalisées durant cette période (comme le passage de la 3G à la 4G). Bien que cette méthode soit conforme aux normes internationales, elle découle de nombreux choix pragmatiques nécessaires à la construction d’un déflateur approprié pour la vente de services de télécommunications aux entreprises et aux consommateurs du Royaume‑Uni.
Des économistes anglais ont examiné deux possibilités alternatives de partage volume-prix [9].
- L’option A correspond à une version améliorée de l’indice des prix à la production de services, utilisant la méthodologie actuelle (qui se base sur des indices de valeur unitaire), avec une pondération par les revenus. L’IPPS actuel traite les services de voix et de texte séparément, et exclut les services de données. L’ajout des données au panier semble être une solution immédiate pour améliorer ce déflateur et résoudre certains problèmes de la méthode actuel. En conséquence, avec cette option, le haut débit et les données mobiles sont ajoutés à la voix et au texte dans l’IPPS actuel. Pour refléter l’écart potentiellement important entre les valeurs de consommation, nous construisons des indices de valeur unitaire plus fins et nous les agrégeons en fonction des poids des revenus. Cela se fonde largement sur l’IPPS actuel, mais avec des différences importantes: l’indice inclut les données mobiles et celles du haut débit, intègre les transaction B2All et est chaîné annuellement. Si l’on ôte la composante IPC du déflateur et si l’on utilise l’IPPS amélioré, les prix des services de télécommunications ont diminué d’environ – 37% entre 2010 et 2017,
- L’option B correspond à un indice de valeur unitaire calculé à partir de la consommation de données. Si l’on suppose une parfaite substituabilité, cette approche par la consommation de données dépend fondamentalement de la pondération par les volumes et, en théorie, reflète des variations basées uniquement sur les coûts. L’option B consiste à incorporer le point de vue de l’ingénierie considérant que le principal service produit par le secteur est la transmission de données, et, à cette fin, à convertir les différents services en unités de données (bits ou octets25) utilisées pour fournir le service. Du point de vue des réseaux, il y a peu de différence entre un appel vocal et un appel passé par Skype ou WhatsApp par exemple, au‑delà des différences entre les bits consommés par seconde. Pour la plupart des services, le nombre total de bits transmis durant la période d’utilisation du service est la caractéristique principale même si d’autres caractéristiques ont également leur importance. Ici, la baisse des prix serait beaucoup plus forte : – 96% entre 2010 et 2017.
Les effets qualité de la production y seraient donc très mal pris en compte. La consommation de données aurait augmenté de près de 2300% entre 2010 et 2017 au Royaume‑Uni, et pourtant la valeur ajoutée brute réelle du secteur des services de télécommunications a diminué de 8% entre 2010 et 2016, affichant l’un des taux de croissance de la productivité les plus bas de son histoire [7]. Ce décalage entre l’amélioration rapide des technologies et la performance économique mesurée vient en grande partie des déflateurs appliqués à la production. Dans ce contexte, certains suggèrent que les déflateurs officiels sous estiment la «vraie» baisse des prix de ces produits et, en conséquence, la croissance économique réelle.
En utilisant ces deux méthodes, ils concluent que les services de télécommunications ont enregistré une baisse de prix comprise entre 37% et 96% de2010 à 2017, bien au delà du déflateur actuel (+3%). Ces améliorations alternatives du calcul de l’indice des prix des services de télécommunications, qui permettent de prendre en compte des services de données haut débit, suggèrent que la production réelle du secteur des services de télécommunications a été largement sous‑estimée au Royaume‑Uni (et sans doute dans d’autres pays) ces dernières années.
Ces deux options illustrent une différence clé entre les approches des ingénieurs et des économistes : ceux-ci observent divers produits dont les prix et les poids sont différents au sein d’un panier de biens, fournis via la transmission de données, tandis que les ingénieurs observent le secteur des services de télécommunications ne produisant qu’un seul produit (les données transmises, qui sont utilisées de plusieurs façons pour fournir différents services), où le coût par bit de données a enregistré une baisse claire et significative au fil du temps.
c) La méthode en Australie
Depuis 2013‑2014, l’indice des prix d’accès à l’Internet corrigés de la qualité se fonde sur les variations de l’indice des prix à la consommation des équipements et services de télécommunication (IPC Télécom). L’IPC Télécom est corrigé de la qualité pour refléter, par exemple, des limites de téléchargement de plus en plus élevées, et a diminué d’environ 20 % depuis 2013‑2014. Les progrès technologiques ont en effet permis aux fournisseurs d’accès à l’Internet d’offrir à leurs clients des limites de téléchargement de plus en plus élevées pour un coût supplémentaire minime, voire nul, et parfois des forfaits illimités qui leur permettent de fidéliser leurs clients. De plus, compte tenu de l’émergence des tablettes et des smartphones, le nombre d’utilisateurs de services d’Internet sans fil a fortement augmenté.
Depuis le premier trimestre 2014, l’Office statistique australien utilise beaucoup plus de données de transactions dans le calcul de l’IPC australien, qui inclut les transactions relatives aux services de télécommunication. Ces données de transaction ont permis de remplacer les prix ponctuels de certains produits (précédemment collectés sur le terrain) par une valeur unitaire (fondée sur les données de transaction).
L’IPC Télécom a ainsi progressé durant la période précédant 2014‑2015 (c’est à dire avant l’adoption de l’approche de la valeur unitaire), puis a régulièrement reculé à compter de 2014‑2015 à mesure de la diminution progressive des prix corrigés de la qualité.. Toutefois, des informations disponibles (volume de données sans fil téléchargées et nombre d’abonnés) montrent que les volumes de téléchargement augmentent régulièrement depuis 2010. En conséquence, un redressement a été appliqué afin de saisir la croissance de la production réelle, sous‑estimée durant la période précédant l’introduction de la méthode de la valeur unitaire, entre 2008‑2009 et 2013‑2014
4/ les logiciels
Les logiciels regroupent des services variés, dont la multiplicité complexifie les estimations : dépenses en traitement des données et portail internet et dépenses en logiciels « standard » mesurées en France à partir de la statistique d’entreprise, dépenses en logiciels spécifiques via le recours à des sociétés de services en ingénierie informatique, estimées également à partir de la statistique d’entreprise mais en retirant du mieux possible ce qui relève des consommations intermédiaires. Pär ailleurs, une part importante des dépenses en logiciels (plus de 30 %) relève de dépenses réalisées en interne dans les entreprises pour développer des logiciels à façon, et mesurées par les comptables nationaux à partir de données sur les rémunérations en sélectionnant les professions susceptibles d’être impliquées dans ces développements. Faute d’éléments spécifiques sur le prix réel de ces dépenses, le prix de marché des dépenses « externes » leur est en général appliqué.
a) La production
La production de l’ensemble des branches des services (90 % des ressources des ERE), pour un compte définitif, est estimée directement en valeur à partir des ventes branches issues de la statistique d’Esane. Le partage volume-prix de la production est généralement réalisé à partir des IPC ou des IPSE (indice des prix des services aux entreprises).
Lors d’un compte semi-définitif, la production en volume est obtenue en déflatant la valeur (indice de chiffre d’affaires) par des IPC ou des IPSE.
Ainsi, pour les produits J58Z1 et J60Z1 le prix choisi est en priorité le déflateur de la consommation des ménages, en l’occurrence l’IPC. Si l’utilisation de l’IPC pose des problèmes de cohérence au sein des ERE, le prix suit les IPSE disponibles. Pour les autres produits la valeur est déflatée par un IPSE (BtoAll).
Les ERE J58Z, J59Z, J61Z et J62Z comportent des importations (10 % des ressources des ERE) estimées en valeur à partir des données de la Balance des Paiements. Dans le cas où un IPSE (BtoE) est disponible (cas des J58Z2, J61Z et J62Z), il est utilisé pour le partage volume-prix des importations. Pour les autres ERE, le partage volume-prix est déterminé en utilisant le déflateur de la production.
L’utilisation du prix de production peut être remise en question si des IPSE (BtoE) sont disponibles.
Le volume des impôts (part très faible dans le total des ressources) suit l’indice de volume de la consommation des ménages. Les impôts concernent les ERE 59Z2, 60Z1 et 60Z2.
b) Les emplois
La consommation finale des ménages (15 % des emplois) est estimée en valeur à partir de diverses sources (Livre Hebdo, GfK, données de la Direction Générale des Médias et des industries culturelles, données des douanes, de la DGFIP, de la DG Trésor, données du Centre National du cinéma et de l’image animée, données du Syndicat National de l’édition phonographique, EAP, CA3). Le partage volume-prix repose sur l’IPC. A noter que pour le produit J60Z2, l’IPC retenu ne comprend que la contribution à l’audiovisuel public. Le partage volume-prix de la FBCF (40 % des emplois, essentiellement localisés sur le 62Z) est réalisé selon diverses méthodes.
Le partage volume-prix de la FBCF des logiciels spécifiques (J62Z) se fait en utilisant l’IPSE (BtoAll) de la « programmation, conseil et autres activités informatiques » (62).
Pour ce qui est des logiciels standards (J58Z2), la FBCF est le poste solde de l’ERE en valeur comme en volume. L’l’IPSE « Édition d’autres logiciels » (58.29) est utilisé depuis le SD 2015 pour le partage volume-prix de l’ensemble des opérations de l’ERE, à l’exception de la consommation des ménages (qui ne pèse quasiment rien). De ce fait, le déflateur de la FBCF peut s’écarter très légèrement de IPSE « Édition d’autres logiciels ».
Le partage volume-prix de la FBCF des autres ERE est calculé au niveau H en utilisant le déflateur de la production.
Les ERE J58Z, J59Z, J61Z et J62Z comportent des exportations (10 % des emplois environ). Dans le cas où un IPSE (BtoE) est disponible, pour les produits J58Z2, J61Z et J62Z notamment, il est utilisé pour le partage volume-prix des exportations. Pour les autres ERE, le partage volume-prix est déterminé en utilisant le déflateur de la production. L’utilisation du prix de production peut être remise en question si des IPSE (BtoE) sont disponibles.
c ) synthèse et appréciation sur la qualité du partage volume-prix
La méthode d’évaluation des évolutions en volume utilisant une déflation par l’IPSE est considérée par l’Insee comme une méthode de « type A ». Mais la mesure du partage volume prix de la PEFP reste assez délicate. La méthode d’évaluation des évolutions en volume utilisant une déflation par l’IPC peut être considérée comme une bonne méthode (« type A ») dans le cas des produits utilisés essentiellement par les ménages, et s’il s’agit d’un indice correspondant bien au contenu du poste considéré de la nomenclature. Dans le cas contraire (Radiodiffusion), on considère qu’il s’agit d’une méthode de « type B ».
Selon le graphique suivant, les indices de prix français des logiciels et applications se situent plutôt dans la moyenne des pays, avec une quasi-stabilité depuis 2000. Ceci est confirmé par l’OCDE. Il reste que la complexité et la multiplicité des types de dépenses en logiciels rend assez difficile leur évaluation.
Évolutions des prix à la production (P1) des services de programmation, conseil en informatique et autres services d’information base 100 en 2000 en %
VII – LA MESURE DES SERVICES GRATUITS DE L’ÉCONOMIE NUMÉRIQUE
L’économie numérique comprend de nombreux produits apparemment gratuits, donc en principe hors du champ de la comptabilité nationale (voir page Mesure des volumes et des prix). Ces biens set services ne sont pas moins « produits » lorsqu’ils le sont gratuitement que contre paiement. Les services totalement gratuits ne sont comptés dans le PIB qu’à la hauteur des quelques emplois rémunérés qu’ils créent et des biens et services payants qu’ils consomment pour leur fonctionnement. Ils mettent en relation des particuliers sur internet moyennant perception d’une commission. C’est uniquement cette commission qui est enregistrée en comptabilité nationale. On pourrait penser que le partage volume-prix et la mesure du PIB en volume n’est pas affecté par cette mutation. Par exemple, la location d’un logement sur Airbnb ne devrait pas modifier vraiment le PIB car la comptabilité nationale considère que le service de logement est produit quoi qu’il arrive, et évalué via les loyers imputés, que ce logement soit effectivement occupé par son propriétaire, temporairement vacant ou loué à des touristes de passage.
Des équivalents monétaires de ces services gratuits peuvent être évalués, c’est un champ de recherche assez actif. Cependant, il n’y a pas forcément lieu de les agréger au cadre central des comptes nationaux, d’une part en raison de leur fragilité, et d’autre part au vu de ce que sont les principaux usages des comptes nationaux. La fonction principale des comptes est en effet d’évaluer comment sont générés et répartis les revenus monétaires. Y rajouter l’équivalent monétaire de services qui échappent à la sphère de l’échange monétaire relève plutôt de comptes satellites.
Plus complexe est le cas des nouveaux services qui ne sont que partiellement ou faussement gratuits. L’encyclopédie en ligne Wikipedia, l’échange d’appartements ou l’hébergement temporaire et gratuit reposent sur un « modèle collaboratif à fonctionnement essentiellement non marchand ». Mais ce n’est qu’en partie le cas pour la location d’hébergements entre particuliers (comme Airbnb) ou le covoiturage qui correspondent à des « modèles collaboratifs mixtes » dans lesquels une personne verse une contrepartie monétaire pour utiliser un bien ou un service. En outre, le recours à AirBnB se fait au détriment de la demande de services hôteliers classiques. Leurs prix sont moins chers. Comment évoluent les volumes ? Faut il considérer que la location d’un logement coûtant deux fois moins cher qu’un hôtel se traduit par une baisse en volume de la consommation touristique (voir page Compte du tourisme?) Par ailleurs, il y aurait souvent baisse du PIB en valeur et en volume : Ainsi, on n’utilise plus les cartes Michelin mais des facilités numériques : GPS, GoogleMaps. Si les achats de CD chutent au profit du visionnage gratuit sur Youtube conduisant à une chute de chiffre d’affaires nominal pour l’industrie du disque, et si on applique à ce chiffre un indice des prix stable parce que toujours calculé sur les seuls biens commercialisés, le message sera celui d’une baisse des volumes.
Toutefois, l’émergence de substituts gratuits à des biens ou services payants ne serait qu’un cas extrême d’apparition de substituts meilleur marché que les produits d’origine : il n’y aurait pas de raison de la traiter différemment. Les indices de prix en tiennent d’ailleurs un peu compte. Dans le cas rare où c’est un bien existant qui devient gratuit, on enregistre bien une baisse de 100 % de son prix, pondérée par son poids initial dans le budget des ménages. Il y a aussi le fait que l’arrivée de nouveaux produits gratuits doit normalement tirer vers le bas les prix de leurs substituts payants, ce que les indices de prix prennent en compte.
Avec l’explosion du numérique, de nombreuses questions découlent ainsi pour la comptabilité nationale, dont celle de la prise en compte des nouvelles formes de gratuité. Selon A. Bourgeois, trois solutions sont envisageables pour essayer de leur donner une valeur monétaire : en considérant les trois modes possibles de valorisation du gratuit qui sont actuellement en débat et qui ont parfois connu de premières tentatives de mise en œuvre. Il s’agit : (a) de la valorisation par les recettes publicitaires pour ceux de ces services dont c’est le mode de financement indirect ; (b) d’évaluations directes du service rendu aux utilisateurs, via l’évaluation de leur consentement à payer ou par les méthodes usuelles de valorisation du temps domestique ; et enfin (c) de la valorisation des données générées par l’usage de ces services, qui sont une autre façon d’assurer leur rentabilité immédiate ou à terme [9].
1/ le problème posé par la publicité
Pour le moment, le partage volume prix de la publicité se fait comme pour les autre services aux entreprises (voir page Mesure des volumes et des prix). Le partage volume-prix de la production est obtenu en déflatant la valeur par un IPSE. Mais les nouveaux services liés à la digitalisation de l’économie obligent à rouvrir le débat. (publicité gratuite).
Le traitement de la publicité en comptabilité nationale est critiqué depuis longtemps par certains. Les agences s’adressent à des régies publicitaires pour faire passer leurs publicités. En dernier ressort, les chaînes de télévision les leurs font payer. En comptabilité nationale, ce ne sont pas les ménages qui paient les dépenses de publicité mais les entreprises. Ainsi la télévision financée par la publicité n’est pas incluse de manière directe dans les dépenses de consommation des ménages. Le coût de la publicité serait indirectement inclus dans le prix des produits sponsorisés par la publicité et « apparaît » donc dans la consommation finale de ces produits dans les comptes nationaux, mais pas dans la consommation de télévision.
On est dans le cas de ce que l’on appelle un marché biface adressant sur une face des annonceurs, et sur l’autre face les téléspectateurs bénéficiant gratuitement de la diffusion de programmes récréatifs financés par les dépenses publicitaires de ces annonceurs. Si cette forme de loisir récréatif se substitue au fait d’acheter des places de spectacles, faut‑il trouver une façon d’éviter que cette substitution soit vue par les comptes nationaux comme une baisse à la fois de la consommation et de la production ?
Jusqu’à présent, la position prédominante a été que cette correction n’avait pas lieu d’être, du moins en termes nominaux, considérant que le consommateur payait déjà indirectement ce service à travers les prix rehaussés des produits « sponsorisés » par la publicité qui incorporent ces coûts. On reconnaissait que la nullité de la dépense des consommateurs en radiodiffusion télévisuelle constitue la « conséquence la plus déroutante » de la règle du traitement des dépenses intermédiaires des entreprises. On admettait que ces services font partie de la consommation, mais la position était que, puisque les services ne sont pas payés sur le marché, ils ne peuvent être évalués et ne devraient donc pas être ajoutés au PIB. On considérait que « tant que les émissions de radio et de télévision sont des biens gratuits pour le consommateur, il est aussi insignifiant d’attribuer un prix à ce qui passe sur les ondes qu’à l’air lui‑même ».
Mais certains comptables nationaux ont proposé de rompre avec cette vision, distinguant dans les recettes de publicité le coût effectif des programmes publicitaires de celui des programmes de divertissement : I. Cremeans insiste sur la nature particulière de ce type d’échange qui est « en nature », donc non observé au sein des flux économiques marchands. Dans son schéma, qui nécessite la création d’une nouvelle sous‑catégorie de services (l’écoute de la publicité), les entreprises annonceuses achètent à la télévision les services de divertissements afin de rémunérer en nature le service d’écoute des messages publicitaires fourni par les ménages [4] . Les annonceurs achètent ainsi ce service d’écoute aux ménages et le paient en nature par le bénéfice des émissions de divertissement.
Ce schéma conduit à considérer les ménages qui regardent la télévision comme une entreprise de spectacle qui vend du temps et de l’espace de spectacle aux entreprises de télévision. A. Vanoli en propose une variante [5]. Partant du constat que les dépenses de publicité couvrent à la fois le coût effectif des programmes publicitaires et celui des programmes de divertissement, il propose un schéma tripartite qui correspond implicitement à un marché biface :
- Les annonceurs consomment un service (imputé) d’écoute de leurs messages publicitaires produit par les ménages, et un service (non imputé) de diffusion de ces messages produit par la société de télévision.
- La société de télévision fournit un service de diffusion de programmes publicitaires aux annonceurs, et un service (imputé) de diffusion de programme de divertissement aux ménages.
- Les ménages consomment le service de programmes de divertissement produit par la société de télévision en échange de la production du service d’écoute des messages publicitaires auprès des annonceurs.
En séparant le temps de visionnage des publicités du revenu par heure généré par cette même publicité, Nakamura & Soloveichik valorisent le temps passé par les ménages (distingué de celui des entreprises qui serait de la consommation intermédiaire) à regarder les publicités elles‑mêmes, en considérant qu’il s’agit d’un acte de production rémunéré par la société de publicité, qui paye à son tour un droit à diffuser auprès d’une entreprise de diffusion. Par une prise en compte de l’ensemble des médias, ils identifient une compensation partielle (effet d’équilibre général) mais avec un effet global qui, au final,s’avère néanmoins assez faible : ils chiffrent sur la période 1980‑2013 un accroissement du taux de croissance mondial de 0.018 % par an.
Enfin ne peut‑on pas plutôt choisir d’y voir des investissements incorporels (voir page Investissement incorporel pays) ? La publicité agit en effet de différentes façons sur le consommateur. Elle permet d’influencer les attributs distinctifs d’une marque, qui sont des points de repère pour le consommateur et emportent bien souvent un écosystème de valeurs. La publicité s’appuie, même de manière latente, sur les structures mémorielles des individus, et ses effets se propagent au‑delà du court terme. De par ces caractéristiques, la publicité contribue ainsi à valoriser un actif « marque » et un actif « produit », et participe au potentiel de rendement futur des annonceurs à travers un faisceau d’actifs intangibles qu’ils détiennent ou soutiennent. La publicité augmente les ventes des entreprises à long terme et devrait être considérée comme un investissement dans l’image de marque. Reconsidérer la publicité comme de l’investissement constitue donc une autre façon de la voir apparaître dans le PIB.
a) Un exemple fictif
Le schéma suivant tente de présenter les deux traitements de la publicité. Le sens des flèches correspond aux flux physiques. Pour simplifier, on a supposé qu’ils n y avaient pas d’autre CI que celle de publicité. On a cherché à calculer la variation du PIB due à des dépenses de publicité.
On a repris :
1) les équilibres-ressources-emplois (ERE) des agences, régies et sociétés de télévision dans les 3 ERE correspondants (HJ60Z2, HM73Z1, HM73Z2).
2) la solution proposée par les comptables nationaux déjà cités.
3) Il apparaît que le PIB augmente quand on traite la publicité en consommation des ménages, pour ce même montant, par rapport à celui où on la traite en CI, et en supposant que l’annonceur reporte les coûts de publicité sur ses ventes. Cette hausse serait due à l’apparition de la production du services d’écoute des messages publicitaires par les ménages (400 dans l’exemple).
La complexité vient du fait que la publicité ne modifie pas le produit mais sa vente. Mais le commerce traité en marge commerciale peut aussi influencer les ventes.
S’agissant du calcul du PIB et du partage volume-prix du PIB, deux positions prédominent ainsi en liaison avec le traitement actuel de la publicité et celui préconisé par certains :
- la première considère qu’il est nécessaire d’imputer une nouvelle valeur pour les services d’attention des ménages qui seraient la contrepartie de l’offre gratuite (sponsorisée) dont ils bénéficient et que d’une certaine manière ils consomment.
- La seconde considère que la publicité est déjà prise en compte car répercutée in fine sur les prix des biens et services consommés par les ménages (voir dessus).

b) Comment prendre en compte la publicité gratuite ?
Plusieurs solutions sont proposées :
1/ l’évaluation des recettes publicitaires par les coûts. Elle pourrait s’interpréter comme une relation de troc entre ménages et diffuseurs de contenus sponsorisés où un service d’attention des ménages aux publicités est offert en échange d’un service de diffusion de contenus récréatifs.
2/ La valorisation du temps qu’une personne consacre pour accéder aux contenus, sous forme de coût d’opportunité. en s’appuyant sur un équivalent en termes de salaire comme prix fictif du service de divertissement, à la façon de la valorisation des services domestiques.
3/ Quantifier le « bien-être » retiré du gratuit par les consommateurs à travers une évaluation de l’acceptation à payer pour accéder à un service, ou de l’acceptation à être payé en échange de la suppression de l’accès à un service
Des méthodes ont été testées afin d’éviter que le PIB soit affecté par des effets de bascule entre médias payants et médias financés par la publicité. Elle ont été mises en œuvre mais elles débouchent sur des effets très limités : 0,019 % de croissance annuelle mondiale supplémentaire, ce qui reflète le fait que ces dépenses de publicité ne représentent qu’une part faible et relativement stable du PIB.
2/ Les évaluations directes du service rendu aux utilisateurs
Dans le cas des services « gratuits » des plateformes numériques vient s’ajouter au financement par la publicité la collecte d’informations sur les utilisateurs (fournies gratuitement par les ménages). Une première piste repose sur la valorisation du temps qu’une personne consacre pour accéder aux contenus, sous forme de coût d’opportunité, en s’appuyant sur un équivalent en termes de salaire comme prix fictif du service de divertissement, à la façon de la valorisation des services domestiques. La seconde approche consiste à quantifier le « bien‑être » retiré du gratuit par les consommateurs à travers une évaluation du consentement à payer pour accéder à un service, ou du consentement à être payé en échange de la suppression de l’accès à un service.
Différentes méthodes ont été proposées pour valoriser les services gratuits
- Des méthodes s’appuyant sur une valorisation du temps passé sur ces plateformes.
- Des méthodes s’appuyant sur les recettes publicitaires correspondant au temps passé sur ces plateformes.
- Des méthodes de valorisation contingente s’appuyant sur l’acceptation des ménages a abandonner
l’accès a un service pendant une durée donnée en échange d’un montant monétaire.
Selon cette dernière méthode, considérant que les statistiques officielles manquent une part croissante de la valeur réelle créée dans notre économie, Brynjolfsson et al. (2019) ont perfectionné les approches précédentes en proposant une mesure des biens nouveaux et gratuits (généralement mal captés par les comptes nationaux) en s’appuyant sur un cadre empirique de mesure du consentement à être payé pour abandonner un service durant une période donnée. Cette approche quantifie les avantages plutôt que les coûts, elle conduit à définir une extension du PIB au sein d’un nouvel indicateur « PIB‑B ». Cette méthodologie est appliquée à plusieurs exemples empiriques et permet par exemple de chiffrer l’ajout des gains de welfare liés à Facebook entre 0.05 et 0.11 point de croissance du PIB‑B par an aux États‑Unis en 2017. Cette approche a l’avantage de pouvoir englober tous les types de gratuité : en effet elle ne se limite pas au modèle publicitaire qui ignore la valeur de services numériques produits sans compensation (type Wikipédia), et elle n’impute pas non plus arbitrairement un coût d’opportunité dont la légitimité pourrait être questionnée.
Si cette méthode paraît plus fondée que les travaux antérieurs, elle met aussi en évidence les limites d’une évaluation macro s’appuyant sur des échantillons micro, et interroge sur l’additivité des utilités. En effet, un des tests de consentement à être payé a été réalisé sur un échantillon restreint de plateformes (Instagram, Snapchat, Skype, WhatsApp, Maps, LinkedIn, Twitter, et Facebook) et il en ressort que la valeur la plus importante, et de loin (cinq fois supérieure à Facebook qui est la deuxième), est celle attribuée à WhatsApp (536 euros mensuels contre 97 euros pour Facebook et 59 euros pour Maps et seulement 18 centimes d’euro pour Skype). Les interviewés ont exprimé que WhatsApp constituait une plateforme de communication à peu près indispensable pour eux. On peut supposer que moins il y a de services substituables entre les services de l’échantillon proposé, et en dehors, et plus la valeur proposée sera élevée ; il suffit qu’un service non proposé dans l’enquête soit complètement substituable à un service qui est dans le périmètre de l’étude, pour que ce dernier perde une forte part de sa valeur. Si Skype offre un service proche par exemple de Facetime, qui a priori n’était pas dans l’échantillon, on peut penser que cela a contribué à réduire considérablement la valeur de Skype. Même si les auteurs emploient des correctifs pour contrôler ce phénomène, l’effet d’échantillonnage qui en résulte semble être une limite à ce type d’évaluation pour extrapoler puis imputer une valorisation à l’ensemble de l’économie.
Valorisation du gratuit selon diverses sources

Source : A. Bourgeois, les services gratuits et l’hébergement via des plate-forme en ligne : un cluedo pour les comptes nationaux ? https://www.insee.fr/fr/information/8191500
Autre exemple de source statistique, l’enquête TIC 2022 est faite à partir d’in échantillon de près de 15 000 observations et 34 variables qui peuvent être découpées en deux catégories :
- Des variables explicatives qui décrivent les informations relatives aux individus enquêtés telles que leur âge, leur lieu de vie ou encore leur état matrimonial,
- les variables d’intérêt liées au module « services gratuit »: dans ce module, les questions sont portées autour de cinq ensembles de services gratuits :
— Les services de Global Positioning System (GPS) ou de cartes en ligne : Waze, GoogleMaps, Michelin, Citymapper, Mappy, …
— Les services de vidéos gratuites enstreaming : Youtube, Dailymotion, Twitch, …
— Les services de courriers électroniques : Gmail, Yahoo !, Outlook, …
— Les réseaux sociaux : Facebook, Twitter,TikTok, Instagram, Snapchat, …
— Les moteurs de recherche : Google, Bing,Yahoo !, …
Au final, il ne serait pas nécessaire de modifier fondamentalement le cadre de base du SNA pour tenir compte des produits gratuits… … Toutefois, la logique qui sous-tend le traitement des produits gratuits doit être documentée et le cadre de la mesure indirecte des produits gratuits dans le PIB doit être expliqué. L’explication devrait inclure le regroupement avec des produits tarifés qu’ils aident à vendre.
Il convient d’accroitre la visibilité du gratuit a l’aide d’un compte satellite. Plusieurs options de comptes ont été proposées, celle retenue augmente la visibilité :
- du rôle du ménage dans la consommation de produits numériques « gratuits » .
- de l’intersection entre les produits numériques « gratuits » et les données en tant qu’actif.
- du rôle du ménage dans la production de contenu numérique.
- évitent le double comptage de la production et de la valeur ajoutée.
VIII – LE PIB EN VOLUME EST IL MAL ESTIMÉ DU FAIT DU NUMÉRIQUE ?
1/ le débat sur la croissance du PIB
On s’appuie ici uniquement sur une étude de l’Insee [10]. Celle-ci ne pose pas vraiment la question précédente de la prise en compte ou non de servuces gratuits.
La croissance a ralenti depuis une vingtaine d’années, ce qui peut sembler paradoxal dans un contexte marqué par des innovations de grande ampleur. Selon une hypothèse assez répandue, les outils traditionnels de mesure de la croissance économique seraient inadaptés à la mesure des nouvelles formes de croissance permises par l’économie numérique. Cette question a plusieurs dimensions . Tout d’abord, la numérisation ou plus généralement les TIC conduisent à un renouvellement accéléré des biens et services marchands. La valeur monétaire de ces nouveaux biens et services reste bien enregistrée dans les comptes en valeur : le problème est d’y séparer l’effet de volume et l’effet de prix. Si la mesure des prix sous‑estime la façon dont la numérisation réduit le coût d’accès aux biens et aux services, ou si elle sous‑estime les gains en qualité associés aux nouveaux biens, alors la croissance en volume est sous‑estimée. Diverses tentatives ont été faites pour donner des majorants du biais sur la mesure de la croissance.
Ce problème n’est toutefois pas nouveau : une part substantielle de la croissance économique a toujours été portée par le renouvellement et la diversification des biens et services. Les techniques de mesure des prix prennent ce problème en compte. Elles ne peuvent le faire de manière absolument parfaite, mais diverses études estiment le risque d’erreur de mesure à quelques dixièmes de points, c’est‑à‑dire de l’ordre de celui qui aurait déjà existé avant la numérisation de l’économie, et cet écart ne se serait pas spécialement aggravé sur la période récente, car la problématique des nouveaux produits est ancienne : ceci écarterait l’hypothèse que le ralentissement actuel de la croissance serait un simple artefact lié à une détérioration de la qualité des partages volumes-prix. En outre, dans certains pays, le covoiturage, le partage de logements et les produits et services numériques ont récemment été introduits dans l’indice des prix à la consommation (IPC).
Ainsi la faible croissance économique mesurée au cours des deux dernières décennies heurterait la perception que l’on a d’une économie numérique et innovante. Est‑elle le reflet d’une inflation sur‑estimée ? On note au passage que l’inflation, déjà très basse juusqu’en 2018, est quant à elle régulièrement questionnée par les consommateurs qui la perçoivent, au contraire, comme sous‑estimée. Le partage volume‑prix repose sur un certain nombre d’hypothèses (notamment que les différences de prix entre produits reflètent des différentes d’utilité pour le consommateur) qui peuvent être questionnées. Mais l’incertitude qui entoure ces hypothèses ne semble pas de nature à expliquer le ralentissement de l’économie française sur la période récente.
En outre, avec la numérisation, il n’y a plus d’interlocuteurs. Il y a certes des gains de productivité. Mais ne faut-il faut pas aussi tenir compte du temps passé sur internet par l’usager pour obtenir des services traditionnels ? La qualité des services est-elle toujours la même avec la numérisation ? Les changements constants de logiciels comme en France ne détériorent ils pas parfois cette qualité au lieu de l’améliorer (voir page Vers un Tableau entrées-sorties idéal et mondial) ?
Autre question non abordée ici, le numérique favorise la mobilité des actifs intangibles des grandes entreprises multinationales et des flux de revenus associés, ce qui est susceptible de fausser la mesure de la production locale. Ce problème, probablement le plus important pour le moment, peut prendre une ampleur particulièrement marquée dans les petits pays à fiscalité attractive, pour lesquels cela conduit à s’interroger sur la façon de continuer à suivre une notion pertinente de production « intérieure » (voir page PIB irlandais).
2/ Des conséquences assez limitées sur l’évolution de l’indice du prix à la consommation
Le sens des biais pour chaque méthode est difficile à estimer. Pour illustrer l’impact des ajustements qualité, L’Insee a proposé une simulation sur l’IPC français de 2016 à 2018 en n’effectuant aucun ajustement pour la qualité pour lesproduits disparus et remplacés appartenant au champ du matériel de téléphonie et de télécopie et du matériel audiovisuel, photographique et de traitement de l’information, c’est‑à‑dire que l’on considère que les nouveaux produits sont équivalents aux générations précédentes en termes de qualité. Sans ajustement qualité, l’indice d’ensemble aurait été plus dynamique de 0.1 point par an (graphique suivant). Pour ce secteur,les nouveaux produits sont en effet plus onéreux en moyenne que ceux qu’ils remplacent. Les méthodes de recouvrement neutralisent toute la différence de prix liée à l’introduction d’un nouveau produit, comme une différence de qualité. Si le nouveau produit est proposé à un prix plus élevé que la nouvelle qualité qu’il incorpore, tablant sur l’attrait pour la nouveauté, le modèle par recouvrement sous‑estimera l’inflation. Les modèles hédoniques, quant à eux, ne neutralisent que la différence de prix liée aux variations de caractéristiques mais si le modèle économétrique omet une caractéristique (notamment une caractéristique nouvelle spécifique à la nouvelle génération de produits), il sous‑estime le changement de qualité incorporé dans le nouveau produit et surestime l’inflation. Il n’est donc pas surprenant que les ajustements par recouvrement débouchent sur des évolutions de prix moins dynamiques que les modèles hédoniques
Indice des prix à la consommation d’ensemble ajusté ou non pour la qualité des biens numériques (base 100 en 2015) 
L’impact de ces éventuels problèmes de mesure des prix des biens TIC sur la mesure du volume du PIB doit être relativisé. En France, comme dans beaucoup de pays développés, la consommation des ménages en biens TIC est essentiellement issue de produits importés. La consommation des ménages français en ordinateurs et équipements périphériques (respectivement en équipements de communication) représente ainsi, en moyenne en valeur, 50 % (resp. 40 %) du montant des importations sur la période 2000‑2016.
Dès lors, et à condition que le déflateur des importations et le déflateur de la consommation finale des ménages connaissent des problèmes de mesure similaires, l’impact d’un mauvais partage volume‑prix de la consommation est probablement quasiment neutre sur la mesure du PIB, une sous‑estimation de la consommation en volume se traduisant par une sous‑estimation de même ampleur des importations. Les comptables nationaux effectuent un travail de mise en cohérence des déflateurs de la consommation et des importations de ces produits. En cas de divergence des indices (IPC et indices des prix des importations, IPPI), ils effectuent des arbitrages, en général en faveur de l’IPC, pour rapprocher les deux déflateurs. La figure suivante présente les indices IPC et IPPI tels que mesurés spontanément ainsi que les déflateurs de la consommation et des importations retenus par les comptables nationaux après arbitrage.
Évolution annuelle des prix des produits informatiques, électroniques et optiques (%)
3/ Des conséquences minimes sur la mesure du PIB
a) Les services de communication, des offres commerciales sans cesse renouvelées
Le partage volume‑prix des services de communication pose de véritables difficultés. .Cette difficulté ne tient pas uniquement aux innovations que connaît ce secteur (développement d’Internet, de la téléphonie mobile, de la data, 3G, 4G,5,etc.) mais également aux tarifications extrêmement complexes de ces services. Hors innovation, les offres commerciales proposées par les opérateurs couvrent en général plus d’un service (SMS, data, voix, fixes et mobiles, national et international, etc.), avec une tarification dépendant de manière non linéaire de la consommation (forfait de base qu’il soit consommé ou non puis tarification spécifique en cas de dépassement). Par ailleurs, les changements de tarification s’accompagnent souvent d’un changement du périmètre de ces offres commerciales. Dès lors, des méthodes par recouvrement sont complètement inadaptées puisqu’elles masqueraient, par construction, toute évolution de prix en la neutralisant comme une différence de qualité. Enfin, les caractéristiques de ces offres commerciales sont souvent peu adaptées à des modèles hédoniques : comment gérer par exemple le passage à des offres illimitées, sachant que, in fine, le consommateur n’en aura pas l’usage ?
Pour toutes ces raisons, les indices de prix à la consommation européens favorisent les indices dits à « usage constant » pour les services de communication (Eurostat, 2017). Ces indices, qui sont une approximation des indices à utilité constante, suivent la dépense minimale à laquelle doit consentir un consommateur pour satisfaire son usage spécifique et constant entre deux périodes. Ainsi, par exemple, un consommateur envoyant habituellement 10 SMS par mois ne verra pas sa dépense minimale modifiée si tous les forfaits proposent désormais un envoi de SMS illimités pour le même prix ; il n’en aura effectivement pas l’usage.
Cette méthode pose toutefois des difficultés. La principale pour utiliser cetteméthode à usage constant tient à la modélisation simplifiée du comportement du consommateur : dans le cas de l’IPC français, on fait l’hypothèse que celui‑ci connaît les différentes offres des opérateurs et ajuste en permanence son forfait de manière à minimiser sa dépense. Dans les faits, il existe un certain nombre de frictions (coûts de recherche mais aussi coûts liés aux engagements) qu’il est difficile de modéliser sans complexifier outre mesure l’estimation de l’indice des services de communication. En pratique, l’hypothèse retenue est que le consommateur n’ajuste son forfait qu’au sein des offres d’un même opérateur, en négligeant ainsi la mobilité entre opérateurs, ce qui revient à traiter chaque opérateur comme proposant un produit différent.
Cette méthode a posé notamment un problème avec l’arrivée en France d’un quatrième opérateur sur le marché de la téléphonie mobile en 2012‑2013, qui s’est accompagnée d’un transfert massif d’abonnés des anciens opérateurs vers ce nouveau concurrent – les prix pratiqués par le nouvel opérateur étant beaucoup plus bas, le chiffre d’affaires des services de télécommunication a chuté tandis que les minutes de communication et les SMS ont explosé. Or du fait de la modélisation retenue, l’IPC a traité les forfaits du nouvel opérateur comme des produits nouveaux et le différentiel de prix avec les forfaits historiques comme un différentiel de qualité. L’IPC a certes baissé nettement en 2012, mais uniquement via l’adaptation des tarifs des opérateurs historiques face à l’arrivée du nouveau concurrent. Or l’adaptation des tarifs des opérateurs historiques n’a été que progressive et décalée par rapport aux transferts vers le nouvel opérateur. L’utilisation de l’IPC pour mesurer le volume des services de télécommunication, dans ce contexte, aurait amené un fort fléchissement des volumes de consommation, à contre‑courant des informations disponibles sur les consommations en quantité. Les comptables nationaux français ont donc préféré estimer un indice de volume en calculant une moyenne pondérée des indices de volumes élémentaires (téléphone fixe, Internet fixe, mobile, internet mobile), à partir des données de quantités de SMS/MMS ou encore des minutes de télécommunications. Cette méthode a permis d’éviterde mesurer à tort un fléchissement des volumes dans un contexte très concurrentiel : de 2011 à 014, la productivité de la branche service de télécommunication a ainsi crû de 9.4 % par an en moyenne selon les comptes nationaux contre 7.7 % s’ils avaient retenu commedéflateur l’IPC (graphique suivant).
Évolution de la productivité apparente du travail de la branche service de télécommunication selon le déflateur (%)
b) La numérisation de l’économie ne serait pas de nature à biaiser significativement le partage volume‑prix ?
Différents travaux ont cherché à quantifier l’incertitude qui entoure le partage volume‑prix au regard notamment du ralentissement de la croissance. Pour ce faire, ils reposent en général sur des quantifications maximales ad hoc des biais pour des produits susceptibles d’être affectés par la numérisation et sur leurs conséquences sur la mesure du PIB. Les poids de ces produits étant en général assez faibles, la conclusion est le plus souvent que le problème de mesure de partage volume‑prix ne remet pas en cause le constat d’un ralentissement réel du PIB en volume.
Dans le cas français, l’ensemble des produits informatiques, électroniques et optiques, associés aux services de télécommunication et aux services de programmation, conseil et autres activités informatiques ne représentent en moyenne, sur la période 1997‑2016 que 4.6 % du PIB, ce qui limite l’impact d’une erreur éventuelle de mesure de l’indice des prix à la consommation ou d’autres indices de prix. Deux simulations ont été réalisées pour tester la sensibilité de la croissance en volume française aux choix des indices de prix retenus pour ces nouveaux produits et notamment aux hypothèses faites pour ajuster de la qualité.
Dans la première, on fait l’hypothèse que la qualité des produits numériques (produits informatiques, électroniques et optiques, services de télécommunication, logiciels) ne varie pas malgré le renouvellement de ces produits ce qui amène un impact à la hausse sur les prix à la consommation de l’ordre de +7.5 points par an pour les seuls biens TIC. Or on a vu que la modification de l’IPC sur les biens numériques n’a en théorie qu’un impact limité sur le PIB, puisqu’une erreur de mesure des prix de consommation se traduira probablement par une erreur de mesure sur les prix d’importation de ces produits. Les indices de prix des services de télécommunication ne sont pas modifiés dans cette première simulation. Sous ces hypothèses, sans la correction des effets qualité sur les produits technologiques effectuée par les statisticiens des prix, le PIB volume n’aurait crû que de 1.35 % en moyenne sur la période 1997‑2016, soit une croissance annuelle en moyenne inférieure de 0.26 point à celle publiée par les comptes nationaux.
Dans une seconde simulation, qui s’appuie sur des travaux américains, en supposant que les indices de prix à la consommation et d’investissement sur les biens numériques, les logiciels et les services de télécommunication ont été fortement surestimés par l’Insee, on trouve une croissance en volume française sous‑estimée de 0.23 point sur la période 1997‑2016 (graphique suivant).
IX – ÉCONOMIE NUMÉRIQUE ET PROUCTIVITÉ DU TRAVAIL
On s’appuie ici de nouveau sur des travaux de l’OCDE [9]. Certains datent de 2019. Mais s’agissant des gains de productivité, ils restent d’actualité, vu qu’ils montrent que la productivité du travail s’est ralentie à partir de la crise de 2007 et que ces tendances se sont renforcées avec les crises de 2020 et 2022.
1/ Numérisation et emploi
La numérisation des entreprises a également un impact sur les emplois et les conditions de travail. L’automatisation des tâches, accélérée par la micro‑informatique et les robots industriels dans les années 1970, a été démultipliée avec la naissance et le déploiement d’Internet dans les années 1990. Désormais, tous les secteurs de l’économie se transforment sous l’effet du numérique. Les progrès de la robotique, de l’intelligence artificielle, du traitement des données massives, le développement de l’Internet des objets et de l’impression 3D comportent un potentiel considérable d’automatisation. Même si le chiffrage est délicat et nécessite des hypothèses fortes, d’après l’OCDE, l’automatisation devrait faire disparaître 16 % des emplois en France au cours des vingt prochaines années et transformer profondément 33 % des emplois. Les effets de l’informatisation sur la productivité et l’emploi dépendent du niveau technologique des secteurs. Ainsi, en France, entre 1994 et 2007, dans les secteurs industriels de basse technologie, l’informatisation est allée de pair avec de fortes hausses de la productivité et une diminution de l’emploi. En revanche, dans les secteurs industriels de moyenne et haute technologie, l’informatisation n’est associée ni à des gains de productivité ni à des pertes d’emploi. Partout, néanmoins, l’informatisation est plus favorable aux travailleurs les plus qualifiés.
À l’inverse, de nouveaux métiers se développent grâce au numérique. Les métiers du numérique s’exercent majoritairement dans les domaines du support informatique et des systèmes d’information (38 %) et de la programmation et du développement informatique (14 %). Ils essaiment bien au‑delà des secteurs d’activité de l’informatique ou des télécommunications : la moitié d’entre eux se situent dans d’autres secteurs du tertiaire. Ces métiers sont occupés principalement par des hommes, plutôt jeunes, très diplômés et cadres.
Les outils informatiques ont des effets ambivalents sur les conditions de travail. Certaines tâches sont ainsi facilitées, mais le rythme de travail est davantage déterminé par le contrôle ou suivi informatisé du travail. Entre 1994 et 2017, cette contrainte de rythme s’est fortement diffusée et a contribué à l’intensification du travail des salariés. Elle concerne près d’un tiers des salariés du secteur privé en 2017 . Les outils numériques permettent d’être plus mobile, plus autonome, mais ils sont aussi associés à une charge de travail plus importante . Le télétravail en est un bon exemple. En 2017, 3 % des salariés pratiquent le télétravail au moins un jour par semaine. Ce pourcentage a bondi avec la pandémie en 2020. Six télétravailleurs sur dix sont des cadres. Un dossier « Le télétravail permet-il d’améliorer les conditions de travail des cadres ? »met en évidence des effets incertains [6]. Les cadres télétravailleurs bénéficient d’un cadre de travail plus souple et de temps de trajet réduits, mais ceux qui télétravaillent au moins deux jours par semaine déclarent deux fois plus souvent travailler plus de 50 heures par semaine et le soir (entre 20 heures et minuit) que les cadres non télétravailleurs. L’éloignement physique réduit les possibilités de coopération avec la hiérarchie et les collègues. Finalement, les cadres télétravailleurs se disent autant satisfaits de leur travail que les non‑télétravailleurs.
La transformation numérique implique de profondes modifications de la demande de compétences. La demande pour les compétences auxquelles les technologies numériques peuvent facilement se substituer diminue, tandis le rendement des compétences qui complètent les technologies augmente. De manière générale, ces tendances exercent des pressions négatives sur les salaires et les perspectives d’emploi des travailleurs peu à moyennement qualifiés qui effectuent des tâches répétitives, et soutiennent les salaires des travailleurs plus qualifiés qui utilisent avec profit les outils numériques. En outre, si les plateformes de l’économie « à la tâche », en plein développement, procurent une flexibilité accrue aux travailleurs et aux entreprises, elles offrent rarement la même protection et les mêmes prestations que celles associées à l’emploi régulier.
2/ Transformation numérique et productivité
a) Des gains de productivité importants entre 1995 et 2007 puis très faibles ensuite
Les économistes s’interogent sur le lien entre révolution numérique et gains de productivité du travail. Or, malgré la montée en puissance du numérique, la croissance de la productivité du travail dans les pays de l’OCDE a fortement diminué au cours des dernières décennies (graphique suivant).Da,s de nombreux pays les gains passenr de +3% à +1,5% par an entre 1998 et 2007 voire +1% entre 2008 et 2017 comem aux États-Unis (de +2% à +0,5% en France).On note que le ralentissement est qasi-général mais que les gains restent plus élevés souvent des des petits pays à forte croissance du PIB : Estionie, Pologne, Corée du Sud, Lituannie, Islande, Slovaquie,… comme si les gains de productivité déoendaient d’abord de laplus ou moins forte croissance du PIB (cas aussi des États-Unis et de l’Australie). En revanche les gaisn de productivité tendent vers 0 après 2007 au Royaume-Uni, Italie, France; Belgique mais aussi dans quelques petits pays.
Il y a donc eu des gains de productivité de productivité du travail dans la phase première de la révolution numérique des années mais qui s’essouflent très vite au moment de la crise finanière. Le ralentissement de la productivité a commencé avant la crise et, une décennie après celle-ci, la croissance de la productivité demeure atone malgré quelques améliorations récentes. Il semble donc que les facteurs structurels jouent un rôle important dans le fléchissement observé.
Cette évolution ne se résumerait pas à un problème de mesure. Des incertitudes croissantes pèsent sur la mesure de la productivité, notamment à cause de la progression du numérique et du rôle grandissant des actifs incorporels (algorithmes et données par exemple) et sur la mesure de la croissance du PIB en volume -du fait de la mauvaise prise en compte de l’effet -qualité (voir page Partage Volume Prix et productivité). Cependant, la plupart des chercheurs s’accordent à dire que les défauts de mesure ne sont pas la raison principale du ralentissement observé de la productivité.
Le passage au numérique n’a ainsi pas généré de gains de productivité globaux suffisants jusqu’à présent pour compenser les effets des facteurs structurels. Cette situation tranche avec la précédente vague de transformation numérique de la fin des années 1990, associée notamment à la diffusion des micro-ordinateurs, qui avait donné un coup de fouet à la productivité, tout au moins aux États-Unis. La dynamique de productivité décevante engendrée par la vague de transformation numérique actuelle s’impose comme l’une des grandes énigmes économiques de la croissance mondiale actuelle, au point que l’en emploie parfois à son propos l’expression de « nouveau paradoxe de la productivité » en référence au précédent paradoxe de la productivité formulé par Robert Solow en 1987 « Vous pouvez voir l’ère informatique partout, sauf dans les statistiques de la productivité.
Croissance de la productivité du travail en moyenne annuelle
En fait il y aurait deux catégorises d’entreprises pour schématiser. Une étude de l’Insee portant sur le secteur tertiaire distingue les services de basse et moyenne technologies (commerces, transports, hébergements, activités de servies administratifs et de soutien,..) et ceux de haute technologie (information, télécommunication, logiciels,…) (voir page Secteur tertiaire), . Les entreprises qui disposent d’un meilleur accès aux compétences techniques, de gestion et d’organisation clés ont mieux tiré leur épingle du jeu que les autres. Ces entreprises étaient déjà globalement plus productives que l’entreprise moyenne, et la transformation numérique leur a permis de creuser leur avance (graphique suivant). En outre, les faibles coûts marginaux et les effets de réseau élevés qui caractérisent certaines activités numériques ont tendance à profiter à un petit nombre d’entreprises « superstars » très productives, avec lesquelles les autres entreprises ont de plus en plus de mal à rivaliser.
Même dans les secteurs à contenu technologique relativement faible (services d’hôtellerie et de restauration par exemple, la généralisation de la notation et l’évaluation en ligne par les utilisateurs tend à orienter la demande vers les entreprises les plus productives.
À l’avenir, les nouvelles technologies qui requièrent des compétences complexes, telles que l’intelligence artificielle, et des investissements incorporels de grande ampleur (par exemple dans la R-D, les algorithmes et les données) risquent d’accentuer encore davantage l’avance des entreprises les plus productives sur les moins productives.
La dispersion des niveaux de productivité entre entreprises a augmenté, en particulier dans les secteurs à forte intensité numérique; productivité multifactorielle moyenne, indice de 2009 = 100


Comparaison avec l’analyse des pertes de productivité au deuxième trimestre 2023 de l’OFCE et de la Banque de France (contributions à l’écart à la tendance pré-crise Covid, en points de pourcentage)
b) La transformation numérique s’est accélérée mais demeure incomplète
La transformation numérique est un processus complexe et multidimensionnel, rendu possible par l’augmentation rapide de la puissance de calcul, des capacités de stockage de données et de la vitesse des communications. Ces facteurs ont favorisé l’émergence d’un vaste écosystème de technologies diversifiées, parmi lesquelles certaines sont utilisées avant la crise de 2009 (logiciels de gestion des services de guichet et d’arrière-guichet et informatique en nuage par exemple) tandis que d’autres sont d’adoption plus récente (intelligence artificielle par exemple). Cet écosystème en mutation rapide se caractérise par d’étroites complémentarités entre les technologies et par le rôle de plus en plus prépondérant des données en tant que source de valeur . Ces technologies transforment la façon dont les entreprises produisent biens et services, mais aussi la façon dont elles interagissent entre elles et avec les consommateurs, dans la mesure où une part croissante de ces interactions s’opère par le biais des plateformes électroniques.
L’internet est un instrument clé des technologies numériques. De nos jours, l’internet de base est accessible pratiquement partout dans les pays de l’OCDE. Cependant, l’accès à l’internet à haut débit, incontournable pour l’utilisation des technologies récentes à haute intensité de données, reste parfois coûteux et difficile, en particulier dans les zones rurales et reculées.
Le rythme d’adoption des technologies numériques par les entreprises s’est notablement accéléré ces dernières années. Cependant, tous les pays ne sont pas logés à la même enseigne (graphique suivant). Les disparités d’adoption entre secteurs et entre entreprises pourraient s’expliquer dans une certaine mesure par les différences intrinsèques des besoins technologiques. Par exemple, les activités qui comprennent une plus grande part de tâches répétitives devraient retirer de plus amples avantages de la transformation numérique. Malgré tout, ces différences n’expliquent pas la totalité des disparités d’adoption. Ainsi, si les industries manufacturières ont tendance à profiter davantage du passage au numérique, le taux d’adoption des technologies numériques est plus élevé en moyenne dans les activités de services. Par conséquent, il existe encore probablement une marge inexploitée en ce qui concerne l’adoption des technologies numériques existantes, et la concrétisation de ce potentiel pourrait générer des gains de productivité au-delà des possibilités (plus difficiles à évaluer) offertes par les technologies plus récentes mais encore relativement peu éprouvées ou en phase de développement (intelligence artificielle).
Taux d’adoption d’une sélection de technologies numériques par les entreprises selon les pays

Part des emplois à forte intensité numérique
Dans le graphique du haut, les pays sont classés selon le taux moyen d’adoption des trois technologies. Seules les entreprises ayant au moins dix salariés sont prises en compte, sauf pour le Japon (au moins 100 salariés) et la Suisse (au moins cinq salariés). Sauf indication contraire, les données sur les logiciels de gestion intégrés et de gestion de la relation client portent sur 2017. Concernant l’informatique en nuage, les données relatives à l’Australie portent sur l’exercice 2015/16 ; les données pour le Canada se rapportent aux entreprises qui ont effectué des dépenses de « logiciels en tant que service (SaaS) » ; pour l’Islande, les données portent sur 2014, et pour la Corée, sur 2015.
Source : OCDE (2019e), Measuring the Digital Transformation: A Roadmap for the Future, sections 4.2 et 6.1, Éditions OCDE,
Une autre caractéristique de la transformation numérique est l’essor rapide des plateformes électroniques. Les plateformes créent de manière croissante des liens entre les consommateurs et les prestataires de services – qui peuvent être des entreprises ou des travailleurs indépendants – dans des secteurs tels que le transport de personnes, l’hébergement, la restauration, le commerce de détail, la finance, les loisirs et les services à la personne . Comme le montre le graphique suivant, les plateformes ont connu un essor très rapide en moyenne depuis le milieu des années 2000, mais elles ne se sont pas déployées au même rythme dans tous les pays. Considérés ensemble, quatre secteurs dans lesquels les plateformes sont devenues des intermédiaires prépondérants (hôtels, restaurants, commerce de détail et taxis) comptent pour un quart environ de l’emploi des entreprises non agricoles dans les pays de l’OCDE. Autre statistique qui se superpose partiellement à la précédente, les travailleurs indépendants des plateformes
Utilisation des plateformes électroniques dans une sélection de secteurs (hôtels, restaurants, taxis et commerce de détail)
c) La transformation numérique peut dynamiser la productivité de diverses manières
Les technologies numériques peuvent aider les entreprises à améliorer les processus de conception des produits et de production, à automatiser les tâches répétitives, à effectuer certaines tâches à distance et à établir des relations plus fluides avec leurs fournisseurs et clients, entre autres. Elles peuvent également produire des effets d’entraînement positifs sur les autres entreprises, y compris les entreprises de faible niveau technologique.
Par exemple, les plateformes électroniques peuvent réduire l’asymétrie de l’information entre les prestataires de services (souvent de faible niveau technologique) et leurs clients, et permettent aux entreprises d’accéder à des marchés plus vastes, synonymes de possibilités de développement accrues pour les entreprises productives. Selon une analyse empirique menée dans quatre secteurs (hôtels, restaurants, commerce de détail et taxis) de différents pays, le développement des plateformes a renforcé la productivité des prestataires de services existants durant la dernière décennie. La croissance de la productivité multifactorielle est mesurée sous la forme d’un résidu, c’est-à-dire la part de la croissance du PIB qui n’est pas expliquée par l’évolution des facteurs travail et capital, dans le cadre d’une fonction de production de Cobb-Douglas. Les gains sont substanciels : environ 0.4 % chaque année entre 2011 et 2017 (soit environ 2.5 % au total) pour le prestataire de services moyen du secteur dans les pays où les plateformes se sont développées relativement vite (premier graphique suivant). Cet ordre de grandeur est à peu près comparable à celui observé pour l’effet du développement de l’accès à l’internet à haut débit.
Gains annuels de productivité multifactorielle associés au développement des plateformes électroniques pour l’entreprise moyenne dans diverses activités de services
Plus généralement, les technologies numériques peuvent stimuler la productivité à long terme en soutenant les activités de recherche et d’innovation des entreprises et des administrations publiques et favoriser le renforcement des compétences, par le biais notamment des formations en ligne et des jeux éducatifs.
Les travailleurs plus qualifiés et les entreprises plus productives sont généralement mieux à même d’exploiter ces complémentarités que ne le sont les autres travailleurs et entreprises. Par conséquent, les entreprises plus productives ont davantage profité de la transformation numérique dans l’ensemble (draphique suivant), et les entreprises retardataires ne parviennent pas à les rattraper . La moitié environ de l’augmentation de la dispersion de la productivité entre entreprises observée durant la période 2010-15 peut être reliée à la transformation numérique . Dans un scénario extrême de dispersion de la productivité, il existe un risque que certaines entreprises « superstars » très productives réussissent à échapper à la concurrence grâce aux actifs incorporels qui leur sont propres (données et algorithmes par exemple), en particulier dans les secteurs caractérisés par des coûts marginaux faibles et des effets de réseau élevés.
Augmentation de la productivité multifactorielle à l’échelon des entreprises associée à une augmentation de 10 points de pourcentage de l’adoption d’une sélection de technologies numériques à l’échelon sectoriel
d) Le manque de concurrence aurait frainé les de gains de productivité au delà de 2009
Il existe des facteurs explicatifs au ralentissement très net de la productivité lié au numérique outre les effets hors numérique mentionnés ci-dessus (ralentissement de la croissance du PIB, désindustrialisation, …). Parmi ces facteurs, les économistes citent celui de la concurrence. Les grandes entreprises américaines des GAFAM en situation de quasi monopole auraient empêché les entreprises innovantes d’entrer sur le marché.
La transformation numérique apporterait du bon et du moins bon sur le plan de la concurrence. Au versant positif, certaines technologies numériques permettent aux entreprises de changer d’échelle sans masse critique et facilitent la diffusion de l’information, offrant aux jeunes entreprises innovantes la possibilité de prendre pied sur les marchés et de concurrencer des entreprises existantes de plus grande taille. Cependant, de nombreuses activités numériques (parmi lesquelles les plateformes électroniques) se caractérisent par des coûts marginaux faibles, des effets de réseau multifaces élevés et le rôle central des données et des algorithmes en tant que sources de valeur, autant de facteurs qui peuvent susciter des dynamiques du « presque tout au gagnant ». Par exemple, la part de marché médiane des plateformes électroniques les plus importantes dans les certains secteurs et pays est de 64 %. Dans la grande majorité des cas, la plateforme dominante était déjà la plus importante au cours des deux années précédentes.
Les conséquences globales de cette situation sont difficiles à estime :
- D’un côté, la concentration peut améliorer l’efficience, dans la mesure où l’augmentation du nombre d’utilisateurs et du volume de données disponibles sur les transactions permet à la plateforme d’améliorer ses algorithmes et la fiabilité de ses notations. En outre, un certain niveau de pouvoir de marché peut s’interpréter comme une rente légitime qui récompense les efforts d’innovation passés, voire être le signe d’une concurrence saine.
- D’un autre côté, les entreprises dont le pouvoir de marché est trop profondément installé peuvent utiliser les brevets à des fins stratégiques ou acheter de petites entreprises innovantes pour étouffer la concurrence , ce qui peut, à terme, nuire à l’innovation, aux niveaux de vie et à l’inclusivité.
Bien que ces questions méritent des analyses plus approfondies, des données empiriques préliminaires indiquent que le renforcement du pouvoir de marché commence dans certains cas à devenir préjudiciable à l’efficience économique. On a constaté que l’augmentation des marges est corrélée dans un premier temps avec une hausse, puis ensuite avec une baisse des taux d’investissement et d’innovation, en particulier dans les secteurs très concentrés. Ce résultat va dans le sens de la relation en U inversé entre l’intensité de la concurrence et l’innovation décrite selon P. Aghion.
De même, il apparaît que les gains de productivité associés à l’essor des plateformes électroniques sont plus faibles lorsque le marché des plateformes est dominé par une plateforme unique et que cette domination perdure dans le temps (sraphique suivant). Par conséquent, au-delà de la concentration, c’est surtout le caractère contestable des marchés de plateformes qui est important pour l’efficience. Par exemple, une plateforme dominante qui n’est pas confrontée aux pressions de la concurrence ne sera peut-être pas incitée à innover et investir dans des processus de notation et d’évaluation dignes de confiance20. Elle pourra de surcroît être tentée d’utiliser sa position de monopole ou monopsone pour tirer des rentes économiques des prestataires de services ou des utilisateurs, par exemple en prélevant des frais élevés ou en offrant des conditions défavorables à certains utilisateurs.
Effet de l’essor des plateformes sur la productivité moyenne des prestataires de services, selon la structure du marché des plateformes
Certains effets corollaires (relativement moins étudiés et surtout difficiles à chiffrer) des technologies numériques peuvent aussi nuire à la productivité. Par exemple, une trop grande exposition aux écrans et l’excès d’informations et de sources de distraction peuvent contribuer au manque de sommeil et réduire les capacités de concentration des travailleurs. Il existe une relation causale avérée entre l’augmentation de l’accès à l’internet à haut débit et le déclin de la quantité et de la qualité du sommeil et, par ailleurs, il est démontré que la diminution du temps de sommeil peut nuire à la productivité du travail. Autre problème potentiel, celui du « cyberloafing », c’est-à-dire l’utilisation personnelle de l’internet pendant les heures de travail, dont on considère généralement qu’il est préjudiciable à la productivité, quoique les rares données empiriques disponibles à ce sujet soient assez mitigées.
À l’avenir, est-ce que l’intelligence artificielle permettra d’automatiser une gamme de tâches de plus en plus large, y compris des tâches cognitives répétitives caractéristiques des activités de service, tandis que la poursuite du développement des technologies de communication facilitera-t-elle encore l’externalisation des tâches de service ? Bien que ces technologies offrent de multiples possibilités, il semble encore trop tôt pour évaluer l’ampleur de leur effet futur sur la productivité, et la querelle entre ptimistes et pessimistes n’est toujours pas éteinte. Une chose est plus sûre, néanmoins : indépendamment de ces effets, l’élargissement de la diffusion des technologies existantes (internet à haut débit, informatique en nuage et plateformes électroniques par exemple) amènerait déjà des avantages incontestables sur le plan de la productivité.
X – ÉCONOMIE NUMÉRIQUE ET ENVIRONNEMENT
Le Numérique apparaît aussi souvent comme un moyen de réduire la consommation d’énergie dans un grand nombre de secteurs (concepts « IT for Green » ou « Green by IT »), en permettant une utilisation plus efficiente des ressources : énergie (smart grids, small grids), transport (mobilité connectée), industrie (usine 4.0), services (e-commerce), bâtiments (smart building), agriculture (smart farming, smart water), etc.
À tel point que l’on considère de plus en plus qu’il ne serait pas possible de maîtriser le changement climatique sans un recours massif au Numérique.
Mais l’empreinte matérielle du Numérique est très largement sous-estimée par ses utilisateurs, compte tenu de la miniaturisation des équipements et de « l’invisibilité » des infrastructures utilisées. Ce phénomène est renforcé par la généralisation de l’offre de services dans le « Cloud », qui rend d’autant plus imperceptible la réalité physique des usages, et conduit à sous-estimer les impacts environnementaux directs du Numérique.
Le numérique représente ainsi aujourd’hui 3 à 4 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) dans le monde et 4,4 % de l’empreinte carbone nationale. Mais sans action pour limiter la croissance de l’impact environnemental du numérique, son empreinte carbone pourrait tripler entre 2020 et 2050.
1/ le Numérique, outil ou handicap pour la transition énergétique au niveau mondial?
a) La consommation d’énergie induite par les usages du Numérique
The Shift Project fait un état des lieux de la consommation d’énergie du numérique et de son empreinte carbone. Il n’existe pas de chiffres globaux issus de mesures (même à l’échelle d’un pays) de la consommation d’énergie induite par les usages du Numérique. Les estimations disponibles sont obtenues soit par projection de mesures réalisées sur des échantillons (par exemple, un ensemble de data centers), soit par utilisation de modèles plus ou moins sophistiqués, mais détaillant rarement l’ensemble des hypothèses adoptées ; en outre, le périmètre retenu dans les études disponibles comme étant celui du Numérique est variable.
Les auteurs du Shift Project ont défini quatre scénarios pour établir nos prévisions 2025 :
– « Expected updated » : nous avons gardé le même rythme de gain d’efficacité énergétique que dans le scénario « expected case », et nous avons actualisé les données de trafic uniquement sur la base des chiffres fournis par Cisco, en prolongeant les tendances au-delà de 2021.
– « Higher growth higher EE » : nous avons fait l’hypothèse que l’efficacité énergétique s’améliore plus rapidement à partir de 2015 et nous avons actualisé les données de trafic sur la base de l’historique fourni par Cisco et en appliquant aux prévisions d’ici 2025 le taux de croissance historique, qui s’avère plus important que dans le scénario précédent.
– « Superior growth peaked EE » : variante du scénario précédent, il prend en compte une légère augmentation de la croissance du trafic après 2020 par rapport à celui-ci et un pic des gains d’efficacité énergétique en 2020, notamment dans les data centers. Cette hypothèse s’appuie sur les craintes de plafonnement de la performance énergétique une fois appliquées toutes les bonnes pratiques (United States Data Center Energy Usage Report, 20167).
– « Sobriety » : identique au scénario “Higher growth higher EE” jusqu’en 2020, puis ralentissement de la croissance du trafic et de la production permis par la mise en œuvre de pratiques de sobriété. Ce scénario intègre également une décélération des gains d’efficacité énergétique des data centers après 2020 afin de tester la robustesse de l’approche.
Il en ressort que la consommation énergétique du Numérique dans le monde augmente d’environ 9% par an (période 2015 à 2020), une tendance largement supérieure au scénario moyen « expected case » prévu par Andrae et Edler (4%) et à peine inférieure à leur scénario catastrophe « worst case » (10%). Ce taux de croissance correspond à un doublement en 8 ans et est appelé à augmenter dans tous les scénarios n’intégrant pas un changement volontariste dans les pratiques de consommation (trafic, terminaux)
Consommation d’énergie mondiale du Numérique en TWh
Source : [Lean ICT Materials] Forecast Model. Produit par The Shift Project à partir des données publiées par (Andrae & Edler, 2015)]
En rapportant la consommation énergétique du Numérique à la consommation mondiale d’énergie (elle-même en croissance de 1,5 % par an), cette proportion (désignée ici par RatioE) passe de 1,9% en 2013 à 2,7%en 2017, et atteindra 3,3% en 2020. Compte tenu de la dynamique actuelle de la consommation et de son inertie, il sera à peu près impossible de contenir le RatioE en-dessous de ce niveau à cette échéance.
Concernant la période 2020 à 2025, la comparaison des différents scénarios montre l’apparition de bifurcations :
- Une accélération de la croissance lorsque l’on prolonge les tendances de consommation (trafic, terminaux) et d’efficacité énergétique (réseaux et data centers), menant à un RatioE supérieur à 4,5% en 2025.
- Une explosion de celle-ci si les progrès en matière d’efficacité énergétique ralentissent. Or, ce risque est réel car les technologies actuelles approchent de leurs limites et les technologies futures (processeurs quantiques par exemple) ne seront pas industrialisées à cette échéance. Dans ces conditions, un RatioE de 6% en 2025 est probable.
- Une stabilisation de la consommation d’énergie par le Numérique si nous parvenons à maîtriser nos pratiques de consommation (plus de sélectivité dans les usages vidéo, durée de conservation des smartphones un peu allongée), et ce malgré une concrétisation du risque de moindre augmentation de l’efficacité énergétique des infrastructures. Dans ces conditions, la consommation d’énergie n’augmente que de 1,5% par an et le RatioE reste de l’ordre de 3,2% jusqu’en 2025. Or, il ne s’agit en aucun cas dans ce scénario de museler la transition numérique : la croissance du trafic reste très élevée (17% dans les data centers, 25% sur les réseaux mobiles) et les achats de terminaux soutenus (1,5 milliards de smartphones vendus en 2025, soit le niveau de 2017.
Évolution 2010-2025 de la consommation énergétique du Numérique rapportée à la consommation énergétique mondiale 
[Source : [Lean ICT Materials] Forecast Model. Produit par The Shift Project à partir des données publiées par (Andrae & Edler, 2015)]
b) l’empreinte énergétique de l’intelligence artificielle
Pour le moment, les data centers, les cryptomonnaies et l’intelligence artificielle ne représentent que 2 % de la consommation électrique mondiale, soit 460 TWh. Mais d’ici à 2026, ce volume pourrait exploser et dépasser les 1 000 TWh, selon les hypothèses hautes de l’Agence internationale de l’énergie. En 2026, la hausse de la consommation électrique des centres de données, des cryptomonnaies et de l’IA pourrait s’élever à l’équivalent de la consommation électrique de la Suède ou de l’Allemagne, par rapport à 2022.
Estimation de la demande d’électricité des centres de données traditionnels, des centres de données dédiés à l’IA et des crypto-monnaies, 2022 et 2026 (scénario de référence)
Source https://www.polytechnique-insights.com/tribunes/energie/ia-generative-la-consommation-energetique-explose/
Le boom de l’intelligence artificielle (IA) fait tourner les data centers de Microsoft à plein régime. De nouvelles études sur l’empreinte énergétique de l’intelligence artificielle ont été publiées récemment. L’agence Deloitte estime qu’avec la plus forte adoption envisagée, la consommation des data centers dans le monde pourrait être multipliée par 9 et atteindre 3 550 TWh/ an (encadré suivant).

Consommation d’électricité des « data centers » par types de serveurs et scénarios dans le monde en TWh
Historiquement, l’augmentation de la demande de calcul a été contrebalancée par des progrès technologiques rapides et constants améliorant l’efficacité énergétique. Mais alors que la demande de calcul se démultiplie, les gains d’efficacité à venir sont davantage sujets à débat. De nombreuses prévisions circulent sur les impacts futurs de l’IA – tantôt alarmistes, tantôt rassurantes, mais rarement basées sur un réel travail de prospective.
La modélisation du cabinet Deloitte permet ensuite de projeter la consommation d’électricité et les émissions à long terme. Il estime que la consommation d’électricité atteindra 970 TWh en 2030 (graphique précédent), soit 3 % de la consommation mondiale à cette date. Ce résultat s’appuie sur les projets de data centers annoncés ou en cours de déploiement.
Si l’on considère une continuité des tendances actuelles sur le taux de croissance de l’IA et les gains de performance, la consommation serait ainsi de 2 005 TWh en 2050. Il y aurait 3550 TWh de consommatioon totale, soit 616 en 2030 plus 2934 TWh de demande additionnelle mais il convient de retirer 1545 TWh d’économies d’énergie liées à l’IA soit une demande « nette » de 2005 TWh. Pour mettre ce chiffre en perspective, cela représente environ 3 % de la consommation mondiale d’électricité à cet horizon. Ainsi, à long terme, la demande d’électricité des data centers sera probablement largement dépassée par celle de l’industrie, des transports et des bâtiments, qui devront s’électrifier pour réduire leurs émissions.
Scénario 2023-2050 de réduction de la demande d’énergie de l’IA avec l’adoption de strictes mesures d’économie en TWh
Source : Deloitte Global
c) L’empreinte carbone
Compte tenu du mix électrique mondial, la part d’émissions de gaz à effet de serre (GES) attribuable au Numérique passerait ainsi de 2,5% en 2013 à 4% en 2020 (2,1 Gt) .
Ce chiffre est du même ordre de grandeur que ceux relatifs à des secteurs réputés beaucoup plus consommateurs d’énergie carbonée et dont l’empreinte matérielle est réputée bien plus grande : la part d’émissions de GES des véhicules légers (automobiles, motos…) est d’environ 8% en 2018, et celle du transport aérien civil d’environ 2% en 2018. Toujours à titre de comparaison, le Numérique devrait émettre en 2020 autant de CO2 quel’Inde en 201510, pour la totalité de son milliard trois cent millions d’habitants consommant essentiellement des énergies fossiles.
Plus préoccupant encore est le taux de croissance d’environ 8% des émissions de GES dues au Numérique. En effet, cette croissance doit s’analyser dorénavant au regard des objectifs de réduction des émissions de GES tels que définis lors de la COP 21. Or, alors que l’on peut espérer une baisse graduelle des émissions de GES totales à court terme (2020, par exemple), la part du Numérique dans ces émissions va continuer à augmenter et pourrait doubler d’ici 2025 pour atteindre 8%.
Émissions de GES mondiales du Numérique en Gigatonnes de CO2eq
[Source : [Lean ICT Materials] Forecast Model. Produit par The Shift Project à partir des données publiées par (Andrae & Edler, 2
2/ Les TIC dans les entreprises et l’environnement dans l’UE
a) Prendre en compte l’impact environnemental lors de l’achat d’équipements TIC
Lors de l’achat de services ou d’équipements TIC, les entreprises prennent en compte les caractéristiques qui ont un impact sur l’environnement. En voici quelques exemples :
- consommation d’énergie,
- qu’ils soient fabriqués à partir de matériaux facilement recyclables ou recyclés,
- qu’ils aient été produits entièrement avec de l’énergie propre,
- emballage recyclable minimal,
- équipement facilement réparable et hautement durable, permettant aux utilisateurs de télécharger des mises à jour gratuites du micrologiciel pour résoudre les problèmes de batteries plutôt que de les remplacer en cas de dysfonctionnement dû à des problèmes de micrologiciel.
En 2022, 58,5 % des entreprises de l’UE comptant 10 salariés ou plus et des travailleurs indépendants ont déclaré qu’elles tenaient compte de l’impact environnemental des services TIC ou des équipements TIC lors de leur sélection. Les grandes entreprises ont davantage pris cet impact en compte que les moyennes et petites entreprises : 70,2 % pour les grandes entreprises, 63 % pour les moyennes entreprises et 57,3 % pour les petites entreprises
Entreprises prenant en compte l’impact environnemental des services TIC ou des équipements TIC lors de leur sélection, par catégorie de taille, UE, 2022, (% des entreprises)
La comparaison des entreprises prenant en compte l’impact environnemental des services TIC ou des équipements TIC entre les pays de l’UE montre que la part variait entre 75,1 % et 14,3 % et que onze pays se situaient au-dessus de la moyenne de l’UE (58,5 %). En 2022, le pays ayant la part la plus élevée d’entreprises prenant en compte l’impact environnemental des services TIC ou des équipements TIC lors de leur sélection était le Portugal (75,1 %), suivi de l’Italie (74,9 %), de Chypre (71,1 %) et de la Roumanie (70,8 %). Les parts les plus faibles ont été enregistrées en Grèce (14,3 %) et en Croatie (26,5 %). Le ratio est de 60,5% en France.
Entreprises prenant en compte l’impact environnemental des services TIC ou des équipements TIC lors de leur sélection, 2022 (% des entreprises)
Lors de l’utilisation d’équipements TIC, les entreprises peuvent appliquer différentes mesures pour réduire leur empreinte environnementale. En 2022, 66 % des entreprises de l’UE, comptant 10 salariés ou plus et des travailleurs indépendants, ont déclaré avoir appliqué certaines mesures optimisant la quantité de papier utilisée pour l’impression et la copie, et 44,1 % des entreprises de l’UE ont appliqué des mesures optimisant la consommation d’énergie des équipements TIC qu’elles utilisent. Les grandes entreprises ont plus souvent appliqué des mesures qui optimisent leur empreinte environnementale que les moyennes et petites entreprises. En 2022, 78,7 % des grandes entreprises de l’UE ont appliqué des mesures optimisant la quantité de papier utilisée pour l’impression ou la copie, suivies des moyennes entreprises (71,4 %) et des petites entreprises (64,7 %). Environ 62,1 % des grandes entreprises de l’UE ont déclaré avoir appliqué certaines mesures pour limiter ou optimiser la consommation d’énergie de leurs équipements TIC, suivies des moyennes entreprises (50,8 %) et des petites entreprises (42,3 %).
68,4 % des entreprises de l’UE (61,3% en France) ont déclaré en 2022 avoir appliqué certaines mesures pour optimiser la quantité de papier utilisée ou la consommation d’énergie de leurs équipements TIC. Cette part varie considérablement selon les pays de l’UE et se situe entre 79,5 % et 25,2 %. La part la plus élevée d’entreprises appliquant de telles mesures a été enregistrée en Autriche (79,5 %), suivie des Pays-Bas et de la Finlande (77,0 % chacun), tandis que les parts les plus faibles ont été enregistrées en Hongrie (25,2 %) et en Irlande (46,5 %).
Entreprises appliquant certaines mesures pour optimiser la consommation de papier ou d’énergie des équipements TIC, 2022 (% des entreprises)
c) Élimination des équipements TIC inutilisés
Les entreprises ont différentes façons d’éliminer les équipements TIC inutilisés (par exemple, les ordinateurs, les écrans, les téléphones portables), certaines d’entre elles peuvent contribuer à créer une économie plus circulaire. Ils peuvent être éliminés via la collecte/le recyclage des déchets électroniques (par l’entreprise elle-même ou un détaillant) ou peuvent être conservés dans l’entreprise (par exemple pour être utilisés comme pièces de rechange ou pour empêcher la divulgation d’informations sensibles) ou peuvent être vendus, retournés à l’entreprise de leasing ou donnés, dans le but d’être réutilisés au sein d’une autre organisation (second cycle de vie), lorsqu’ils ne sont plus utilisés. Les entreprises peuvent utiliser une, deux ou les trois façons d’éliminer les équipements TIC inutilisés.
- 77,4 % des entreprises de l’UE comptant 10 salariés ou plus et des travailleurs indépendants ont déclaré qu’ils éliminaient les équipements TIC de l’entreprise via la collecte/le recyclage des déchets électroniques,
- 49,5 % des entreprises de l’UE conservent des équipements TIC dans l’entreprise et
- 28,3 % des entreprises vendent (25,3% en France), retournent à une entreprise de leasing ou font don de leur équipement TIC lorsqu’il n’est plus utilisé.
En ce qui concerne la taille de l’entreprise et la manière dont les équipements TIC inutilisés sont éliminés, la plus grande différence entre les grandes et les petites entreprises (26 points de pourcentage) a été enregistrée pour les entreprises qui vendent, retournent à une entreprise de leasing ou font don d’équipements TIC lorsqu’ils ne sont plus utilisés
Entreprises se débarrassant de leurs équipements TIC lorsqu’ils ne sont plus utilisés, par méthode d’élimination et par taille, UE, 2022, (% des entreprises)
3/ Le numérique et l’environnement en France
79 % de l’empreinte carbone du numérique provient de nos équipements (smartphones, ordinateurs, téléviseurs et objets connectés…), environ 16 % des centres de données et 5 % des réseaux. Et bien que le temps passé devant les écrans ait augmenté significativement ces deux dernières décennies, ce n’est pas l’utilisation des équipements (et donc leur consommation d’électricité) qui est principalement responsable de leur empreinte carbone… mais leur fabrication, à hauteur de 80 %. https://www.arcep.fr/la-regulation/grands-dossiers-thematiques-transverses/lempreinte-environnementale-du-numerique/etude-ademe-arcep-empreinte-environnemental-numerique-2020-2030-2050.html
Autrement dit, avant même que nous n’utilisions notre dernier smartphone, téléviseur ou ordinateur flambant neuf, il a déjà produit près de 80 % des émissions de gaz à effet de serre qu’il émettra durant sa (trop courte) vie. Sa distribution, pourtant régulièrement accomplie par voie aérienne en complément du transport maritime, paraît en comparaison anecdotique (1 %). Son utilisation occupe la part restante, soit près de 20 %.
L’impact environnemental du numérique ne se limite pas à l’empreinte carbone ou aux émissions de gaz à effets de serre. La fabrication des équipements pour les réseaux et des terminaux connectés (smartphones, ordinateurs, TV et objets connectés…) a également un impact sur l’épuisement des ressources : à titre d’exemple, une personne vivant en France génère chaque année, pour ses seuls usages numériques, l’extraction ou le déplacement de plus de 900 kilos de ressources, que ce soit en eau, métaux ou énergies fossiles…
Que l’on examine l’empreinte carbone du numérique par sa répartition en grands tiers ou par phase du cycle de vie, on constate donc que la majorité des émissions est liée à la fabrication des terminaux utilisateurs (smartphones, téléviseurs ou ordinateurs par exemple).

Selon l’ADEME, le numérique en France représente 4,4 % de l’empreinte carbone du pays en 2022 soit 29,5 MtCO2e de GES émises en 2022. Soit un peu moins que les émissions totales du secteurs des poids lourds. 50 % de l’impact carbone du numérique sont liés à la fabrication et au fonctionnement des terminaux (téléviseurs, ordinateurs, smartphones…). 46% aux centres de données. 4% aux réseaux. Si rien n’est fait l’ADEME s’attend à un triplement des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050.



Source : https://infos.ademe.fr/magazine-janvier-2025/numerique-quel-impact-environnemental-en-2022/#:~:text=Le%20num%C3%A9rique%20en%20France,du%20secteurs%20des%20poids%20lourds.
– Fabrication des équipements : un impact important
17,8 MtCO2e de GES émises en 2022. La fabrication de ces équipements est ce qui pèse le plus dans l’impact global du numérique. 117 Mt/an de ressources mobilisées pour produire ces équipements : métaux, minerais, plastiques, eau, terres excavées, etc. soit 1,7 t par an et par personne en France.
– L’impact des data centers en forte hausse
46 % de l’empreinte carbone du numérique sont causés par les data centers : c’est donc lié à l’utilisation des services numériques (moteurs de recherche, clouds, vidéos à la demande, réseaux sociaux, IA…). C’est plus qu’en 2020 (16 %), pour deux raisons : à l’époque, seuls les data centers implantés en France avaient été pris en compte ; or, une partie importante de nos usages (53 %) est hébergée à l’étranger ; de nouveaux centres de données ont été mis en service entre 2020 et 2022
– 11 % de la consommation électrique français sont liés au numérique.
Soit 51,5 TWh par les usages nationaux du numérique. Mais ce sont en réalité 65 TWh, si l’on prend en compte les data centers situés à l’étranger, soit presque autant que la consommation éléctrique totale de l’Île-de-France (66,6 TWh).À noter que ces données, datant de 2022, ne reflètent pas encore la montée en puissance de l’IA générative. Si rien n’est fait l’ADEME s’attend à + 80 % d’ici 2050 d’électricité consommée en France, atteignant ainsi 93 TWh (dont 39 TWh par les seuls data centers).
– Qu’en est-il de l’audiovisuel ?
5,6 MtCO2e émises par la consommation de contenus audiovisuels en France en 2022 : TV linéaire, streamings audio et vidéo à la demande…, soit autant que les émissions de 4 041 073 véhicules par an. n+ 29 % en 2030, si l’on suit la tendance actuelle (moins de télé en direct, mais plus de vidéos à la demande et de streaming vidéo).
Michel Braibant
BIBLIOGRAPHIE
[1] La quatrième révolution industrielle, K. Shwab, janvier 2017,
[2] L’économie et la société à l’ère du numérique, Insee, Édition 2019, https://www.insee.fr/fr/statistiques/4238635
[3] La consommation des ménages en TIC depuis 45 ans : un renouvellement permanent, R. Arthaut, https://www.epsilon.insee.fr/jspui/handle/1/159
[4] https://www.oecd.org/officialdocuments/publicdisplaydocumentpdf/?cote=STD/CSSP/WPNA(2017)10&docLanguage=En voir aussi https://www.google.com/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=&cad=rja&uact=8&ved=2ahUKEwitoMDr9quKAxWpTKQEHWFKDAgQFnoECB0QAQ&url=https%3A%2F%2Fwww.cbs.nl%2F-%2Fmedia%2F_pdf%2F2021%2F49%2Fnl_d3_1_finalreportdigitalsuts.pdf&usg=AOvVaw0LDUnI7TITlTccGV9sXpze&opi=89978449
[5] A roadmap toward a common framework for measuring the Digital Economy, OCDE, 2020, https://www.oecd.org/sti/roadmap-toward-a-common-framework-for-measuring-the-digital-economy.pdf
[6] https://www.insee.fr/fr/statistiques/4126590#:~:text=conditions%20de%20travail%20%3F-,R%C3%A9sum%C3%A9,de%20l’ensemble%20des%20salari%C3%A9s.
[7] https://www.insee.fr/fr/statistiques/5356737 voir aussi https://auvergne-rhone-alpes.dreets.gouv.fr/sites/auvergne-rhone-alpes.dreets.gouv.fr/IMG/pdf/etude_sese.pdf
{8] L’économie numérique fausse-t-elle le partage volume-prix du PIB ? F1903 – G2019/04, Insee, Mai 2019, https://www.insee.fr/fr/statistiques/4161481, voir aussi Alexandre Bourgeois, Les services gratuits issus de l’économie numérique : faut‑il, et comment, les valoriser ?, Insee, Économie et statistiques, n° 517-519, 2020
[9] La mesure du numérique explique‑t‑elle le ralentissement de la productivité ? Le cas de l’Australie D. Burnell et A. Elnasri, https://www.insee.fr/fr/statistiques/4770254 , voir aussi https://www.cairn.info/revue-perspectives-economiques-de-l-ocde-2019-1-page-65.htm, voir aussi https://www.banque-france.fr/fr/publications-et-statistiques/publications/comment-expliquer-les-pertes-de-productivite-observees-en-france-depuis-la-periode-pre-covid#:~:text=Parmi%20les%20causes%20dont%20les,permanents%20li%C3%A9s%20aux%20confinements%20successifs.
[10] Une comparaison de déflateurs pour les services de télécommunications, Mo Abdirahman, D Coyle*, R.Heys,Insee, https://www.insee.fr/fr/statistiques/4770254